Élections provinciales 2012 (partie 5)

Petits amis péquistes (Photothèque Le Soleil)

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Le Soleil

Petits amis péquistes

En matière de corruption: qu'ont fait les péquistes au pouvoir? Ont-ils dénoncé la corruption possible de leur époque? Ils l'ont probablement ignorée comme en témoigne la réaction de la ministre des affaires municipales Louise Harel à une enquête de plus d'un an sur les combines entourant Pierre Bourque à Montréal.

Malgré les dizaines de témoignages recueillis par les enquêteurs, avec les noms des donateurs, les montants, et les retours d'ascenseur, elle s'est contentée de jeter le rapport d'une centaine de pages à la poubelle en disant qu'il s'agissait de oui-dires!

Une enquête sur les contrats donnés par le Parti québécois à cette époque aurait-elle été traitée de façon aussi désinvolte? Sans nécessairement donner raison à Jacques Duchesneau, l'idée que le PQ n'avait pas de petits amis au pouvoir semble, dans le contexte, plutôt idéaliste...

Michel Magnant, Montréal

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Non au vote par dépit

Nombreux sont les commentaires entendus ou lus sur les tribunes libres des divers médias arguant l'urgence d'expulser du pouvoir le gouvernement Charest. Et, du même souffle, la plupart des intervenants proposent la voie du PQ pour parvenir à leurs fins.

En d'autres termes, au lieu de mettre le pain au four, on m'implore de manger de la galette parce que le pain sur la table est rassis ou, si vous préférez, d'embarquer dans la «galère» du PQ au risque de tourner en rond pendant des années alors que le «voilier» d'Option Nationale m'offre de prendre le large et de rejoindre la côte avec fierté.

En ce qui me concerne, je préfère profiter des bons vents qui soufflent sur le Québec plutôt que de «ramer» à contre-courant, et si le bateau-pirate libéral réussissait à gagner la bataille, nous pourrions regrouper nos forces pour l'attaquer lorsqu'il aura mis pied à terre.

Concrètement, dans le pire scénario, les Québécois se donneront un gouvernement libéral minoritaire, à savoir un gouvernement exposé continuellement à une position de faiblesse et soumis à la surveillance constante de l'opposition. Conséquemment, un «bateau» qui ne risque pas de «brouiller l'eau» dangereusement.

Par contre, pendant que de petites guéguerres se dérouleront sur les berges du Saint-Laurent, l'équipage du voilier aura tout son temps pour recruter de nouveaux marins et garnir la «flotte» qui lui permettra d'envahir les installations des «pirates» et de hisser le drapeau du Québec sur son «vaisseau-amiral».

En conclusion, je dis «non» à un vote par dépit. Je préfère de loin rester sur mon appétit et mettre mon pain au four plutôt que de devoir manger la galette que l'on me force à manger depuis trop d'années!

Henri Marineau, Québec

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Cynisme ou nombrilisme des électeurs?

Le cynisme a le dos large. N'est-ce pas lui que nous invoquons toujours pour justifier le fait qu'on ne s'intéresse plus à la chose politique, et que près de la moitié de la population ne prend même plus la peine d'aller voter? On a perdu confiance dans les hommes et les femmes politiques, on les imagine volontiers tous plus ou moins corrompus ou à la solde d'intérêts occultes. Même si les faits démontrent souvent le contraire, on croit que notre vote ne fera aucune différence. Mais s'il y avait autre chose pour expliquer notre manque d'enthousiasme face à la chose politique?

Je me demande pour ma part s'il ne faudrait aussi regarder du côté de l'individualisme et du nombrilisme ambiant, autrement dit du côté d'une tendance de plus en plus marquée dans notre société à ne s'intéresser qu'à ce qui se trouve dans notre environnement immédiat et à ce qui nous touche et nous concerne directement, pour expliquer le fait que nous soyons devenus des créatures politiques si paresseuses et si désintéressées. Si les travers et les manquements des hommes politiques sont une chose, il n'est pas impossible qu'une certaine paresse et une tendance au repli sur soi que nous avons développées collectivement, ne pèsent pas moins dans la balance de l'indifférence. Je n'achète pas l'argument à l'effet qu'on ne s'intéresse plus à la politique simplement parce que la politique serait devenue une chose sale dont il vaut mieux se tenir à distance. La politique est peut-être sale, mais cette «saleté» présumée du monde politique ne devrait pas servir d'excuse à notre repli dans notre petit monde fortement individualisé, ni à nous déresponsabiliser, et nous devons, comme citoyens, maintenir notre vigilance et surtout ne pas cesser d'exercer notre droit de vote.

Si la société se donne des outils pour démasquer les acteurs politiques corrompus, il faudrait peut-être envisager, en parallèle, une réflexion sur les raisons pour lesquelles tellement de gens ne s'intéressent plus qu'à ce qui les touche directement et à ce qui gravite dans l'environnement immédiat de leur nombril. Une réflexion qui nous aiderait à comprendre aussi comment nous en sommes venus à croire que la politique, justement, ne ferait plus partie de ces choses qui nous touchent et affectent nos vies directement, et qu'exercer son droit de vote n'est plus une chose essentielle. Que des citoyens réagissent par du cynisme aux travers de ceux qui sont censés nous représenter, je veux bien, mais que de larges franges de la population, à cause d'une éducation déficiente ou pour d'autres raisons, soient tout simplement devenues tellement égocentriques et indifférentes à la vie collective qu'elles se désintéressent complètement de la chose publique et politique, je n'en doute pas non plus.

Georges Poulin, St-Augustin-de-Desmaures

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Commission Duchesneau

François Legault et son équipe auront de toute évidence gagné la tranche cruciale des dix premiers jours de campagne. Avec l'arrivée toute fraîche de Jacques Duchesneau et celle confirmée un peu plus tôt de Gaétan Barrette, la CAQ a remporté la chasse aux candidats vedettes. Les stratèges en communication de la CAQ ont aussi le talent rare d'allonger la nouvelle, qui passe de rumeur à quasi-confirmation par François Legault, à véritable annonce de candidature. Étirer ainsi la sauce, c'est payant pour la couverture médiatique obtenue, en plus d'être déstabilisant pour l'adversaire. Si la CAQ s'ingénie d'ici le jour du vote à bien doser les interventions de Jacques Duchesneau, les libéraux risquent de trouver le temps très long, en plus d'avoir de la difficulté à imposer leurs thèmes. De plus, si la CAQ se révèle être la championne anti-corruption, elle s'attirera aussi des appuis chez les péquistes. François Legault a la sagesse de ne pas partir en guerre ouverte contre son ancienne famille politique.

Jean Charest a déjà perdu son panache de début de campagne. Lui qui est à l'aise normalement dans les contacts directs avec la population est confiné à des assemblées partisanes, de peur d'être confronté à d'embarrassants carrés rouges qui pourraient entraîner un malheureux dérapage. De plus, lui qui n'est pas à son meilleur en jouant sur la défensive n'est pas sans savoir qu'il devra vivre jusqu'au 4 septembre avec les mises en échec potentiellement percutantes de Duchesneau. Comme un juste appel du destin, Charest, qui a voulu éviter la commission Charbonneau, devra donc entendre la «Commission Duchesneau». C'est à se demander si à la fin du match, Jean Charest l'invincible n'aura pas à regretter de ne pas avoir accroché ses patins pendant qu'il était encore temps.

René Lavoie, Québec

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Un vote de raison

L'élection du 4 septembre prochain exigera de chacun de nous un vote basé sur la raison et non sur l'affection. Il faut couper avec le passé où, de père en fils, on votait pour la même formation politique. Un vote pour le PLQ à la prochaine élection est un vote pour le cynisme, l'arrogance, la collusion et la corruption. Imaginez le contexte social au lendemain du 4 septembre s'il advenait que Jean Charest reprenne le pouvoir! La crise étudiante qui a failli dégénérer en chaos social risquerait de reprendre et de replonger le Québec tout entier dans une situation dont on ne peut pas mesurer les conséquences pour la société.

Jean Charest, le beau parleur, qui se proclame le champion de l'économie du Québec, ne doit pas être réélu pour un autre mandat, dans l'intérêt majeur de tous les Québécois. Sa gestion déplorable de la crise étudiante parle d'elle-même. Il a laissé sciemment dégénérer le conflit afin de dissimuler son piètre bilan économique et social. Lui qui promet 250 000 emplois s'il est réélu n'a pu en créer que 35 000 en quatre ans. La vérification des faits démontrent aussi que la dette publique du Québec s'est accrue de 36% sous son règne.

Tous les faits démontrent que Jean Charest passera à l'histoire comme ayant été le pire premier ministre depuis Alexandre Taschereau, et qu'il ne mérite plus la confiance des Québécois. Alors, ayons clairement à l'esprit cet adage populaire, le jour du 4 septembre 2012 : le seul vote utile est un vote de raison.

Augustin Réhel, Percé

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Confiance à rétablir

Les propositions de la CAQ, à l'égard des ingénieurs, n'illustrent pas une connaissance de l'historique de la pratique du génie. On veut s'attaquer à la moralité, mais on néglige de pointer suffisamment les politiciens, vrais responsables de la délinquance. L'immoralité a pris son envol tout particulièrement sous le règne de Robert Bourassa, alors que tout mandat de service professionnel devait être acheté. À une petite mise correspondait un petit mandat; à une grosse, un gros mandat. On me l'a bien fait comprendre dans mon bureau, entre quat'z-yeux bien entendu. Pour redresser la situation, on doit d'abord rétablir la moralité chez les élus. D'autre part, proposer d'enlever la surveillance des travaux au secteur privé pour la donner au public ne sera qu'une source de complications et de gaspillage. Il vaut mieux revenir à ce qui existait naguère, alors que l'ouvrage était distribué raisonnablement entre le public et le privé, ce qui créait un climat de saine émulation parmi les ingénieurs. De plus, le ministère des Transports n'est pas une école. L'école, c'est l'expérience acquise par le travail, après l'université.

Jean-Marie Desgagné, ing., Québec

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Un peu trop fringant...

Dès le lendemain de sa mise en candidature officielle au sein de la CAQ, Jacques Duchesneau, nouveau candidat vedette pressenti par François Legault comme futur vice-premier ministre, a dû être ramené à l'ordre par son chef. La mésentente a commencé lorsqu'au cours d'une entrevue matinale à la station de radio 98,5, M. Duchesneau a laissé entendre qu'il aurait une certaine autorité pour nommer les ministres dans un éventuel gouvernement Legault. Questionné par les journalistes au sujet de cette déclaration, François Legault a immédiatement réagi en affirmant que c'est la prérogative du chef de nommer ses ministres, que M. Duchesneau sera consulté, mais que la décision finale reviendra au chef. François Legault aura beau clamer haut et fort qu'«il n'y a qu'un patron à la CAQ», il aura beaucoup de difficulté à retenir son poulain fringant, qui ne s'est jamais gêné pour envahir la scène lorsqu'une porte s'ouvrait devant lui et que les projecteurs éclairaient sa personne!

Henri Marineau, Québec

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Un engagement pour des milliers de familles au Québec

M. Jean Charest, M. François Legault et Mme Pauline Marois,

En ce début de campagne électorale, la Fédération québécoise de l'autisme souhaiterait connaître votre position sur les enjeux reliés à l'augmentation continue des cas d'autisme. Comme vous le savez sûrement, les dernières statistiques font état d'une naissance sur 100 et l'autisme et les troubles envahissants du développement sont le handicap le plus commun en milieu scolaire.

Au nom des familles aux prises avec cette réalité, nous voulons connaitre les engagements que vous prendrez si vous formez le prochain gouvernement. Même si la situation a beaucoup progressé depuis que le Québec s'est doté, en 2003, d'un plan d'action gouvernemental en autisme, beaucoup reste encore à faire. Les bilans du plan d'action, les deux rapports du Protecteur du citoyen et les portraits de situation qui ont été produits font effectivement état de lacunes importantes dans l'offre de services en autisme. Malgré ces constats, aucun changement significatif ne s'est produit pour les personnes autistes et leur famille. La cogitation doit cesser et des gestes concrets doivent être posés.

L'autisme touche de plus en plus de familles partout au Québec : avec une population de près de 8 millions et un taux de 1% des naissances, on compterait 80 000 personnes atteintes. En considérant qu'une famille compte quatre personnes en moyenne, 320 000 personnes seraient touchées par cette problématique au Québec, sans compter les intervenants : professionnels, éducateurs et enseignants qui manquent de moyens pour agir.

C'est pourquoi nous vous demandons de faire de cet enjeu une priorité et de revoir l'offre de services en fonction de la prévalence actuelle en injectant les budgets en conséquence. Êtes-vous prêts à vous engager à faire la différence pour des milliers de familles partout au Québec?

Ginette Côté, présidente de la Fédération québécoise de l'autisme

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Menteurs professionnels

Malheur à qui ose dire la vérité en politique. Quelqu'un rappelle-t-il cette élémentaire réalité qu'une femme y trouve encore moins de monde la considérant d'emblée apte à occuper les plus hautes fonctions? On le contraint à se rétracter immédiatement. En faisant un autre faux. En sus de ces agents intimidateurs. Et le premier citoyen de renchérir: impossible qu'en notre société se trouve ne serait-ce qu'une seule personne prenant en compte le sexe d'un individu pour déterminer son vote. En quoi ce premier citoyen remonte, pour la millionième fois, son dramatique manque de jugement ou sa fourberie.

Voilà donc, déjà, deux (chefs de) partis disqualifiés a priori. À l'égard de la vérité, du moins. Ainsi que, partant, eu égard à la démocratie aussi. Car quid d'une prétendue démocratie où l'on n'a pas le droit de dire la vérité de l'être (ou) des choses?

D'un autre côté, nouveau parti, nouveau chef. Celui-ci énonce-t-il que les filles seraient moins avides de hauts salaires que les gars? Scandale! Il ne fallait pas le dire. En tout cas, pas à voix haute. Par ailleurs, que penser du «docteur» qui éliminera[it] l'attente en santé, d'ici deux ans et demi? Jugement défaillant ou faux lui aussi?

Bref, la vérité s'avère moins plate et plus nuancée que les menteries redondantes et récurrentes. Ce n'est pas la femme en la chef du PQ qui déplaît ou plaît peu. C'est sa personne même. Tant que la politique consistera en l'art de ne pas dire les choses ou de (faire/laisser) dire le contraire du vrai, on devra renoncer à avoir un vrai PM et se contenter de MP (i.e. de Menteurs Professionnels ou des 'Moins Pires').

Denis Beaulé, Montréal

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Des engagements décevants pour l'éducation

Le Parti québécois a fait part de ses engagements en ce qui a trait à «la réussite et à la persévérance scolaires». Sur les huit mesures qu'il propose, deux ont plus particulièrement attiré l'attention des médias.

Tout d'abord, la formation de Mme Marois entend embaucher 600 professionnels d'ici 2015 pour lutter contre le décrochage. Permettez-moi de douter de la valeur de cet engagement. Premièrement, il existe environ 2800 écoles primaires et secondaires publiques au Québec. Si ces professionnels n'étaient affectés qu'aux quelque 350 établissements secondaires qu'on retrouve dans notre province, cela constituerait l'ajout de 1,7 individu par école en 2015. Imaginez s'il fallait diviser le nombre des nouvelles embauches par 2800! S'agit-il, pour chaque école, d'un apport suffisant pour faire une différence notable? Qu'il soit permis d'en douter. Deuxièmement, de quelle sorte de professionnels parle-t-on? La question a son importance parce que, dans certains domaines d'emploi, il existe des pénuries importantes. Troisièmement, sait-on au PQ que bien des professionnels ne veulent plus oeuvrer en éducation, car les conditions salariales et de travail sont nettement insuffisantes par rapport à la pratique privée? Bonne chance alors pour trouver ces 600 nouveaux professionnels!

Par la suite, le PQ veut implanter la maternelle à quatre ans sur une base volontaire. Cette idée est pleine de sens. Les enfants de milieu défavorisé ont souvent un retard dès l'entrée au primaire parce qu'ils n'ont pas été assez stimulés dans leur milieu familial. La création des CPE, qui devait remédier à cette problématique, n'a pas tenu toutes ses promesses. Mme Marois, qui en a été l'instigatrice, devrait d'ailleurs se questionner davantage à ce sujet. Quoi qu'il en soit, l'école aura ainsi plus de temps pour s'occuper des enfants qui ne sont suffisamment stimulés à la maison avant l'entrée en première année.

Par contre, cette mesure risque de se heurter à de nombreux écueils. Dans plusieurs régions du Québec, les écoles primaires débordent. Où accueillera-t-on alors cette nouvelle clientèle? A-t-on prévu des budgets supplémentaires pour de nouveaux aménagements? De même, quels services ces enfants recevront-ils quand on sait qu'actuellement les commissions scolaires, pour équilibrer leur budget, coupent comme jamais dans les services aux élèves?

Le PQ propose également d'autres mesures de moindre importance et pour lesquelles il fournit peu de précisons. Cependant, ce que dénotent tous ces engagements, c'est l'absence d'une bonne compréhension du phénomène du décrochage scolaire au Québec de la part de cette formation politique. On est prêt à consacrer annuellement 20 millions $ à la création d'une maternelle à quatre ans et 30 millions (estimation) pour l'ajout de 600 professionnels sans savoir réellement comment fonctionne cette problématique et quelles sont les mesures les plus efficaces pour le contrer. Il est incompréhensible que le parti de Mme Marois ne s'engage pas à investir en recherche sur ce phénomène. Pourquoi embaucher 600 professionnels qui appliqueront des plasters dans un système scolaire incohérent? Dans les faits, on dépense en action sans réfléchir à la portée de celles-ci. Pourtant, il existe au moins une chaire de recherche sur le décrochage scolaire au Québec. Pourquoi ne pas lui donner un coup de pouce?

De plus, comme le Parti québécois ne veut pas s'aliéner des votes, période électorale oblige, on remarquera l'absence de mesures courageuses dans son programme politique. En Ontario, par exemple, on a décidé d'affirmer l'importance sociale des études. Ainsi, un jeune ne peut détenir un permis de conduire s'il n'a pas l'équivalent d'un DES ou d'une formation menant à un emploi. Au Québec, on a tellement peur du mot «contrainte» qu'on laisse à tous les jeunes la liberté de gâcher leur avenir et à leurs parents de ne pas avoir à s'en soucier.

De façon plus générale, le PQ y va d'un ensemble de mesures contre le décrochage scolaire, mais ne propose pas un véritable plan d'action contre celui-ci. Il ne se fixe aucun objectif de réduction, aucune cible. Il promet des mesures parfois concrètes, mais il ne s'engage pas à atteindre des résultats quantifiés et précis. Devant une telle problématique aux conséquences sociales dramatiques, on est en droit de demander davantage à une formation politique qui entend gouverner le Québec et dont la chef a déjà été ministre de l'Éducation. Ce n'est pas comme si cette situation était nouvelle.

Luc Papineau, enseignant

L'Assomption

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