Quel triste événement
En cette fin de soirée électorale où la majorité des Québécois, suspendus à leur téléviseur, s'apprêtaient à écouter le discours de notre nouvelle première ministre (et la première femme à occuper cette fonction), un fâcheux drame se joue sous nos yeux.
Un individu, venant d'on ne sait où, vient troubler le rassemblement. Muni de quelques armes, il s'apprête à s'en prendre à Mme Marois. Quelques hommes l'en empêchent, au péril de leur vie. L'un d'eux y laissera malheureusement la sienne.
Plusieurs pensées nous viennent alors à l'esprit. Comment cet individu a-t-il pu s'approcher aussi près du Centre Métropolis sans être inquiété? Quel type de protection accorde-t-on à nos élus? Et surtout, comment le gouvernement canadien a-t-il pu faire retirer la loi sur le contrôle des armes à feu?
De très nombreux événements malheureux sont survenus un peu partout dans le monde au cours des dernières décennies. Ne nous ont-ils pas démontré la fragilité de nos systèmes et la nécessité d'être vigilants?
Michel Giroux, Québec
------------
La réflexion s'emballe
On souhaiterait que l'incident malheureux survenu au Métropolis soit le fait d'un homme atteint de folie passagère et que l'attentat à l'endroit du rassemblement péquiste n'ait été qu'un prétexte à son délire, mais la réalité nous détourne de ce confortable scénario. De par leur violence symbolique, le geste ainsi que les propos tenus par son auteur indiquent que l'attentat meurtrier avait un objectif à tout le moins politique et n'était pas l'oeuvre d'un simple «fou». À renfort de «les anglophones se réveillent!» et «On va vous rendre la monnaie de votre pièce», le message a immanquablement glissé dans les esprits. Partant de là, la réflexion s'emballe. Est-ce qu'une partie de la communauté anglophone de Québec craint que l'arrivée au pouvoir des indépendantistes puisse avoir un impact négatif sur leur statut? Pire encore, que l'option souverainiste fasse son chemin? Est-ce que Pauline Marois, comme semblent le penser certains, est à blâmer dans cette triste histoire?
Michel Foucault soutenait que le «fou» transporte le discours maladif d'une société qui se perçoit comme saine. À la lumière des événements, force est d'admettre que le conflit ethnique qui nous consume depuis des siècles n'est point en voie de se terrer. Ainsi, peut-être est-il temps de se pencher sur l'intolérance, la peur, de même que la haine qui habitent un certain nombre de québécois. Nous en sortirons grandis.
Étienne Boudou-Laforce, Sherbrooke
------------
Solide première ministre
Si vous avez suivi la soirée des élections à la télévision, vous avez peut-être remarqué comme moi avec quelle assurance la chef péquiste Pauline Marois a affronté l'attentat survenu au Métropolis. À n'en pas douter, nous avions devant nous une première ministre à qui rien ne fera peur.
Sylvio Le Blanc, Montréal
------------
Ce discours empli de fiel
Richard Henry Bain est un produit des Quebec Haters qui règnent sur les médias anglophones de ce pays. Il y a tant de fiel et de haine distillés dans ces discours farouchement anti-francophones des Sun Media, National Post, The Gazette et autres, qu'il était fatal qu'un fou se prenne, tôt ou tard, pour le sauveur des Anglos et du ROC. Je remarque aussi que la plupart des assassinats en Amérique sont le fait de gens de droite qui craignent pour leurs privilèges en étant certains de posséder la vérité unique, ce qui est un trait typique d'aliénation.
Jean-Pierre Pineau, Rimouski
------------
Belle pensée pour un héros
Après avoir vu le sourire qu'esquissait Denis Blanchette, sur la photo présentée dans les médias, on se dit que c'était un sourire à la vie, sans savoir que quelque temps après, Denis Blanchette s'impliquerait personnellement pour protéger celle-ci après qu'un individu désespéré semblait vouloir lui faire une bien mauvaise passe. Denis Blanchette a été un ange placé au bon endroit pour sauver encore plus de vie. Il a risqué la sienne, sans se poser de questions, il a été généreux sans se poser de questions et, à notre tour, nous devrions nous montrer généreux dans nos pensées, afin que des gestes de violence ne reviennent plus nous hanter dans nos vies de tous les jours. Dans nos prières, pensons à la petite famille de monsieur Blanchette. Elle devra vivre une peine inimaginable et elle aura besoin de tout notre amour. À nos politiciens et politiciennes, nous espérons qu'ils sauront développer davantage d'humilité et une haute conscience sociale pour sauvegarder la meilleure qualité de vie qui soit dans ce Québec si malmené trop souvent.
Gilles Pelletier, Québec
------------
Femme de sang-froid
Il y a quelques mois, on surnommait Mme Marois «la dame de béton», pour décrire sa détermination et sa volonté à rester à la tête de la barque péquiste. Contre vents et marées, contre démissionnaires et conspirateurs, contre accusateurs et blagueurs, Pauline Marois s'est tenue debout dans la tempête. Et c'est ce qu'elle a fait aussi en ce 4 septembre 2012, après avoir appris qu'un agitateur public voulait attenter à sa vie. Avec calme et sang-froid, elle est montée sur la scène du Métropolis pour saluer une dernière fois ses troupes et exiger d'eux qu'ils se retirent dans le calme et la discipline. Qui eut mieux fait en de telles circonstances? Je suis heureux que le Québec se soit donné un chef d'État d'une telle stature.
Augustin Réhel, Percé
------------
La rançon de la peur
Lorsque les idées s'appuient sur fond d'arguments de peur, il faut s'attendre à ce que le discours entraîne des conséquences. Sinon, à quoi bon les servir? Certes, la plupart du temps, ils ne font qu'embrouiller les plus influençables (et ils sont légion). Mais si de tels arguments ne sont pas une incitation à la violence, leurs auteurs ne peuvent occulter leur pouvoir malsain sur les esprits faibles. Jouer avec la peur, c'est jouer avec le feu. À défaut de s'adresser à l'intelligence, il vaut mieux se taire. La conclusion de cette soirée d'élection me laisse un souvenir amer et un sentiment de tristesse pour les proches des victimes.
Denis Pouliot, Québec