Dans la rue et aux urnes pour l'égalité

Le refus de mettre sur pied une commission... (Photo Yan Doublet, Archives Le Soleil)

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Le refus de mettre sur pied une commission d'enquête nationale sur la disparition de 1200 femmes autochtones fait partie des décisions «d'une dureté sans nom» que le gouvernement Harper a prises à l'encontre es femmes, estime l'auteur.

Photo Yan Doublet, Archives Le Soleil

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Point de vue
Le Soleil

Alors que la quatrième action internationale de la Marche mondiale des femmes bat son plein, force est d'admettre que les droits et la situation économique des Québécoises et des Canadiennes s'effrite tous les jours un peu plus. À l'heure actuelle, l'un des principaux obstacles qui se dressent devant elles est honteusement incarné par le gouvernement de Stephen Harper, qui tente de se faire réélire en se posant en défenseur de leurs intérêts, comme il se pose subitement en ardent défenseur du fleuve et des poissons à Montréal. Il est temps de rétablir les faits.

Les effets désastreux des politiques de Stephen Harper concernant les femmes, souvent adoptées en catimini, s'accumulent hélas dans l'indifférence générale. Au seul chapitre de l'emploi, on ne compte plus les attaques frontales que ce gouvernement leur a fait subir. À la suite des compressions qu'il a imposées à la fonction publique fédérale, des milliers de Québécoises et de Canadiennes ont brutalement été écartées des emplois de qualité qu'elles occupaient. Les données du Conseil du Trésor fédéral sont en effet troublantes à ce sujet : depuis 2011, pas moins de 25 214 postes ont été abolis. Or, les femmes composent plus de la moitié de la fonction publique fédérale (55 %), et occupent 84 % des postes de l'administration. La volonté du gouvernement Harper de sabrer dans les congés de maladie des employées et employés de l'État vient aussi démontrer son manque de considération pour les femmes qui en ont davantage besoin, ne serait-ce que pour les suivis de grossesse. 

L'abolition du programme de contestation judiciaire, l'élimination du programme national de garderies, la destruction des données du registre des armes d'épaule, le report de l'âge d'admissibilité aux prestations de Sécurité de la vieillesse de 65 à 67 ans, le retrait du financement déjà octroyé à 12 organismes venant en aide aux femmes, le refus de mettre sur pied une commission d'enquête nationale sur la disparition de 1200 femmes autochtones, pour ne nommer que quelques mesures, constituent autant de décisions d'une dureté sans nom pour les mères, les immigrantes, les retraitées, les aînées, les victimes de violence, les autochtones. Ironiquement, la seule réponse du gouvernement Harper face aux besoins criants de ces groupes de femmes consiste à vouloir interdire le niqab en pleine période électorale, alors qu'il a si souvent porté atteinte à leurs droits. La fin justifie les moyens pour se faire du capital politique...

La perle des perles a été d'apprendre tout récemment que la ministre de la Condition féminine fédérale, Kellie Leitch, est une pro-vie qui partage cette position avec ses nombreux collègues masculins, eux aussi antiavortement et anti-mesures sociales. Une première tout à fait loufoque digne du gouvernement conservateur actuel.

Une lutte perpétuelle

Aucun progrès social, fut-il enchâssé dans une législation, n'est jamais gravé dans le marbre : l'histoire contemporaine démontre que les lois peuvent devenir des colosses au pied d'argile. 

On me répondra peut-être que je suis alarmiste et que les gains du mouvement féministe sont éternels. Certains oseront même prétendre que les femmes ont obtenu la pleine égalité avec les hommes et remporté toutes les victoires nécessaires à leur plein épanouissement. Dans une situation aussi paradisiaque, elles n'auraient plus qu'à se laisser porter par la vague de cette égalité qui leur a été accordée par des hommes d'État si bienveillants... Quelle vision utopique et paternaliste. 

Lors de la première action de la Marche mondiale des femmes, en 2000, il était permis aux femmes de rêver d'un monde meilleur. La marche de 2015, quant à elle, qui culminera dans un rassemblement national à Trois-Rivières le 17 octobre, vise à empêcher les idéologues conservateurs de tous acabits de faire basculer leur monde de façon irréversible. 

Véronique De Sève, vice-présidente de la Confédération des syndicats nationaux

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