Hausser la mise de fonds: une mauvaise solution

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Les jeunes familles seraient fortement pénalisées si la mise de fonds initiale pour l'achat d'une propriété pourrait être haussée considérablement, estime l'auteur.

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Le Soleil

Le président et chef de la direction de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), Evan Siddall, a fait valoir dans un discours qu'il a prononcé vendredi dernier devant la Banque d'Angleterre, à Londres, que la mise de fonds initiale pour l'achat d'une propriété pourrait être haussée considérablement. Il s'agit d'une hypothèse pour le moins inquiétante et qui envoie un très mauvais signal à un marché immobilier où règne déjà l'incertitude.

Il ne faut pas chercher très longtemps pour comprendre que ce sont les jeunes familles qui seraient fortement pénalisées si jamais cette hypothèse devenait réalité. 

Le gouvernement fédéral tient présentement sous haute surveillance le marché immobilier canadien, car il veut prévenir l'apparition d'une bulle immobilière. Personne ne va remettre en question que les marchés de Vancouver et de Toronto présentent en effet des problématiques. Mais attention ! Ce n'est pas le cas pour Montréal et il serait dommage qu'une fois de plus, le gouvernement fédéral retienne une solution qui vise l'ensemble du marché canadien. D'autant plus que dans ce cas-ci, n'ayons pas peur des mots, il s'agit d'une bien mauvaise solution.

À l'heure actuelle, la mise de fonds nécessaire est de 5 %. Soulignons que l'accession à la propriété est rendue plus difficile depuis quelques années en raison de l'augmentation du prix des maisons. En effet, le prix moyen des habitations unifamiliales au Québec est passé de 110 000 $ en 2000 à 266 500 $ en 2015. La mise de fonds nécessaire a donc suivi cette hausse et est passée de 5 500 $ en 2000 à 13 300 $ en 2015, soit plus du double! 

En 2013, l'APCHQ a réalisé une enquête auprès des jeunes de 18 à 39 ans qui révélait que l'accumulation de la mise de fonds constituait le principal obstacle pour 70 % des répondants qui souhaitaient accéder à la propriété. Ceux-ci déclaraient avoir les moyens de faire les paiements hypothécaires mensuels et n'exposaient donc pas le marché immobilier à un risque. Toutefois, il leur était difficile d'amasser parfois jusqu'à 20 000 $ pour la mise de fonds, la taxe de bienvenue, les frais de notaire, etc. 

Accéder à la propriété est un vecteur de richesses qui permettra aux jeunes familles d'avoir un actif solide lorsqu'ils seront rendus à l'âge de prendre leur retraite. Or, le Québec accuse un retard qui ne date pas d'hier quant au taux de ménages propriétaires. Alors que nous nous situons à 61 %, les autres provinces canadiennes oscillent entre 70 et 78 % de ménages propriétaires. 

Ce n'est donc pas avec une idée de la sorte que le Québec rattrapera ce retard. Augmenter le seuil minimal pour la mise de fonds viendrait frapper de plein fouet le marché immobilier québécois et canadien ainsi que les jeunes familles qui rêvent d'acheter leur première habitation. Nous demandons au gouvernement fédéral et au ministre des Finances, Bill Morneau, de rejeter rapidement et sans ambiguïté cette hypothèse.

François-William Simard, Vice-président Développement stratégique et Communications, APCHQ

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