L'épée de Damoclès

L'oléoduc Énergie Est traversera le Québec d'est en... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

L'oléoduc Énergie Est traversera le Québec d'est en ouest, sur une distance de 724 kilomètres. Mille huit cent quatre-vingt-treize propriétaires seront touchés.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Soleil

De nombreux organismes de conservation, dont la Fondation David Suzuki, Équiterre, ainsi que d'autres organismes provinciaux et régionaux se sont dits opposés au projet d'Oléoduc Énergie Est, incluant la construction d'un port pétrolier à Cacouna, proposé par TransCanada Pipelines. Ils ont détaillé les impacts négatifs de l'utilisation du pétrole. Ils mettent en évidence la contradiction entre l'orientation gouvernementale de favoriser l'exploitation du pétrole et la réduction des gaz à effet de serre. La Société Provancher d'histoire naturelle du Canada, un organisme de conservation et d'éducation bientôt centenaire, souscrit à ces positions.

Dans un premier temps, nous déplorons le manque de vision d'ensemble et de stratégie en ce qui concerne le transport du pétrole par train, par bateau et par oléoduc. Dans ce contexte, nous sommes très préoccupés par le fait qu'il devient pratiquement impossible d'en estimer les véritables risques cumulatifs et éventuellement de choisir les solutions de moindre impact. Au fil des ans, des efforts considérables ont été consacrés par les organismes de conservation comme le nôtre, pour protéger les milieux naturels.

Un déversement majeur de pétrole dans ou à proximité des milieux humides ou dans le Saint-Laurent serait catastrophique pour les écosystèmes et les organismes vivant dans ces milieux. S'ajoutent aussi les enjeux liés à la sécurité civile et à la contamination des sources d'approvisionnement en eau des municipalités.

De nombreux points nous inquiètent concernant le projet d'Oléoduc Énergie Est. D'abord, en tant que propriétaire, pour fin de conservation, de certaines îles du Saint-Laurent (l'île aux Basques, les deux îles Razades, l'île Dumais) en aval de Cacouna, et du marais Léon-Provancher à Neuville, la Société Provancher craint particulièrement les impacts qu'aurait un déversement de pétrole sur l'ensemble des berges côtières et sur la faune avienne qui fréquente le Saint-Laurent pour se reproduire, élever ses oisillons ou s'engraisser lors des migrations.

Les retombées de ce projet justifient-elles réellement les risques environnementaux majeurs liés à sa construction et à son utilisation pendant au moins 40 ans?

De plus, qu'adviendra-t-il de cette infrastructure lorsqu'elle aura atteint la fin de sa vie utile ou encore si son propriétaire fait faillite ou cesse ses activités ? Les générations futures ne seront-elles pas obligées de prendre à leur charge les coûts astronomiques de décontamination reliés aux fuites qui surviendront le long de milliers de kilomètres d'un pipeline en mauvais état ou à l'abandon? Nous n'avons qu'à penser à ce qu'il en coûte pour décontaminer les terrains d'une ancienne station-service, tout comme de nombreux sites miniers à l'abandon pour avoir une idée de l'envergure potentielle de ces coûts.

L'autre préoccupation majeure que nous avons concerne la protection du béluga. Alors que le rétablissement de cette espèce devrait être une priorité, les développements projetés vont plutôt aggraver les risques de disparition de cette espèce. Tout comme le béluga, les générations futures n'auront-elles pas une épée de Damoclès au-dessus de leur tête?

Robert Patenaude, président et Michel Lepage, secrétaire, Société Provancher d'histoire naturelle du Canada

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer