Une démocratie non représentative

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Le Soleil

Avec toutes les coupes que le gouvernement effectue en ce moment, peut-être est-il opportun de s'interroger sur quelques illusions ayant cours depuis longtemps. À titre d'exemple, à l'origine, la démocratie se voulait directe et non élective. Dans la Grèce antique, les candidats étaient élus au hasard, par tirage au sort. Ce système ouvert fut créé par les Athéniens dans le but d'équilibrer les forces politiques; il donnait des pouvoirs aux simples citoyens, qui avaient dès lors le droit de participer à la prise de décision des affaires de la cité. À l'époque, même si le régime athénien était fondé sur le patriarcat et l'esclavage, il contrastait avec celui de Sparte, qui était hiérarchique, austère et militaire. En démocratie directe, il n'y a pas d'aristocratie au sens où les candidats s'imaginent qu'ils sont les meilleurs et qu'ils pourront s'accrocher longtemps au pouvoir. De fait, notre démocratie représentative ne constitue qu'un simulacre de la démocratie directe. Ce faux-semblant est utile aux parlementaires qui travaillent pour l'oligarchie financière.

Aujourd'hui, avec la création du réseau échelon, servant à épier et à intercepter les communications à l'échelle planétaire, nous ne sommes plus en présence d'un simulacre de la démocratie directe. C'est carrément une sorte de panoptique (bâtiment organisé de telle façon qu'on puisse observer l'ensemble de l'intérieur sans être vu) pyramidal d'envergure mondiale que les Américains cherchent à instaurer. Ce réseau d'espionnage sophistiqué se combine à une hyperconcentration des médias. Nécessaires, les médias stabilisent le système d'exploitation capitaliste, étant donné que la démocratie représentative peinerait à survivre sans désinformation ou propagande.

Puisqu'il est considéré par plusieurs comme un appendice de la finance new-yorkaise, le réseau d'enseignement supérieur du Québec est aussi confronté au phénomène de la non-représentativité des institutions démocratiques. Les autorités clament que l'illusion démocratique vaut la peine d'être entretenue, dans la mesure où elle apporte le calme dans les cités, et la paix d'esprit aux financiers. Cependant, l'exclusion systématique de toute remise en question théorique et fondamentale du système brime la liberté académique des enseignants. Le monde universitaire est un lieu de réflexion où les professeurs doivent exercer leur pensée critique. Autrement, ils sont considérés comme des robots ou des chimpanzés d'usines, ayant pour fonction de formater et de cloner l'esprit des apprenants. Ainsi, avec un peu de chance, ces derniers adhéreront au système dans son intégralité idéologique, en s'alignant sur les intérêts des oligarques et du patronat, qu'ils défendront mécaniquement. S'apparentant au dressage, cette vision réductrice et tordue de l'éducation est incompatible avec un enseignement supérieur de qualité. Le philosophe Bertrand Russel en savait quelque chose, puisqu'il se plaisait à dire que les gens ne naissent pas bêtes, c'est l'éducation qui les rend idiots. Le mot latin universitas ne signifie-t-il pas tourné vers l'unité? Non l'unité idéologique, mais l'unité de la communauté des savants...

Luc Benoit

Trois-Rivières

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