J'en ai assez

Le député de Mercier, Amir Khadir.... (Photo: Jacques Boissinot, PC)

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Le député de Mercier, Amir Khadir.

Photo: Jacques Boissinot, PC

Le Soleil

J'en ai assez de voir et d'entendre Amir Khadir répéter à longueur de journée les mêmes reproches; de voir tous les jours à RDI et à LCN les spectacles désolants d'une foule désordonnée abritant sans résister les groupes prêts à proférer des injures et à se bagarrer; d'entendre les animateurs demander aux journalistes sur les sites des manifestations de les tenir au courant; de constater que la télé fait de nous des voyeurs; d'entendre dire par tout un chacun que les manifestations sont pacifiques; de voir chaque soir le non-respect toléré des lois et règlements; de constater que la notion de désobéissance civile a perdu son sens; de constater la faveur grandissante dont les manifestants et leurs partisans bénéficient auprès des animateurs à la radio et à la télé; d'entendre dire que les policiers utilisent une force excessive lors d'arrestations alors qu'il y a résistance à l'arrestation; de voir tous ces appareils-photo et téléphones dirigés vers les policiers à la manière des paparazzis; d'entendre des porte-parole ou des partisans des étudiants donner des leçons dans les conférences de presse ou débats.

J'en ai plus qu'assez de réaliser que nous sommes impuissants contre tout ça et que la valeur québécoise de tolérance joue contre nous; de constater que le droit de s'exprimer et de manifester est bafoué par des meneurs de jeu par trop discrets; de constater que les réseaux sociaux jouent le rôle de fou du roi; de constater le peu d'intérêt que les manifestants, leurs dirigeants connus et inconnus portent aux effets cumulatifs négatifs sur la vie économique des citoyens et leurs emplois et celle des commerces et des institutions de l'île de Montréal; de constater que ces mêmes personnes ne prennent pas en compte les pertes pécuniaires encourues par les étudiants, les abandons ou reports de cours, la désillusion qui guette les étudiants et la radicalisation à plein temps alors que l'on prétend se battre pour un meilleur accès à l'éducation ou des casiers judiciaires; de constater que les assemblées étudiantes se constituent à leur détriment otages d'un pari politique commun. J'ai à la mémoire des syndicats qui, sur une question de principe, ont sacrifié des employés devenus en fin de compte chômeurs à plein temps.

N'est-il pas temps pour chaque étudiant de décider par lui-même de se remettre à étudier et de laisser les grands syndicats mener leurs combats politiques en plein jour et non sous le couvert étudiant? N'est-il pas temps aussi pour les médias de limiter la visibilité qui contribue au prolongement des manifestations? Et dire que tout ça a été rendu possible parce que les Canadiens de Montréal n'ont pas gagné la coupe Stanley et que la commission d'enquête sur l'industrie de la construction n'a commencé ses travaux publics que récemment.

Pierre Champagne, Québec

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