En réaction au texte «'L'image parle d'elle-même'» de la journaliste Valérie Gaudreau
Comme enseignant au niveau collégial, je me bats avec mes étudiants pour leur inculquer des notions d'éthique sur le plagiat. Je leur donne des ateliers sur l'utilisation des images et des écrits pris sur internet en leur rappelant que ce n'est pas parce qu'une image ou un texte est sur le web que lesdits textes ou images sont libres de droits. La simple inscription «droits d'auteur» sur un moteur de recherche de la toile fait apparaître immédiatement «la loi sur les droits d'auteurs» (le premier résultat!!), il y est stipulé clairement les usages permis liés à Internet.
Alors M. Charest, c'est de faire preuve de mauvaise foi que de dire dans une entrevue à Valérie Gaudreau du Soleil: «J'ai lu des commentaires qui m'ont étonné. Car sincèrement, cette image est celle que le Parti québécois de Pauline Marois a mise en ligne. Ç'a été largement diffusé sur Facebook». C'est insultant pour tous ceux et celles qui tentent d'inculquer des valeurs éthiques aux élèves. Votre commentaire et votre attitude balaient du revers de la main, plusieurs années à essayer de faire comprendre à nos jeunes qu'un texte, une image ou une vidéo n'est pas libre de droits pour la simple raison qu'elle se retrouve sur la toile.
Votre commentaire va beaucoup plus loin car, selon votre logique, si le peintre Pablo Picasso avait eu sa page Facebook, vous auriez été en droit d'utiliser «Guernica» dans une publicité pour imager les souffrances que font vivre les associations étudiantes aux gens? Pour vous paraphraser, vous auriez répondu: «(...) sincèrement, cette image est celle que [Pablo Picasso] a mise en ligne. Ç'a été largement diffusé sur Facebook». Votre argumentaire est déplorable, j'ai vraiment l'impression que vous méprisez la population et que vous nous considérez comme des demeurés sans éducation. Votre attitude est effarante et j'y vois de la condescendance pour notre société. Votre formation d'avocat aurait dû vous faire réfléchir sur la légalité d'un tel emploi d'images prises sur la toile. Je crois que vous étiez pleinement conscient de votre geste et que vous avez volontairement profité des rouages de la justice pour diffuser votre vidéo en sachant très bien qu'elle serait contestée et illégale, mais que, avant qu'une décision ne soit rendue par les tribunaux, votre publicité aurait eu le temps de faire son oeuvre (étrangement, vous utilisez la même tactique pour la loi 78). Combien est-ce qu'il en coûtera à la société québécoise de mandater des juristes pour se pencher sur la légalité de votre conduite?
Malheureusement, cette question ne vous importe pas (comme pour la loi 78), car vous êtes désespéré M. Charest. Vous vous débattez comme un diable dans l'eau bénite et vous posez des actions lourdes de conséquences. Votre attitude machiavélique est condamnable, vous utilisez des tactiques volontairement immorales et déloyales pour essayer de vous sortir du gouffre dans lequel vous êtes.
Je croyais jusqu'à récemment que vous étiez un improvisateur en manque d'inspiration, je me trompais royalement. Vous êtes sciemment malhonnête et vous êtes prêt à appliquer tous les gestes illégaux et pernicieux qui vous permettraient de vous faire réélire. La devise de votre parti pour les prochaines élections devrait être : Après moi le déluge ».
Jean Bélanger, enseignant au collégial