Un forum qui piétine

Marche dans les rues de Porto Alegre, au...

Agrandir

Marche dans les rues de Porto Alegre, au Brésil, pour inaugurer le Forum social mondial en 2001.

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) ÉDITORIAL / Le Forum social mondial n'est plus ce qu'il était. On ne s'y bouscule plus autant qu'avant. Mais soyons clairs : s'il n'existait pas, il faudrait l'inventer... Et puisqu'il existe, il faut le réinventer.

«Réinventer le Forum social mondial, dont la 12e édition se déroule à Montréal!» Voilà une injonction que les organisateurs de cette grand-messe internationale entendent depuis des années.

Ils se font reprocher le fouillis de l'exercice, le nombre effarant de thèmes abordés, le fait que rien ne soit oublié afin de faire plaisir à tous les groupes sociaux. Eux revendiquent presque ce fouillis!

Très bien. Après tout, ces événements s'adressent d'abord à ceux qui y participent. Ils sont un lieu d'échange d'une certaine gauche.

Mais pour qu'ils permettent à nos sociétés d'aller plus loin, pour qu'ils continuent d'y contribuer - car ils y ont contribué -, il faudrait y mettre un certain ordre, même si le mot ne fait pas partie du vocabulaire de l'événement. On y privilégie trop le foisonnement.

Mettre de l'ordre, c'est aussi affiner certaines critiques, revoir des angles d'attaque. C'est se demander s'il ne faudrait pas remettre en question des dogmes. La dénonciation tous azimuts des traités de libre-échange, par exemple.

Lorsqu'un populiste et démagogue de l'ultradroite américaine comme Donald Trump menace de les déchirer, il y a, à tout le moins, matière à réflexion, non?

Autre exemple : promouvons-nous mieux l'égalité des chances et combattons-nous mieux les inégalités sociales en investissant massivement dans l'éducation à la petite enfance et dans les écoles des quartiers défavorisés ou en rendant l'université «gratuite», comme le revendique une certaine gauche québécoise?

Au début de l'aventure, on pouvait écrire, comme nous l'avions fait, que le Forum social de Porto Alegre et le Forum économique de Davos illustraient le fossé entre deux mondes. On avait le choix des clichés en noir et blanc : les sympas contre les salauds, le froid des Alpes contre la chaleur du Brésil, la samba contre les salons feutrés d'hôtels, les gentils et les méchants.

Deux grands-messes internationales... Dans le coin «gauche» : Porto Alegre; dans le coin «droit» : Davos. La première a tant bousculé la seconde qu'en 2005, il convient de le rappeler, le Forum économique de Davos a joué aux altermondialistes. Cette année-là, ceux qui se faisaient accuser d'être les chantres du néolibéralisme - la critique a baissé d'une tonalité depuis - ont planché sur les moyens de réduire la pauvreté et les inégalités dans le monde.

Bien des représentants de gouvernements de «gauche» ou de «centre gauche» faisaient avec ravissement le voyage à Porto Alegre, au Brésil, au début des années 2000. Ils cherchaient à se donner du lustre auprès d'une partie de leur électorat.

Si le Forum social mondial n'existait pas, il faudrait l'inventer, car il a contribué à rendre des thèmes incontournables, comme celui d'une mondialisation plus équitable; une mondialisation maîtrisée qui ne serait plus laissée aux seules forces du marché et soumise aux diktats de la finance internationale. Les altermondialistes ont contribué à une prise de conscience.

S'il faut le réinventer, c'est pour que ses messages ne soient pas entendus uniquement comme des slogans d'activistes, mais qu'ils irriguent à nouveau des débats jusque dans les sphères politiques.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer