Il semble que la nouvelle tendance dans la psyché profonde des Québécois consiste à ne considérer comme options de changement valable d'automobile que celles qui déplacent plus d'air, qui consomment plus de pétrole ou qui font paraître son propriétaire comme puissant et accompli*. Des publicités récentes montrent même un modèle qui prétend déclasser les hybrides, sans parler de pickups tellement puissants qu'ils déifient son acquéreur...
Je dirais pour ma part que ces choix les font plutôt paraître comme des parvenus. Surtout ceux dont l'intellect profond - i.e. ceux dont le cerveau reptilien - les font choisir un véhicule parce que leur besoin de soi-disant confort est inaliénable ou bien que leur besoin de sécurité est incommensurable...
Alors qu'ils ont les moyens de se payer des hybrides ou des électriques, la réalité montre bien comment un Québécois typique peut avoir honte de ses ressources électriques; un peu comme si ce n'était pas une matière assez solide pour lui, une énergie non fiable. Le pétrole, lui, reste le roi des matériaux et n'enrichira bientôt plus que les actionnaires des compagnies pétrolières et les spéculateurs de ce marché lucratif, en plus de continuer d'être criminel devant l'environnement.
En terminant, je tiens à dire que mon analyse n'est associée à aucun parti ni association «écologique», sans que je les dénigre d'autre part; car il me suffit en tant que cycliste et monteur de roues de regarder ce qui se passe dans la rue pour y déceler ces travers de l'inconsistance collective encouragés par la publicité : narcissisme, individualisme, sentiments de puissance et de sécurité, libertés factices.. en plus de «Radio-Xisme». Au Québec, l'immobilisme a un nom: VSA = Véhicules Sport Autoritaires.
Michel Viger, Québec
*Selon Statistiques-Canada, il se vent en moyenne depuis dix ans environ 415,000 véhicules neufs par année et de ceux-ci, 185 000 ont été des fourgonnettes, camions lourds ou autobus en 2011.