Santé mentale : changement de loi ou création de ressources ?

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Le Soleil

Un chauffeur de taxi trouvant la mort à la suite d'un attentat commis par une personne dont le seul mobile était de commettre un meurtre, ça dépasse l'entendement. Cela a sûrement chaviré et révolté la plupart d'entre nous et sûrement plus les proches de M. Veilleux. Personne ne peut accepter que la cause du décès d'un être que nous apprécions soit un crime.

Que cette situation ramène cependant le débat sur la loi sur la protection des personnes dont l'état mental présente un danger pour elles-mêmes ou pour autrui n'est tout simplement pas à propos. Cette loi, que certains aimeraient voir modifiée pour pouvoir garder en permanence en institution des personnes dont le diagnostic les fait considérer d'emblée dangereuses, permet déjà, dans son état actuel, aux professionnels de la santé d'intervenir si un véritable risque de danger est constaté, qu'il soit imminent ou non.

Ils ont le pouvoir de garder une personne de façon préventive sans aller chercher d'autorisation auprès d'un tribunal. Cette loi d'exception n'a donc rien enlevé aux pouvoirs et responsabilités des professionnels de la santé envers une personne risquant de se causer un préjudice ou à une autre personne. Ce que cette loi est venue apporter, ce sont tout simplement des balises afin qu'une personne ne se retrouve pas privée de sa liberté de façon arbitraire sur la base d'une seule opinion médicale ou d'un diagnostic et sans qu'elle ait la possibilité d'avoir son mot à dire sur cette décision.

Cette loi vient, ainsi, non seulement confirmer que les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale sont des citoyennes à part entière ayant des droits, mais vient reconnaître qu'une problématique de santé mentale n'est pas synonyme de dangerosité.

Si nous sommes révoltés du fait qu'une personne trouve la mort à la suite d'un crime, nous le sommes tout autant de constater que des personnes soient mises sous garde en établissement pendant de longues périodes, voire des mois, des années pour d'autres raisons que celles de la dangerosité. Pourquoi? Parce que ces personnes, bien qu'en vertu de cette loi, aient le droit d'être entendues lors d'une audition à la suite d'une requête de garde en établissement, certaines ne pourront tout simplement pas l'exercer, parce qu'elles ne seront pas convoquées à cette audition, le juge s'en remettant encore trop souvent aujourd'hui au jugement du psychiatre sur la capacité de la personne d'exprimer son point de vue sur sa situation. Parce que certains professionnels de la santé utiliseront ce pouvoir d'influence pour pouvoir garder en institution des personnes qui autrement se retrouveraient privées de ressources pour surmonter des difficultés d'ordre économique ou social n'ayant rien à voir avec la dangerosité.

Le vrai débat selon nous devrait porter sur cette question. Une modification éventuelle de la loi sur la protection des personnes dont l'état mental présente un danger pour elles-mêmes et pour autrui viendrait-elle régler le problème d'un manque flagrant de ressources dans la communauté? Viendra-t-elle mettre fin aux préjugés dont sont trop souvent victimes les personnes ayant des problèmes de santé mentale?

Francine Genest

Auto-Psy (région de Québec)

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