Une crise de l'université préméditée?

Le milieu universitaire vit une véritable crise. Certes, pendant la grève... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Photothèque Le Soleil

Partager

Sur le même thème

Le Soleil

Le milieu universitaire vit une véritable crise. Certes, pendant la grève historique du printemps de 2012, une brèche s'est ouverte. Cette brèche a permis de voir des enjeux et des défis se situant bien au-delà d'une question de frais de scolarité. Que ce soient des multiples dérives immobilières, des augmentations de salaires de la haute direction ou encore des primes de départs qui n'ont rien à envier aux multinationales privées, plusieurs se sont interrogés, à nouveau, sur le rôle et la mission de cette institution. Pour plusieurs, l'université québécoise est aujourd'hui celle de la gestion (la figure de l'étudiant-client est symptomatique de ce changement de cap). Déjà en 1991, le sociologue Gilles Gagné nous mettait en garde contre cette dérive, dont le livre du regretté Michel Freitag, en a démontré le «naufrage».

Tout récemment, le ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, M. Pierre Duchesne, a annoncé des compressions de 140 millions $ dans les universités québécoises. Il est ainsi évident qu'avant même les rencontres prévues lors du Sommet sur l'éducation, ces politiques d'austérité suivent encore un modèle où la démocratie a encore pâle figure. À quoi sert un Sommet sur l'éducation si les jeux sont déjà faits? Les décisions déjà prises? Les orientations déjà données?

Pour la haute direction des universités, les chants sont les mêmes. On crie au scandale. On implore le gouvernement de reculer sur sa position, car, dit-on, il y a encore et toujours sous-financement chronique dans la demeure. Les oeillères bien en placent, sans voir tout le travail de réflexion derrière cette grève du printemps dernier, on prie la société d'emboîter cette idéologie. Car c'est de cela qu'il s'agit. Et l'université de la gestion est aux sources de cette mise en crise. Transcendance de la haute direction sur l'université? Gilles Gagné ne notait-il pas à ce sujet que «les gestionnaires de l'université, en conséquence, ne peuvent pas davantage s'émanciper des autorités scientifiques qu'un gouvernement représentatif peut décréter la dissolution du peuple»?

Seul à bord de ce bateau à la dérive, la haute direction refuse de constater les fissures qui, au cours des dernières années, se sont faites de plus en plus importantes. Le navire coule, mais les capitaines ont «leurs projets»; regardant les horizons de «profits» que représente la «nouvelle clientèle». Pendant ce temps, à bout de bras solidaire, la communauté universitaire écope...

Charles Beaudoin-Jobin

Québec

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer