JO de Londres: héritage et exclusion

Cinq ans après les jeux Olympiques, le quartier... (AFP, NIKLAS HALLE'N)

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Cinq ans après les jeux Olympiques, le quartier populaire de Stratford, dans l'est de Londres, a opéré une mue spectaculaire avec l'arrivée d'une gare ultramoderne, d'un centre commercial flambant neuf et de grands espaces verts.

AFP, NIKLAS HALLE'N

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Alexandra DEL-PERAL
Agence France-Presse
Londres

Gare ultramoderne, centre commercial flambant neuf, grands espaces verts... Cinq ans après les jeux Olympiques, le quartier populaire de Stratford, dans l'est de Londres, a opéré une mue spectaculaire, mais a aussi vu le prix de l'immobilier exploser, chassant une partie de ses habitants.

«C'est le paradis, regardez autour de vous, toute cette verdure!», lance entre deux étirements Richard, 29 ans, habitant du quartier, avant de s'engouffrer dans le Parc olympique pour son jogging quotidien.

Ancien bastion industriel, Stratford, populaire et cosmopolite, a vu son image se modifier profondément avec la tenue des JO 2012. Finis les terrains vagues laissés à l'abandon, place désormais aux immeubles modernes au design soigné et aux espaces verts entretenus.

Car l'objectif était clair : transformer ce quartier déshérité et rongé par le chômage en un territoire urbain et attractif.

«Toute la zone autour de Stratford a été complètement transformée et régénérée», souligne Hugh Robertson, le ministre des Sports durant les Jeux, interrogé par l'AFP.

Quant aux infrastructures olympiques, elles ont démarré une nouvelle vie.

Le stade est devenu depuis l'été 2016 la nouvelle «maison» du club de football de l'est de la capitale britannique, West Ham. «Multi-usage», il a également accueilli les championnats du monde d'athlétisme en août.

Le centre aquatique, conçu par l'architecte Zaha Hadid, a lui été rapidement ouvert au public après les Jeux. Il continue aussi à accueillir des compétitions comme les championnats d'Europe de natation en 2016 ou encore une compétition de plongeon en 2014.

L'organisme responsable des infrastructures olympiques (LLDC) se targue sur son site Internet d'avoir participé au renouveau économique du quartier, longtemps condamné à un taux de chômage au-dessus de la moyenne de la ville, avec l'implantation de nombreux commerces et restaurants.

Un dynamisme qui contraste avec ce qu'ont connu d'autres villes comme Athènes ou Rio, où l'expérience olympique a plutôt été synonyme de gouffre financier et d'équipements en déshérence.

Abordable pour qui?

La «régénération» du quartier n'a cependant pas profité à tous ses habitants. Comme souvent, elle s'est accompagnée d'une envolée des prix de l'immobilier qui en a contraint certains au déménagement.

«Quand une zone a été profondément régénérée, les prix de l'immobilier augmentent et cela bénéficie évidemment aux personnes qui sont propriétaires», constate Hugh Robertson. Selon lui, l'un des «objectifs-clés» était aussi de s'assurer qu'il y ait suffisamment de logements sociaux pour les personnes à bas revenus, mais «c'était de la responsabilité du maire» de Londres.

Beaucoup de propriétaires ont profité des Jeux pour se débarrasser de leurs anciens locataires afin d'augmenter les loyers, poussant de nombreux habitants à s'exiler hors de leur quartier d'origine, constate Penny Bernstock, spécialiste du logement et du changement social dans l'est de la capitale britannique.

Mme Bernstock souligne par ailleurs que le nombre de sans-abri à Newham (le district qui inclut Stratford) a augmenté de 51 % entre 2012 et 2015, contre 32 % pour la capitale dans son ensemble.

Si la chercheuse reconnaît des avancées en matière de transports et logements, elle estime qu'il y a aujourd'hui «deux mondes qui cohabitent» : le vieux Stratford, pauvre, et le nouveau, «aisé».

«Nous sommes venus ici parce que nous savions que nous ferions une bonne affaire. C'est verdoyant, il y a des transports, des magasins, et c'est calme», explique tout sourire Mary Ridley, 34 ans, qui s'est installée dans le quartier il y a tout juste deux ans avec son époux.

Le couple de cadres supérieurs a quitté l'ouest de Londres où ils vivaient depuis huit ans pour s'installer à Stratford. «Les prix étaient plus abordables que dans l'ouest», explique-t-elle.

«Abordable, oui, mais pour qui?» s'emporte Penny Bernstock.

«En 2012, le district de Newham révélait que seulement 12 % des résidents gagnaient plus de 50 000 livres (80 000 $CAN) par an et pourtant, un deux-pièces près du parc coûte 1425 livres par mois (2280 $ CAN). Il faut absolument redéfinir ce qu'est un logement abordable», plaide-t-elle.




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