D'emblée, je tiens à préciser que je n'avais pas l'intention de rédiger un article sur le nouvel archevêque de Montréal: sa nomination, correspondant au genre d'évêques recherchés par le Vatican, ne m'avait pas trop surpris.
Ses positions conservatrices ayant défrayé la chronique ont cependant suscité diverses réactions, dont l'article intitulé «Des principes immuables» paru dans La Presse. Cet article est à l'origine de celui-ci, en raison d'un sérieux dérapage envers des personnes: conséquence logique d'un certain discours théologique véhiculé dans les milieux catholiques de droite.
Bien qu'il semble sympathique et facile d'accès, il est à souhaiter que Mgr Lépine n'inspire plus d'articles de cette nature par des déclarations rappelant celles d'un certain archevêque... Notre Église n'a nullement besoin de pasteurs discréditant davantage l'institution ecclésiale avec des «principes immuables» déconnectés du vécu de beaucoup d'hommes et de femmes d'aujourd'hui.
Ce dont l'Église d'ici a besoin, ce sont des pasteurs de la trempe d'un Jean XXIII, d'un Oscar Romero, d'un Dom Helder Camara, d'un Guy Riobé, d'un Jacques Gaillot, d'un Adolphe Proulx, d'un Maurice Couture et d'un Raymond Gravel, pour ne nommer que ces derniers.
Ce dont l'Église d'ici a besoin, ce sont des pasteurs s'élevant contre toute forme d'injustice et de discrimination; des pasteurs attentifs aux préoccupations et aux aspirations du monde contemporain; des pasteurs ouverts au dialogue et aux idées nouvelles; des pasteurs progressistes conscients que le Saint-Esprit peut souffler là où Il veut et de la manière qu'Il le désire, indépendamment du clergé.
Espérons que Mgr Lépine deviendra l'un de ces pasteurs dont notre Église a besoin: en mon nom et conscience, l'Église catholique du Québec n'a réellement pas besoin d'un autre cardinal Ouellet!
Jean-Charles Castilloux, Québec