Que ce soit clair: le problème dans la réorganisation qui se fait actuellement à Service Canada n'est pas que Thetford Mines, une ville dont l'économie s'est vue gravement fragilisée avec la crise manufacturière, reçoive de nouveaux emplois à Service Canada. Ce n'est pas non plus le fait qu'un député, voire un ministre, travaille à attirer dans sa circonscription de nouveaux salariés; c'est une partie inhérente de son travail. Par compte, sur la manière de faire et les règles de l'art, c'est une autre histoire.
On sait au moins depuis 2009 que Rimouski devait accueillir l'un des 22 centres de traitement de Service Canada et que Thetford Mines n'était pas sur la liste. On sait également que le ministre Paradis est intervenu auprès de sa collègue Finley afin de faire connaître les atouts de sa propre ville, Thetford Mines. Est-ce que cette intervention était légale? Respectait-elle les règles de l'éthique? On ne le saura que lorsque la commissaire à l'éthique aura terminé son enquête. Cependant, le seul fait qu'elle ait accepté d'enquêter confirme qu'il y a apparence de conflit d'intérêt.
Là où le bât blesse dans toute cette histoire, c'est qu'on entend maintenant fermer carrément le centre de Rimouski! C'est là, à mon sens, que tant le ministre Paradis que le ministre Laurent Lessard, responsable, entre autres, de l'occupation du territoire, devraient rougir de honte! Qu'on ajoute un centre de plus, pas de problème!, mais qu'on déshabille une région pour en habiller une autre, ça ne passe pas!
Avec près de 100 000 demandes d'assurance-emploi en attente d'être traitées, soit 20 000 de plus qu'aux fêtes, il semble évident que la charge de travail justifie la présence de deux centres, l'un à Rimouski et l'autre à Thetford Mines. C'est pourquoi nous invitons tous les élus, les acteurs socio-économiques et la population à travailler avec nous. Au nom des travailleuses et des travailleurs de Rimouski et, nous l'espérons, de ceux de Thetford Mines, nous osons croire que nous ne tomberons pas dans le piège, si facile, du concours de la région la plus mal en point.
Yanick Proulx, président, Conseil Régional FTQ Bas-St-Laurent - Gaspésie - Les Îes
Alain Harrison, conseiller régional, FTQ Bas-St-Laurent - Gaspésie - Les Îles