Réaction

La crise étudiante : la fin ?

Depuis quelques jours, on a droit à des... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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Depuis quelques jours, on a droit à des manifestations étudiantes de chaudrons et de casseroles pour dénoncer la loi 78.

Photo Bernard Brault, La Presse

Le Soleil

Les porteurs d'espoir

Depuis plusieurs années, je travaille avec des élèves à risque de décrochage. Je n'apprécie pas particulièrement cette étiquette, mais la réalité est ainsi. J'aime être avec ces jeunes, les voir grandir, se dépasser, connaître le succès et savourer ces moments avec eux. J'aime parler avec eux, rire avec eux, apercevoir dans leur regard cette étincelle qui me révèle qu'ils croient un peu plus en leurs capacités, en eux.

Avec eux, je grandis en tant qu'être humain et ce, sans prétention. Ils arrivent en début d'année scolaire comme des porteurs de désespoir et, souvent, ils repartent en juin avec un peu plus de confiance, d'estime et, pour plusieurs, un but: poursuivre leurs études. C'est un grand défi pour eux et une si belle victoire pour la société. On le sait, le décrochage scolaire est un fléau, un fléau qui engendre parfois de bien grands maux: mauvaise estime de soi, dépression, délinquance, violence...

Certains décrocheurs, fort heureusement, de par leur personnalité débrouillarde, s'en sortiront et feront leur chemin. Ce qui me questionne particulièrement ces jours-ci, c'est de voir tous ces étudiants dans la rue. Ces derniers veulent étudier, mais nos élus ne sont-ils pas en train d'en faire, pour plusieurs, de futurs décrocheurs? Car le décrochage n'est pas qu'une affaire d'études secondaires abandonnées...

Dans notre société, l'éducation ne devrait pas être un objet de marchandage, mais un choix de société. Quel choix ferons-nous pour eux, avec eux? Je les regarde déambuler jour après jour, nuit après nuit avec force et conviction face à leur avenir et je les trouve fort courageux. Rarement a-t-on vu des gens se mobiliser de la sorte dans cette société davantage conformiste que revendicatrice. Défendre ses principes, croire en ses valeurs peuvent mener loin et je souhaite, pour ces porteurs d'espoir et pour la société qui les voit grandir et qui, je l'espère, les soutiendra de plus en plus, que tout cela les mènera à leur but ultime: la réalisation de soi.

Anne Marois, enseignante

Québec

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Pour quelle cause manifestez-vous?

Après la longue nuit de débats entourant l'adoption d'une loi spéciale, les étudiants ont trouvé une nouvelle cause contre laquelle se soulever. Or, si l'assiduité des étudiants à manifester 24 heures par jour eut été à l'image des efforts consentis à occuper un emploi à temps partiel pendant leurs études, on ne les aurait jamais entendus. Plutôt si, peut-être, mais ils pesteraient aujourd'hui aux côtés des carrés verts. Initialement, la cause estudiantine était de s'élever contre la hausse marquée des droits de scolarité sous prétexte qu'elle freinerait l'accès aux études universitaires. Chers étudiants, dois-je vous rappeler que vous avez gagné? Que le régime de prêts et bourses, lequel est basé sur les efforts économiques à consentir en fonction des revenus, a été d'autant bonifié? Et je le reconnais, c'est grâce à vous. Merci! Mais voilà qu'aujourd'hui encore vous réclamez que les mieux nantis aussi, malheureuses victimes s'ils en sont, tirent avantage de vos revendications de gratuité scolaire? Grand bien vous fasse; ils se prélasseront en vacances, cet été, pendant que vous les représenterez...

Martin Perron, L'Ancienne-Lorette

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Rentrez paisiblement

Il est du devoir de tout citoyen responsable de résister à l'orgasme de la rue, de ne pas se laisser intimider par tous ces cogneurs de casseroles en mal de vivre et dont l'ennui n'a d'égal que le ressentiment sans véritable motif transcendant. Car enfin, ces quelques milliers de marcheurs bigarrés, de tous âges maintenant, ne peuvent prétendre semer la pagaille au nom des huit millions de leurs concitoyens.

Ces indignés de toutes les causes ne peuvent garder plus longtemps le reste de la population en otage de leur délire idéologique et partisan. Tous ces contestataires de salon semblent oublier que nous vivons dans une société dotée des services sociaux parmi les meilleurs au monde. Pendant que cette infime minorité de gens déambule dans les rues de manière festive, tous oublieux et insouciants des inconvénients de leur folie passagère, la vaste majorité des gens se rendent à leur travail, s'occupent de leurs proches, paient leurs impôts et attendent au prochain scrutin pour reconduire ou remplacer l'équipe gouvernementale élue démocratiquement.

J'incite donc tous ces marcheurs spontanés à renter paisiblement à la maison, afin d'être en forme le lendemain pour reprendre le boulot, sans nécessairement se sentir obligés de descendre dans la rue à propos de tout et de rien. Quant à la révolution, la vraie, sanglante et meurtrière, ce sera pour plus tard, quand il y aura un motif sérieux de la faire, par exemple une dictature fasciste à poigne militaire.

Gilles Baribeau, Québec

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À trancher aux élections

En réaction au texte «Sagesse et pragmatisme» de l'éditorialiste Pierre-Paul Noreau

Monsieur Noreau a bien raison de suggérer que les parties «travaillent à un compromis traduisant la volonté populaire...». Il faut à tout prix, cependant, ramener la paix sociale et sauver Montréal qui se dirige vers l'effritement de son tissu économique. Pour ce faire, il me semble qu'il serait temps que M. Charest suspende l'application de la hausse des frais de scolarité en échange de l'arrêt immédiat de toute manifestation organisée par les associations étudiantes et les syndicats. M. Charest, laissez à la population le choix de décider de la hausse des frais de scolarité en soumettant le dossier à la population lors de la prochaine élection générale. Les électeurs voteront pour le Parti libéral ou la Coalition Avenir Québec s'ils sont en faveur de la hausse, pour le Parti Québécois s'ils sont en faveur d'une hausse établie selon le coût de la vie ou pour un tiers-parti s'ils sont contre toute augmentation ou en faveur de la gratuité scolaire.

André Savard, Québec

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Sortie de crise... ou de M. Charest?

Tout d'abord, il faut donner à César ce qui revient à César. M. Charest mérite un prix pour avoir réussi là où la publicité a échoué: il a fait sortir les Montréalais dehors et les a fait marcher des kilomètres chaque soir, ce qui est excellent pour leur santé. Mais cela ne règle pas la crise. Il a réussi à mobiliser toutes les oppositions contre lui. S'il ne fait pas beau cet été, ce sera certainement sa faute, selon les bien-pensants de la gauche montréalaise. Il est temps que cela cesse et que le Québec se resaisisse. Il faut des élections, mais sans M. Charest. Il est complètement brûlé. Qu'il démissionne comme premier ministre, qu'il soit remplacé par quelqu'un de neuf et qui a acquis une bonne cote dans l'opinion publique. Mme Lise Thériault par exemple, et que le Parti libéral et la Coalition Avenir Québec fassent une alliance électorale pour bloquer le Parti québécois et Québec solidaire. L'enjeu réel ne sera plus la vieille rengaine «fédéralistes contre séparatistes», mais le choix d'une vision du Québec entre la gauche revancharde et interventionniste dans tout et pour tout avec l'argent des autres et la démocratie libérale qui respecte les choix individuels tout en soutenant ceux qui en ont réellement besoin. Un nouveau gouvernement, quel qu'il soit, pourra ensuite prendre les décisions qui s'imposent et, espérons-le, les faire accepter par la population.

Marcel Belleau, Québec

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Message aux étudiants en grève

Réalisez-vous que votre mouvement de grèves et de manifestations vous coûte une fortune? Les 100 jours (et plus) perdus représentent, dans le futur, les 100 jours (et plus) de vos meilleures années de productivité. Le salaire moyen, en 2012, au Québec, est d'environ 120$ par jour. Dans quarante ans, il sera environ six fois plus, soit environ 720$ par jour. Vous venez de perdre 72 000$. Et ce n'est qu'un minimum. Pensez-y bien! De la part d'un bon père de famille.

Gilles Bilodeau, Québec

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Tout le monde tout nu dans la rue!

En 1903, pour protester contre tout ce qu'ils considèrent comme associé au matérialisme grandissant, des Doukhobors, vivant dans l'Ouest canadien, organisent une manifestation où ils défilent complètement nus.

Ces Doukhobors n'ont pas eu besoin de taper sur des casseroles, ce qui n'est pas conseillé par les fabricants de ces instruments si utiles en cuisine, qui produisent une cacophonie peu intéressante pour les oreilles québécoises habituées aux sons mélodieux de nos talentueux compositeurs.

Alors, pour diversifier et intéresser le monde entier, beau temps, mauvais temps, tout le monde tout nu dans la rue à compter de samedi soir. Ça devrait aider au tourisme à Montréal à la place de le rebuter.

Une affaire pour aider l'éducation et pour plaire aux exhibitionnistes et aux voyeurs.

Un autre problème de réglé... Au suivant !

Gilles Bousquet, St-Hyacinthe

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Ce discours, je le connais

Voilà 23 ans, je découvrais ce pays qui est désormais le mien.

D'après l'information et l'expérience que l'on peut avoir, toujours limitées et toujours très particulières, le Québec m'est tout de suite apparu comme une société idéale où on pouvait prendre racine si on devait quitter un jour sa chère patrie et ne pas se sentir trop déchiré.

Je ne vais jamais oublier la première fois où j'ai pris l'autobus. C'était à Longueuil, en janvier 1989. Quelle n'a pas été ma surprise quand le chauffeur en m'ouvrant la porte avec un sourire m'a saluée avec un «Bonjour, là!».

Ceci vous paraîtra peut-être une anecdote insignifiante si vous ne connaissez pas la réalité que d'autres citoyens d'autres pays vivent ou ont vécu à tous les jours pendant des années. À l'âge de mes élèves (13 à 16 ans), dans mon pays (et au même moment, dans beaucoup de pays dans le monde, particulièrement en Amérique latine), je ne devais surtout pas oublier de porter avec moi en tout temps mon document d'identité (fichier fédéral), car les forces de l'ordre avaient le droit d'exiger à ce que je m'identifie, faute de quoi elles pouvaient m'embarquer.

Cela m'a pris beaucoup de temps, une fois arrivée au Québec, à ne pas avoir peur des uniformes, à faire confiance au policier dans la patrouille et à m'approcher de lui si j'avais besoin d'un renseignement. En Argentine, pendant sept ans, les manifestations dans les rues étaient interdites. Les réunions de plus de 10 personnes étaient interdites. Les associations étudiantes étaient sous surveillance. Des gens disparaissaient, surtout des jeunes, surtout des étudiants universitaires. Il y a eu 30 000 disparus. On disait: «C'est des subversifs. Il faut arrêter le chaos. Il faut rétablir l'ordre».

Mais nous ne vivions pas dans une démocratie. Mon pays a vécu 7 ans de dictature. Heureusement, la dictature est tombée. Elle est tombée le jour où les manifestations ont commencé dans les rues. J'étais déjà à l'université. J'étais dans la rue. Quelques mois plus tard, je votais pour la première fois.

Le discours sur la loi et l'ordre, je connais... Il a pour moi une résonance effrayante. Je sens, au plus profond de moi, que nous sommes aujourd'hui, au Québec, à un carrefour. Il va falloir choisir le chemin que nous voulons emprunter: la liberté ou l'ordre.

Griselda Colla, Québécoise d'origine argentine

Enseignante et fière de nos jeunes

Neuville

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Le principe de réciprocité, vous connaissez?

En réaction au texte «Lerhe heureux du règlement à Québec» du journaliste Jean-François Néron

J'ai lu dans Le Soleil de ce matin, M. Lerhe que vous vous félicitiez du fait que la Ville de Québec ait un règlement qui interdise, sous peine d'infraction, d'insulter un policier. Il y a un mois environ, mon fils est entré chez le coiffeur, portant un carré rouge, alors qu'un de vos membres, mais manifestement pas en devoir, s'y faisait couper les cheveux. Immédiatement, cette personne s'est mise à insulter et menacer mon fils, lui qui n'avait strictement rien dit sauf saluer le coiffeur en arrivant. D'ailleurs, il n'aurait pu deviner le statut de l'insulteur, puisque celui-ci était en civil, mais ce dernier ne s'est pas gêné pour le mentionner son statut de policier, avec toute la suffisance qu'un manque de courtoisie élémentaire peut entraîner. Mon fils s'est d'ailleurs bien gardé d'argumenter. Nous sommes, jusqu'à preuve du contraire, en démocratie, et tout un chacun a le droit constitutionnel garanti de s'exprimer librement, tant que cela ne porte pas atteinte au droit d'autrui, lui aussi, garanti constitutionnellement. La réciprocité, cher Monsieur Lerhe, ça joue dans les deux sens. Et j'ajouterai que ce sont mes impôts, et ceux de mon fils qui font votre salaire; rien que pour ça, nous méritons un minimum de courtoisie dans nos relations avec vos collègues.

Luc Côté, Québec

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Les souliers du démineur

Deux heures du matin. Encore une fois éveillée, des images, des mots qui tournent dans ma tête. J'espère vainement que c'est un cauchemar, j'écoute le silence... mais je sais au fond que ce n'est pas un cauchemar au sens propre du terme et que c'est bel et bien au Québec que ça se passe.

Trois mois d'un conflit qui s'enfle; une crise qui n'en finit plus. M. Charest, mais qu'attendez-vous? Un ou des morts? Si vous vous donniez la peine de descendre dans les rues, vous verriez que cela se produira quasi inévitablement. Vous avez créé un monstre. Pire vous avez fait dériver le débat en utilisant les policiers comme des bouchons pour votre sourde oreille, des boucliers humains face à votre gouvernement. Le débat s'enlise maintenant dans une lente agonie qui oppose les étudiants et les policiers.

Les policiers font leur travail, certes certains avec plus de zèle que d'autres, et parfois même à outrance pour d'autres. Mais il est en de même parmi les étudiants. Derrière les mots de groupe «les policiers», «les étudiants», il y a des individus. Des pères, des mères, bref des êtres humains, avec leur défauts et leurs qualités. Ils sont fatigués. Leur famille leur manque, leurs enfants les réclament, et des drames personnels se jouent en coulisse. Ils font les frais de votre jeu de pouvoir et ils en sont aussi fatigués. Ce sont des humains pas seulement des boucliers et certainement pas vos boucliers. Pas les boucliers d'un gouvernement irresponsable qui les utilisent comme des pions, au mépris de ce qui est humainement possible d'exiger de ces gens.

Les étudiants aussi sont fatigués. Fatigués de ne pas être entendus, fatigués d'être ignorés. Certains pensent que manifester en paix ne sert à rien; le monde regorge d'exemples qui ont porté fruits après des nuits de violence. D'autres essaient de maintenir la paix à tout prix et veulent éviter la radicalisation du conflit, éviter les confrontations avec les policiers. Cela ne doit pas obligatoirement passer par là, certains en sont conscients, d'autres non.

Où cela nous mènera-t-il? Qui éclatera en premier?

M. Charest si vous étiez vraiment au fait de la situation, vous verriez cela avant tout chose. Vous verriez que tout le monde est assis sur une bombe sur le point d'éclater. En serez-vous le démineur ou le détonateur? La laisserez vous exploser pour servir vos intérêts? Ce n'est pas moi qui devrais faire de l'insomnie et me préoccuper pour le sort de ma patrie, pour le sort de mes amis qu'ils soient manifestants ou policiers. C'est vous. C'est vous le premier ministre, pas moi. Je ne voudrais pour rien au monde chausser vos souliers, mais je pense sincèrement que vous devriez les laisser à quelqu'un d'autre ou du moins chausser ceux d'un démineur pour mettre fin à cette situation avant que des morts ne viennent s'ajouter au bilan des derniers mois.

Valérie Ouellet, étudiante au doctorat, Québec

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Pour la reconnaissance des acquis des militants étudiants

Quelle que soit la couleur des petits carrés que nous pourrions porter, nous devrions tous convenir que, depuis plus de quatorze semaines, des milliers de jeunes du Québec ont fait preuve d'un engagement social vraiment extraordinaire.

Dans les deux camps du conflit, il s'est trouvé un grand nombre de jeunes qui ont choisi de briser le carcan de l'individualisme pour fondre leur bulle personnelle dans la plus grande bulle de la collectivité et dépasser le simple calcul du rapport coûts/bénéfices d'une comptabilité individuelle. Ils en sortiront tous gagnants et enrichis. Et nous aussi.

Selon le discours du gouvernement, ce mouvement sans précédent n'est rien d'autre qu'un gâchis et un gaspillage. Pour nous, professeurs ou citoyens de tous horizons, il s'est au contraire avéré, pour la jeune génération, l'occasion d'un développement personnel et collectif qui est porteur de tous les espoirs pour l'ensemble de la société. Nous en remercions d'ailleurs monsieur Charest de tout coeur, car ce sera le plus bel héritage qu'il nous aura laissé.

Plus que dans n'importe quel cours ordinaire, des milliers de jeunes ont su tirer profit de cette occasion pour développer en accéléré leurs aptitudes et pour acquérir de nouvelles compétences dans tous les domaines d'activité. Or, dans les collèges et les universités du Québec, il existe des politiques de reconnaissance des acquis qui se font en dehors du cadre strictement académique. Nous demandons instamment aux directions pédagogiques de ces institutions d'ouvrir largement la porte à la reconnaissance officielle de ces multiples acquis par l'octroi de crédits de cours.

Il est facile d'imaginer les hauts-cris poussés dans nos radios-poubelles et chez certains chroniqueurs d'autres médias si une telle idée parvenait à leurs oreilles, mais on peut espérer que ces cris se fondent dans le plus vaste tintamarre et que le bien-fondé de notre proposition l'emporte aux yeux des dirigeants de nos institutions d'éducation.

Carlos Manzi, professeur retraité du Cégep de Limoilou

Denis Blondin, professeur retraité du Cégep François-Xavier-Garneau

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On ne peut tout avoir...

De prime abord, on est tous portés à être favorables aux étudiants et à leurs revendications, et c'est bien ainsi. Et pourtant, pourquoi à partir d'un différend quelque peu marginal au départ avec les autorités gouvernementales, il a fallu déborder ainsi dans la violence et l'intimidation, jusqu'à perdre le sens des réalités et à changer le sens des mots. Ainsi, à entendre les vociférations des portes-parole de La CLASSE, et les propos nettement exagérés des autres leaders, on ne peut que déplorer cette dérive d'une culture du je-me-moi, qui ne sait se satisfaire d'un compromis honorable, portant particulièrement sur l'accessibilité aux études supérieures des plus démunis et de la classe moyenne.

Dans la vie, pour cette jeunesse dorée (à comparer avec la mienne), il faut finir par réaliser un jour qu'on ne peut tout avoir et qu'un compromis honorable est nettement préférable à perdre littéralement la face et bien d'autres choses. Et comme stratégie, pousser à l'exaspération toute un population et un gouvernement à la recherche d'une meilleure reconnaissance, n'est-ce pas jouer avec le feu et jusqu'à un certain point, prendre ses rêves pour des réalités?

Par ailleurs, il faudrait aussi se questionner sur les objectifs et les valeurs que recherche cette frange très militante de la jeunesse d'aujourd'hui, qui se tarde de bien beaux principes sur l'éducation, mais dont les propositions auraient comme résultats une dévaluation de nos institutions d'enseignement et l'émission d'une foule de diplômes à rabais, souvent dans des domaines plus ou moins pertinents, alors que le Québec d'aujourd'hui et surtout de demain aura besoin de plus en plus d'une main d'oeuvre compétente et expérimentée certes, mais pas nécessairement avec un diplôme universitaire. N'oublions surtout pas que notre société vieillissante présente une problématique sérieuse, et l'oublier ne peut que nous réserver des lendemains plutôt désagréables.

Un grand père retraité qui aime et adore la jeunesse, surtout celle qui affiche une lucidité et un sain réalisme de bon aloi.

Robert De Blois, Québec

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Mascarade gauchiste

Impressionnante la manif du 22 mai ou encore tout ce tintamarre de casseroles? Pas du tout. Seulement des artistes frustrés, des centrales syndicales ou tous des ennemis du gouvernement élu depuis 2003. Tous ces opportunistes en manque d'attention profitent d'une brèche malheureuse dans notre démocratie unique, pour s'associer à une portion d'étudiants radicaux et gâtés, infiltrés par des casseurs anarchistes.

Non, la très grande majorité de la population québécoise n'agit pas comme un adolescent attardé. Elle ne se reconnaît pas dans la doctrine maoïste. Elle se refuse de mentir de façon éhontée sous de faux prétextes. Elle ne prêche pas la désobéissance civile.

À tous ces prétendus défenseurs d'une liberté d'expression captive de leur arrogance ou de leur fourberie, je citerais Platon, philosophe grec 429-347 avant J-C pour les ignares : «Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leur parole, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne se reconnaissent plus au-dessus d'eux, l'autorité de rien ni personne, alors c'est là en toute beauté et en toute jeunesse le début de la tyrannie...»

Michel Noreau, Québec

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Un vrai mot à dire

Nous vivons une crise sociale et politique comme jamais le Québec en a vécue. Les gouvernements à tous les paliers doivent être conscients qu'ils ne peuvent plus faire de la politique comme avant. Avec l'arrivée des nouvelles technologies les gens ont le goût de communiquer, de s'exprimer et surtout de participer aux orientations politiques. Ils ne veulent plus donner un mandat en blanc aux élus. Oui, ils sont élus pour une durée de deux à cinq ans, toutefois, il ne faut pas qu'ils croient qu'ils peuvent faire tout ce qu'ils veulent. Je crois que cette période est terminée. Les citoyens veulent être des acteurs importants dans le processus démocratique de la prise de décision. Il sont prêts à descendre dans la rue et le dire. Les politiciens ne peuvent plus ignorer cela et doivent trouver un moyen d'élargir la participation du peuple dans les orientations de l'État.

Jacques Larose, Québec

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Chicane ou révolution ?

L'augmentation des frais scolaires divise le Québec. Malheureusement, ce débat est vain : il ne consiste pas à déterminer qui va payer, mais quand : sortir de l'argent de votre poche d'étudiant maintenant pour payer votre cours ou en sortir plus tard de votre poche de travailleur sous forme d'impôt pour payer les études des autres. Vous payez, vous, dans les deux cas. Ce débat est aussi inutile qu'une chicane de ménage pour déterminer qui va signer le bordereau de retrait dans un compte conjoint. Au final, ça reste le même argent et ça déplace le problème de financement sans le régler. L'argent du gouvernement et le nôtre, c'est le même!

La jeunesse se lève? Bel et bien. J'en rêvais. Mais elle se lève pour une poignée de dollars. Pas pour un monde meilleur. Triste. Un monde meilleur mettrait les voleurs institutionnels au pas et ferait de la politique avec bon sens plutôt que pour racoler des votes. Un monde meilleur sauverait la langue et la culture de ses ancêtres. Levez-vous pour ça, pas pour les miettes que les vrais riches laissent tomber de leur table. Pendant que vous nous cassez les oreilles, les voleurs de la construction et les multinationales qui exportent leur profits se réjouissent : les vaches à lait se battent entre elles. Pendant que vous vous battez pour les miettes qu'ils vous ont laissées, ils se tirent avec le coffre-fort. Pendant que vous tapez sur des casseroles, Harper coupe dans le chômage et enlève des fonds à la recherche fondamentale.

Et où êtes-vous? Dans un party de casseroles...

Michel Binette, Québec

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Tapez fort sur vos casseroles

Les premières assises régionales des États généraux sur la souveraineté du Québec se sont tenues dimanche dernier 27 mai à Québec. Vous ne saviez pas? C'est sûrement le vacarme des casseroles qui vous a empêché d'entendre l'appel. Je n'y suis pas allé non plus, même si j'ai contribué à la rédaction du document de travail. Si je m'y étais présenté, j'aurais défendu le point de vue qui n'a pas été retenu par les commissaires : je ne crois pas qu'on puisse relancer le débat sur la souveraineté en se limitant aux blocages du régime fédéral et en ignorant nos propres blocages engendrés par le modèle néolibéral de développement qui nous est infligé depuis trente ans. Un point de vue qui n'a pas été entendu non plus par le CA du SPQ Libre où je siège depuis plus de deux ans.

J'ai songé à ne pas y aller quand j'ai appris que les participants ne pourraient s'exprimer qu'en atelier et que la plénière serait réservée à faire la synthèse. Vieille tactique bien connue pour faire taire les voix discordantes. Mais, c'est la manchette du Devoir de samedi qui m'a convaincu de rester chez moi: Ras-le-bol des politiques néolibérales. Je me suis dit que si nos leaders souverainistes ne nous entendent pas c'est qu'ils souffrent de surdité politique. C'est la pire des surdités, car il n'y a pas d'appareils auditifs pour celle-là. Continuons à taper fort sur nos casseroles. Ils finiront bien par nous entendre.

Jacques Beaumier, Québec

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Le jeu des cônes oranges

La semaine dernière, les innombrables barrages de cônes oranges ont presque eu raison de mon misérable et obsolète GPS quand je voulus me frayer un chemin jusqu'au studio de télé où m'attendait Mario Dumont.

Je me suis senti envahi, presque agressé. Je voyais leurs gros yeux menaçants, admirablement bien rendus par Chapleau pour son Laflaque, me signifier que je n'étais pas le bienvenu à Montréal. Une armée de cônes oranges, tous dressés contre moi.

Mais une armée, aussi caoutchouteuse, passive et immobile soit-elle, ça peut servir aux tis-morveux qui troublent la paix tous les soirs à Montréal, dont certains sont drapés de leurs oripeaux nationalistes. Pourquoi alors ne se servent-ils pas de ces cônes oranges comme projectiles contre nos braves policiers? C'est gratos, comme ils aimeraient bien que tous les services qu'ils réclament à cor et à cris le soient, c'est abondamment disponible sur place, contrairement aux coûteuses boules de billard, c'est plus répandu que les pavés - avez-vous déjà essayé de lancer un nid de poule?- c'est fluo et donc plus visible au bulletin de nouvelles que les bombes lacrymogènes de l'adversaire et ça fait moins mal qu'une pierre, un pavé ou une boule de billard ou de pétanque.

Les deux camps peuvent se les retourner mutuellement et indéfiniment, donc on peut jouer ainsi toute la nuit aux «cônes oranges», sans blesser personne. Celui qui a la pile la plus haute à trois heures du matin est proclamé gagnant. Il suffit de les remettre en place au petit matin, enfin de continuer d'emmerder les automobilistes comme moi. Le jeu peut reprendre la nuit suivante.

Je songe à déposer un brevet.

Reynald Du Berger, Québec

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La loi 78 n'interdit pas de manifester

La loi 78 adoptée par l'Assemblée nationale du Québec pour mieux encadrer les manifestations dans les rues n'empêche pas les citoyens de parader pour la cause qu'ils désirent, contrairement à ce veulent faire croire des manipulateurs, des anarchistes et des désinformateurs au sein même d'associations étudiantes, de syndicats et de représentants de diverses organisations.

Il est bien évident que plusieurs sympathisants qui se sont mêlés aux groupes étudiants pour les appuyer contre la hausse des droits de scolarité étalée sur cinq ans veulent profiter de l'occasion, pour forcer le premier ministre actuel légitimement élu à déclencher des élections avant la fin de son mandat. Ce qu'il n'est pas obligé de faire en vertu de la loi électorale et face à la crise actuelle.

Les libertés civiles sont respectées. Il serait très surprenant que les tribunaux qui doivent bientôt entendre la cause des opposants, déclarent que la loi 78 est anticonstitutionnelle et qu'elle brime les droits protégés dans les Chartes canadienne et québécoise des droits et libertés. En effet, la loi 78 ne fait que mettre des balises pour toute manifestation (annonce obligatoire des organisateurs de la date, de l'heure, du parcours et du transport utilisé sous peine de fortes amendes). Elle vise à empêcher des actes de vandalisme et à permettre aux policiers d'assurer la sécurité de tous les citoyens et de leurs biens; à permettre aussi aux policiers, de mieux planifier leurs interventions sur le terrain. Ce qui est tout à fait logique et légitime dans les circonstances. Cette loi aurait dû être adoptée au Québec bien avant le conflit étudiant actuel, comme il en existe d'ailleurs aux États-Unis, en France et en Espagne. Ce qui aurait sûrement pu en réduire la longueur. Car, la crise sociale dure depuis plus de trois mois et persiste encore, malgré l'écoeurement de milliers de citoyens qui ont hâte qu'on passe à autres choses.

Aucun gouvernement responsable (tous partis confondus) ne cautionnera jamais le désordre, la désobéissance civile, le chaos, l'anarchie, les injures aux policiers, les actes de vandalisme de toutes sortes (bris de vitrines de magasins, de vitres d'automobiles et de mobilier public, etc.) commis par des individus ou des groupes contestataires, sous le fallacieux prétexte de droits et libertés à protéger, peu importe le prix à payer par la société.

André Delage, Québec

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On a perdu la mémoire...

Je sais que tous doivent respecter la loi, y compris les étudiants. Je sais aussi que les droits de scolarité sont plus faibles ici que dans bon nombre de pays ailleurs dans le monde. Bien sûr, je sais également que les universités ont besoin de financement pour être reconnues sur la scène internationale et attirer les meilleurs professeurs-chercheurs (indissociable). Donc, les étudiants ont tort de se plaindre.

Mais je sais aussi que certaines lois sont discutables. Comme je sais que dans certains pays, les femmes doivent se voiler, parfois de la tête au pied, obéir aux hommes de la famille, se marier et procréer contre leur gré... Donc l'exemple étranger n'est pas toujours une source d'inspiration.

Et je sais en outre qu'il existe des paradis fiscaux, que certains d'entre nous ne paient pas leur juste part d'impôts, et que les plus riches ont accès à une panoplie de déductions fiscales... mais il est plus simple et beaucoup plus rapide d'aller chercher l'argent qui manque dans les poches peu profondes des étudiants, dans celles plus accessibles de la classe moyenne que dans les coffres-forts bien protégés des mieux nantis à qui profitera sans doute un jour le savoir de haut niveau de ces étudiants qui s'endettent aujourd'hui pour être plus performants demain.

Ces enfants-rois qu'on fustige, sont-ils si différents des enfants de la génération du flower-power et du peace and love qui voulaient changer le monde il y a 60 ans? N'avons-nous donc aucune mémoire, nous les idéalistes qui chantions «c'est le début d'un temps nouveau...» Pourquoi tirer sur les messagers d'une société en quête de renouvellement?

Diane Duquet, Lévis

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L'intimidation et ses conséquences

Si le mouvement étudiant contre la hausse des droits de scolarité avait été appuyé par un large consensus de la base, obtenu par vote électronique auprès de tous les étudiants, aucun geste pour bloquer l'accès aux sessions scolaires n'aurait été nécessaire puisque le boycott des cours aurait été exercé naturellement par la majorité.

En introduisant des gestes d'intimidation et de coercition parmi l'éventail de leurs modes d'action, les syndicats étudiants ont fait état du pauvre appui de leurs revendications auprès de leurs membres. Le faible taux de participation aux assemblées étudiantes s'explique en partie par l'éloignement ou les obligations de plusieurs, mais surtout par l'atmosphère d'intimidation qui y règne : le vote à main levée en est le reflet.

Sans ces gestes d'intimidation et de perturbation de la paix sociale, il n'y aurait pas de loi spéciale aujourd'hui. Nul besoin d'un doctorat pour comprendre ça!

Michel Vallières, Québec

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Propos odieux

J'ai entendu deux animateurs de radio à Québec qui proposaient de mettre fin au conflit en ne prêtant plus attention aux étudiants et en faisant débarquer l'armée de Harper. Et si tout cela ne fonctionnait pas, la prochaine étape, ce serait l'élimination? Le dictionnaire écrit, entre autres, sur le fascisme: «Un homme devient fasciste à mesure que la partie souple de sa pensée se change en coquillage.» Ce qui est rassurant dans tout ça, c'est que la plupart des animateurs et journalistes proposent de mettre fin à cette crise avec discernement...

Odette Lapointe, Québec

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