Maître-élève, élève-matière, matière-maître

Les élections scolaires de dimanche risquent de bouleverser... (Photo Jean-Marie Villeneuve, Archives Le Soleil)

Agrandir

Les élections scolaires de dimanche risquent de bouleverser le monde de l'éducation au Québec.

Photo Jean-Marie Villeneuve, Archives Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Soleil

Lettre à M. Égide Royer, professeur en adaptaton scolaire à l'Université Laval

Je suis littéralement tombé en bas de ma chaise en lisant votre opinion sur le nombre d'élèves dans les classes. Alors que vous prétendez qu'augmenter le nombre d'élèves par classe serait une bonne idée, toute mon expérience me prouve le contraire.

Je ne connais pas les données et les critères d'analyse des études que vous citez, mais au quotidien, je peux vous assurer que plus mon groupe est petit, plus j'arrive à établir une relation de qualité avec chacun des élèves. Vous savez surement que tous les élèves ont des besoins particuliers, et vous serez aussi surement d'accord pour dire que chacun d'eux mérite le meilleur de son enseignant, pas seulement les plus vulnérables.

De plus, dans une classe de 20 élèves, trois ou quatre jeunes avec du leadership peuvent plus facilement devenir des exemples et influencer les autres membres du groupe vers de bons comportements. N'apprenons-nous pas beaucoup par imitation?

Aussi, l'organisation de ma classe me permet d'intervenir le plus souvent en petit groupe, et même individuellement assez régulièrement. Je constate alors une bien meilleure rétention d'informations auprès des élèves rencontrés. Plus mon groupe est grand, plus cela devient difficile.

À notre école, on mise beaucoup sur la solidité du lien entre l'enseignant et l'enfant pour l'aider à grandir. Les enseignants gardent généralement les mêmes élèves deux ans de suite et les mesures d'aide à la réussite permettent de libérer les enseignants pour qu'ils fassent eux-mêmes l'aide aux devoirs avec les élèves en difficulté.

Si les rapports que vous citez sont exacts, alors cela me laisse à penser qu'il faudrait revoir notre pédagogie, repeser l'importance qu'on accorde à la relation maître-élève et vérifier l'efficacité des ressources investies pour aider les enseignants à développer des relations de meilleure qualité avec les enfants qu'ils côtoient à tous les jours. Peut-être qu'on se concentre un peu trop sur la relation élève-matière, qui tourne de plus en plus souvent à une relation élève-technologie-matière.

Je termine avec une supposition qui figure rarement dans les statistiques: peut-être que la réussite d'un élève ne passe pas toujours et nécessairement par l'augmentation de ses résultats scolaires, qui sait?

Thomas Ménard, enseignant au 3e cycle du primaire, Québec

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer