Vos réactions à la démission de M. Daniel Breton

Daniel Breton... (Photo La Presse Canadienne)

Agrandir

Daniel Breton

Photo La Presse Canadienne

Partager

Le Soleil

La démission forcée de Breton

Dans les médias écrits et télévisuels, sur les blogues, plus d'un analystes a minimisé les écarts de conduite du ministre Daniel Breton et les qualifiait même de «peccadilles». Le loyer impayé pour une somme de 7000$, les infractions au code de la route, à l'assurance emploi, au ministère du Revenu, constituent des manquements graves de gestion personnelle, et ne peuvent être considérés comme des erreurs de parcours, comme a pu le penser Mme Marois. En politique, on le sait, il ne faut jamais prêter flanc à la critique.

M. Breton n'est pas le seul à avoir vécu la précarité, la perte d'un emploi, ou d'autres coups du hasard qui créent des lendemains incertains. L'apprentissage de la vie nous apprend qu'il faut savoir persister dans l''honnêteté et l'intégrité même quand le mauvais sort s'acharne sur nous. C'est dans l'adversité que le caractère se forme. Comment M. Breton aurait-il pu nous persuader qu'il aurait su bien gérer un budget de 300$ millions au ministère de l'Environnement quand il n'a pas su durant près de 25 ans gérer sa propre vie et ses finances personnelles?

Mme Marois jette littéralement un pavé dans la marre quand elle admet, bon enfant, qu'elle était au courant «des problèmes» de Daniel Breton, mais elle a décidé de passer outre et de pas tenir compte du passé délictueux de sa recrue à l'environnement parce que ces délits se sont passés à une époque lointaine et «n'étaient pas de nature, à mon point de vue, à l'empêcher d'exercer ses fonctions ministérielles». Un autre manque de jugement au palmarès de la Première ministre, et une autre tuile défectueuse depuis l'édification de son gouvernement.

Quand donc la dérive s'arrêtera-t-elle? Avec une telle main molle à la barre, le navire avance au gré des vents sans aller nulle part.

Augustin Réhel, Québec

----------

Je suis sceptique

Je n'ai aucune raison de penser que les gens de la Sûreté du Québec (SQ) sont de mauvais enquêteurs. Toute bonne enquête de sécurité comprend non seulement une recherche de dossier criminel, mais aussi une enquête de crédit. Les dossiers de dettes impayées comme les loyers ou les créances fiscales sont inscrits au dossier de crédit de l'individu concerné. Les amendes impayées au code de la route sont inscrites au dossier de la Société de l'assurance automobile du Québec. La SQ a accès à toutes ces sources d'information. J'en conclus donc que quelqu'un a menti à Mme Marois, soit l'enquêteur de la SQ, soit le membre de son personnel qui a reçu le rapport et le lui a transmis, ou bien c'est Mme Marois qui nous ment.

Raymond Bérubé, Neuville

----------

Mon Québec s'enfonce

À la suite de l'affaire Daniel Breton et la réaction des médias, des analystes et de la population, un grand malaise et un profond refus ont eu raison de ma réserve, et j'en conclus que mon Québec s'enfonce. Ici, on ne fait plus d'analyse, on méprise.

Y a-t-il quelqu'un dans la salle qui ressentait une certaine honte à lire en gros titre sur un journal le qualificatif de «bougon» à propos d'un individu? À moins du contraire, je n'ai pas lu aucun commentaire de journaliste ou chroniqueur à ce sujet.

Rappelons-nous que le mépris est l'arme des faibles.

Quelqu'un a rappelé que ce sont «les grands esprits qui discutent d'idées, les moyens esprits qui discutent d'évènements et les petits esprits qui discutent des gens». Où sont les grands esprits au Québec? Certainement pas dans ces chroniques de radio et d'autres médias où l'on retrouve des professeurs (souvent les mêmes) qui se targuent d'être des spécialistes et livrent des prestations empreintes de subjectivité et surtout d'un manque de rigueur inacceptable. Cette médiocrité est contagieuse, car ces propos sont repris par une partie de la population. Nous confions notre intelligence et notre autonomie de pensée à ces petits esprits.

Rappelons que «quand on vise la médiocrité. C'est elle qui vous atteint» (Grégoire Lacroix).

Ce qui m'attriste, c'est cet héritage qu'on lègue à notre génération et à nos jeunes. J'aime le Québec: ses gigantesques paysages devraient nous inspirer les plus grands espoirs. J'ose encore y croire.

Monique Dallaire, Lévis

----------

Lancer la première pierre

Au centre d'une controverse sur un passé lointain de mauvais payeur, le ministre de l'Environnement, Daniel Breton, a donné sa démission à la première ministre Pauline Marois. Heureusement pour les citoyens de son quartier, il restera député de la circonscription Sainte-Marie-Saint-Jacques, à Montréal, la circonscription la plus pauvre au Québec.

Que celui qui n'a rien à se reprocher lui lance la première pierre. En effet, contrairement à ce qu'on entend depuis plusieurs semaines à la commission Charbonneau, M. Breton n'a pas reçu d'enveloppe brune, n'a pas été invité au club privé 357C et n'a pas fraudé la population. Il a tout simplement été un humain.

Comme c'est souvent le cas. il fut malheureusement une cible idéale pour certains animateurs des radios parlées de Québec. En effet, utilisant leur courage légendaire ces animateurs sont tombé à bras raccourcis sur Daniel Breton et ses fautes passées.

Toutefois, comme l'a mentionné l'ex-ministre, il a vécu la misère dans un des comtés le plus pauvre du Québec. Qui est donc le mieux placé pour représenter les citoyens de Sainte-Marie-Saint-Jacques et pour qui se prend-on pour le lapider sur la place publique?

Jocelyn Boily, Québec

----------

D'autres Bougons ?

La démission de M. Daniel Breton ne surprend personne, un triste sire et un Bougon. La nomination des ministres est la responsabilité exclusive du premier ministre. Nous savons tous que l'on mesure la valeur d'un chef à la qualité de ses lieutenants. Étant donné le sérieux de vos enquêtes avant les nominations, et toujours selon votre jugement, Madame, combien d'autres Bougon avez-vous dans votre équipe?

Pierre Dumas, Québec

----------

Une démission judicieuse

Je salue ici la démission judicieuse du ministre Breton, mais je ne peux accepter qu'il invoque sa précarité pour justifier ses délits à répétition. Ce «législateur» fait ainsi injure à tous les citoyens démunis qui demeurent malgré tout dignes et honnêtes. Il fait également injure au Parlement.

Drôle de précarité que celle de rouler en Porsche non-hybride à 275 kilomètres à l'heure... et c'est bon pour l'environnement. Il prétend n'avoir pas eu grand-chose à manger. Il est vrai qu'avec toutes ces bouteilles de vin dans le placard, la table vide est d'autant plus cruelle. Dans la présentation publique de sa démission, il témoigne de sa compassion et de sa solidarité envers les démunis. Mais les citoyens qu'il a volés par de fausses déclarations à l'assurance-emploi, les automobilistes et les piétons qu'il a risqué de heurter en conduisant de façon criminelle avec un permis révoqué, les propriétaires qui lui réclament toujours des loyers impayés, tous ces gens ne mériteraient-ils pas aussi d'être l'objet de sa compassion et de sa solidarité ?

Ce n'est pas le défendre que d'invoquer une turpitude pire chez autrui ou chez les adversaires politiques. Il s'agit ici d'une argumentation fallacieuse, le sophisme de la double faute. Il devrait aussi démissionner comme député.

Romain Gagné, Québec

----------

La précarité à angles multiples

De nombreux travailleurs sans régime de retraite blindés deviennent propriétaires de petits immeubles à logement afin de se bricoler un fonds de pension décent. Pour plusieurs d'entre eux, les mauvais payeurs vont non seulement transformer leurs efforts en cauchemar permanent, mais, en plus, la précarité invoquée par ces derniers va également leur tomber dessus !

S'il est vrai que de gigantesques fraudes plombent nos systèmes, nous rendent cyniques et doivent être enrayées, les plus petites, envers des gens ordinaires, ne sont pas légitimes pour autant et ne peuvent certainement pas être encouragées ou justifiées.

S'il est vrai aussi que les erreurs d'une vie n'empêchent quiconque d'être une bonne personne ou de réaliser des exploits, certains faux pas, surtout lorsqu'ils tardent à se régler, rendent tout simplement inaptes à exercer les plus hautes fonctions de l'État. C'est une question élémentaire d'équité et de respect.

Louise Fecteau, Saint-Jean-sur-Richelieu

----------

Breton, minières, pédagogie scolaire et tutti quanti!

C'est avec déception que j'ai appris la démission de Daniel Breton de sa fonction de ministre de l'Environnement, un homme aux compétences indéniables et reconnues. Les tirs à boulets rouges des libéraux (d'une incroyable candeur dans la démonstration de leur préoccupation pour l'éthique et l'intégrité) ont atteint leur cible. À force de gratter dans le passé des gens, on finit bien par trouver quelques failles.

Coïncidence, la veille, ma fille visitait, dans le cadre d'une sortie scolaire, une exposition au Centre des congrès de Québec, organisée par Québec Mines, une association qui regroupe divers partenaires du secteur minier. La participation de son école a été facilitée par une subvention couvrant les frais de transport. Appuyée par le ministère des Ressources naturelles (probablement en continuité avec des engagements pris avant le changement de gouvernement), l'activité proposée est conçue comme une «vitrine exceptionnelle où sont mis en lumière des projets, des découvertes, des produits et des services en rapport avec l'industrie minière». Par l'entremise de leur progéniture, les parents ont donc l'occasion d'apprendre, grâce à la documentation fournie, par exemple, que le Québec offre «un potentiel [minier] vaste, riche et diversifié», que «l'avenir du secteur minier est très prometteur» et que l'activité minière favorise «le développement durable» (!). Quel lien entre mes deux histoires? Le scandale: celui d'un ministre prometteur à l'engagement sincère dans le domaine environnemental, poussé vers la porte par des politiciens portés par une outrageuse partisannerie et leurs liens avec les minières, et celui de parents/citoyens qui doivent subir, à leur frais (du moins en partie), une propagande qui, pour ajouter l'odieux à l'injure, utilise leurs enfants sous le couvert de la pédagogie. En passant, je ne suis pas péquiste. Mais une telle hypocrisie et de telles manoeuvres politiques soulèvent ma totale indignation!

Andrée Rivard, Lévis

----------

Vigilance et discernement

C'est l'accusation sonore, indignée et généralisée. Le ministre Breton n'est pas digne d'être ministre. Madame Marois a manqué de clairvoyance. On le sait, le jeu politique se veut impitoyable. La vie de ceux et celles qui osent relever le défi de s'impliquer n'échappe pas à l'oeil des dieux inquisiteurs. Faut-il être près de la sainteté ou disposé à naviguer avec la turbulence? Ceux qui gèrent notre portefeuille et la moralité doivent être vivement conscients des efforts des chercheurs de bibittes. Le gros sens impose un minimum de cohérence dans sa façon de vivre, c'est d'une évidence criante. La carrière politique est cependant faite pour ceux et celles qui sont forts entre les deux oreilles. La mesquinerie, la rumeur insidieuse, le commentaire blessant accompagnent l'aventure politique. Une activité démocratique qui séduit encore et qui impose au citoyen observateur, attentif des acteurs sur la scène politique, beaucoup de vigilance et de discernement.

Douglas Beauchamp, Québec

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer