J'aimerais éclairer un peu la réflexion de M. Labeaume concernant l'utilisation des terrains de la White Birch, advenant une fermeture.
Cette réflexion, légitime pour un maire réputé visionnaire, est à mon avis prématurée. Elle est à la limite irrespectueuse envers les employés qui ont toujours espoir en la relance de cette usine, et ce, malgré les perspectives d'avenir à long terme, pour le moins incertaines de cette usine peu productive.
Il faut tout de suite écarter une éventuelle vocation résidentielle ou touristique, à moins d'envisager un chantier titanesque (bonne chance dans les négociations avec le port et le CN). Personne de sensé n'ira s'installer sur un terrain fortement contaminé par plus d'un siècle d'activités industrielles lourdes, et qui plus est, coincé entre une voie aérienne d'autoroute, son vacarme et sa poussière, une gare de triage, son vacarme et sa poussière, et un terminal portuaire de vrac, son vacarme et sa poussière. Il suffisait pour s'en convaincre d'observer, en fin de semaine dernière, l'immense nuage de poussière brunâtre émanant des activités de transbordement du port dans l'estuaire de la rivière St-Charles, ou d'avoir déjà patienté 45 minutes au passage à niveau devant l'usine.
Une transition vers une vocation industrielle plus légère ou même commerciale pourrait être envisagée, mais ma suggestion serait plutôt d'offrir le site au port de Québec pour étancher sa soif d'expansion, si tant est que cela soit possible (même si cette soif est exprimée moins ouvertement sous la nouvelle direction). Cela pourrait les détourner de leur convoitise envers la baie de Beauport, qui pourrait un jour devenir une plage exceptionnelle pour la baignade, ou bien de leurs vues sur les berges longeant le boulevard Champlain, dont ils occupent déjà une grande partie, mais où les citoyens de Québec revendiquent l'accès au fleuve.
Le timing, somme toute, n'est pas si mauvais. Le temps que la direction du port retrouve une oreille fédérale attentive et le financement de ses projets par la même occasion, le cadavre de la White Birch aura peut-être eu le temps de tiédir...
Félix Pedneault, ancien employé de Daishowa, Enron et White Birch