Gentilly: revalorisation économique d'abord

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Centrale nucléaire Gentilly-2

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Le Soleil

Concernant Gentilly-2, deux faits sont absolument incontournables: la nécessité absolue de la déclasser et la nécessité indubitable de tenir compte des travailleurs de la centrale et de l'économie de la région. L'un ne peut se faire sans l'autre. Le démantèlement ne fera jamais consensus, mais la revalorisation économique conséquente des régions Mauricie-Centre du Québec peut faire consensus. Une centrale nucléaire n'est pas une entité spécifiquement régionale ni une entreprise comme n'importe quelle autre, comme certains voudraient nous le faire croire. G-2 relève d'Hydro-Québec, tout aspect financier concernant G-2 a des répercussions directes et indirectes sur l'ensemble des finances québécoises. Enfin tout risque d'accident majeur à Gentilly aura des conséquences sur l'environnement, la santé et l'économie.

Une catastrophe nucléaire se répercuterait au-delà des régions et des frontières. Or, Gentilly-2 n'est ni plus ni moins sécuritaire que n'importe quelle autre centrale. Une centrale nucléaire totalement sécuritaire, ça n'existe pas, tout le monde le sait, même les pro-nucléaires. Le risque est minime affirment ceux-ci! Eh bien, si minime soit-il, les conséquences en seront inversement proportionnelles.

G-2 étant une entité d'importance collective pour l'ensemble du Québec, les conséquences de son démantèlement doivent aussi être prises en charge collectivement et, surtout, efficacement, sans promesses non tenues et sans leurres. Il faut que tous les intervenants mettent la main à la pâte, à tout niveau: le gouvernement bien sûr, les paliers administratifs régionaux, qu'ils soient municipaux ou corporatifs, les travailleurs eux-mêmes, les chercheurs universitaires et industriels, et j'ajouterais les environnementalistes et les simples citoyens qui exigent le démantèlement. Tous devront s'y mettre pour se sortir collectivement du guêpier nucléaire et à la fois compenser et valoriser l'emploi et l'économie des deux régions directement concernées. Vivement la décision finale du déclassement afin que nous passions collectivement à l'étape suivante, avec des solutions réalistes et des décisions fermes.

Entretemps, grâce au film Gentilly or not to be et à la décision du gouvernement Marois, le débat se fera à un niveau plus réaliste et étoffé. Il est simpliste de comparer le risque nucléaire à celui d'un accident d'auto, d'une noyade ou de l'utilisation d'un iPad; À quoi bon dire que la durée d'activité de 28 ans de G-2 est garante de sa sûreté alors que Fukushima était conçue pour 40 ans? On n'évalue pas la sécurité de la centrale par le fait que les maires et ingénieurs vivent à proximité, comme si ceux de Fukushima et Tchernobyl avaient vécu à 1000 kilomètres des centrales.

Robert Duchesne, Trois-Rivières

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