Chers anciens membres de l'Action démocratique maintenant devenus coalisés,
Je suis certain que vous étiez honnêtes lorsque vous souteniez que la façon la plus efficace de réformer le Québec rapidement avec notre programme passait par une coalition. Cependant, le fait que Legault n'ait réellement daigné montrer patte blanche avant l'union laisse présumer que la relation après ce mariage ressemblera à celle de Donalda et Séraphin dans Les Belles histoires des pays d'en haut. Une union fondée sur la convenance qui se traduit au quotidien par deux personnages incompatibles; un apporte le pouvoir, l'autre travaille d'arrache-pied en fonction des volontés et des valeurs de celui qui apporte le pouvoir.
Vous dites que le programme de la CAQ s'est majoritairement approvisionné de propositions provenant des cahiers de propositions adéquistes. Il est vrai que la plupart des propositions incluent dans la liste des 20 objectifs ciblées par la coalition de gauche efficace proviennent textuellement du programme de l'ADQ. Malheureusement, on ne peut pas dire l'inverse. Il manque encore beaucoup d'éléments importants du programme de l'ADQ, notamment instaurer le scrutin secret pour l'accréditation syndicale, retirer aux villes le droit de taxer l'essence, la tenue d'élections à date fixe... Ce qu'il manque également, c'est un plan sérieux de remboursement de la dette publique ainsi qu'un réajustement des cotisations aux retraites. En 2025, il n'y aura que deux Québécois au travail pour chaque retraité. Grâce à vous, les québécois n'ont désormais plus aucun parti qui offre de réduire la taille du gouvernement et rembourser la dette publique.
Je ne crois pas que les gens qui ont travaillé de près ou de loin avec le comité Restons ADQ se définissent comme des militants trop à droite idéologiquement. Nous sommes plutôt des citoyens à droite du centre descendant idéologiquement de la mise en garde face à la dette nationale ainsi qu'à l'aléa morale des Québécois tel que dénoncé par le Manifeste pour un Québec lucide de Lucien Bouchard en 2006.
Certains pensent que lorsque le Québec aura frappé le mur, il n'y aura d'autre choix que d'entreprendre les réformes nécessaires pour redresser la situation. Or, la récente réaction de la population de la Grèce suite à l'action de ses créanciers a été étonnante. Leur comportement d'irresponsabilité face aux finances publiques ne s'est pas amélioré et une partie de la population est entrée en grève de surcroit! Ce précédent démontre que nous devons changer la culture gouvernementale pour un gouvernement moins omniprésent et réinstaurer une plus grande culture de responsabilité individuelle parce que, collectivement, nous avons beaucoup trop dépensé.
L'invitation m'a été lancée à maintes reprises pour que j'en vienne à consentir à monter à bord du véhicule de M. Legault. Eh bien non merci, allez-y sans moi, je prendrai le prochain!
En vous souhaitant que l'ADN de l'ADQ se retrouve réellement au sein de la Coalition avenir Québec.
Denis Claveau
15e et dernier président de la Commission des jeunes de l'Action démocratique du Québec.