La résurrection des Nouvelles-Casernes se fait attendre

Les deux phases de restauration des Nouvelles-Casernes s'étireront... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Les deux phases de restauration des Nouvelles-Casernes s'étireront jusqu'en 2020, si tout va bien. Les travaux en sont toujours à la phase «préparatoire». Et l'on ne sait pas à quoi servira le bâtiment patrimonial.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Il y a cinq ans, la mairie de la capitale et le gouvernement supérieur ont annoncé la renaissance «irréversible» des Nouvelles-Casernes... Aujourd'hui, les travaux de sauvetage du bâtiment patrimonial sont toujours à la phase «préparatoire». Et l'on ne sait pas à quoi servira la plus longue construction érigée en Nouvelle-France. Une chose est sûre : il faudra encore nombre d'années et de gros investissements avant de célébrer la résurrection.

Quelques ouvriers seront bien à l'oeuvre durant l'été. Mais ils ne font qu'aménager le site de la côte du Palais pour l'arrivée des entrepreneurs qui requinqueront les Nouvelles-Casernes, rongées par des décennies d'abandon.

«On est encore dans les travaux préparatoires», note la coordonnatrice des communications et des relations publiques de la Commission de la capitale nationale du Québec (CCNQ), Anne-Marie Gauthier. «Les travaux sont divisés en deux phases. On est dans les travaux préparatoires pour amorcer la première phase des travaux de stabilisation.»

Alors, pour quand le sauvetage? «Le début de la principale étape, des travaux de la phase 1, va se faire... On vise présentement fin de l'année 2017, janvier 2018.» Les deux phases de restauration s'étireront jusqu'en 2020, si tout va bien.

Mais ces travaux ne permettront que de protéger les Nouvelles-Casernes contre les éléments. Toiture, maçonnerie extérieure et fenêtres seront retapées pour que cessent les infiltrations d'eau, la dégradation. «La stabilisation, c'est vraiment pour garder en vie le bâtiment», fait valoir Mme Gauthier. «On ne parle pas du tout d'aménagement intérieur, loin de là. [...] On veut que le bâtiment demeure, soit pérenne pour les générations futures, mais on ne parle pas d'aménagement intérieur ou d'aménagement de quelque sorte. On sauve le bâtiment, on le préserve.»

Le gouvernement avait octroyé autour de 20 millions $ pour ce projet. La CCNQ aura besoin de toute l'enveloppe : «Une fois que le 20 millions va être dépensé, le bâtiment va être encore debout, il va être étanche, la toiture va être complétée, le bâtiment va être stable», poursuit Anne-Marie Gauthier. «Les travaux de stabilisation sont un passage obligé. Il faut le faire pour que le bâtiment soit préservé. Ensuite, il pourrait y avoir les travaux pour permettre d'accueillir les futures vocations.»

Toujours pas de vocation

Justement, après avoir dépensé autant pour remettre sur pied les Nouvelles-Casernes, quel avenir leur réserve le gouvernement? La réflexion se poursuit.

Quand la CCNQ a hérité du dossier, elle a lancé un appel à tous. Mais la cueillette de propositions entamée en janvier 2014 a fini en queue de poisson. Les soumissions finalistes ne permettaient pas d'occuper plus de 10 % des lieux. «On a recommandé d'arrêter le processus de recherche de vocations. Ce ne sont pas des projets qui pouvaient redonner vie aux Nouvelles-Casernes.»

Un «comité de veille» a ensuite été créé avec la Ville dans l'espoir qu'une proposition réalisable vienne à leurs oreilles. Le comité est toujours à l'écoute.

Il a cependant développé une «vision de ce que pourrait devenir le site». Voilà un an que la CCNQ évoque un «lieu de rassemblement au coeur du Vieux-Québec», mais ce n'est pas un projet concret pour l'occupation de l'édifice historique, convient Mme Gauthier. Elle refuse catégoriquement de dévoiler cette «vision», disant simplement que «plusieurs usages pourraient cohabiter». Elle ajoute : «Une chose est sûre, c'est que ce ne sera pas des condos et ce ne sera pas un hôpital.»

La quête d'une fonction pour les Nouvelles-Casernes n'est toutefois pas prioritaire. «Il n'y a pas d'échéancier. [...] On travaille là-dessus, on souhaite trouver une vocation, mais présentement, la priorité, c'est la stabilisation.» Il n'y a pas d'échéancier pour définir la nouvelle vocation? «Non effectivement. On n'a pas d'échéancier.»

Trouver un bon projet pour un tel site est un «défi», fait valoir Anne-Marie Gauthier. «L'investissement public prend son sens lorsque le lieu est habité et est vivant à long terme.»

Long et coûteux

Quand les autorités trouveront finalement une occupation répondant à leurs critères, restera à dénicher des fonds afin de retaper l'intérieur des Nouvelles-Casernes pour loger les futurs occupants. «Il y a encore des investissements importants qui vont être requis par la suite pour accueillir les vocations.»

Des travaux qui promettent d'aiguiser la patience du maire de Québec, Régis Labeaume, qui s'est récemment dit peu optimiste d'assister à court terme à la résurrection... qu'il avait annoncé en grandes pompes il y a cinq ans. Mme Gauthier en convient, il faudra du temps : «On ne pourrait pas aménager, peu importe ce qui sera aménagé là, en deux mois.»

Les Nouvelles-Casernes appartiennent toujours au Centre hospitalier universitaire de Québec. Des démarches sont en cours pour la cession de l'ensemble historique à la CCNQ. La Ville de Québec évalue le bâtiment à plus de 2,5 millions $.

Tant le gouvernement du Québec que celui du Canada ont classé les Nouvelles-Casernes comme bâtiment patrimonial.

***

En chiffres

Les Nouvelles-Casernes sont composées de 7 sections qui, ensemble, font 10 mètres de largeur par 165 mètres de long. Elles comptent 4 niveaux.

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Chronologie

  • 1749-1752
Construction pour le casernement des soldats français venus en renfort dans la capitale face à l'imminence de l'arrivée des Britanniques

  • 1752-1759
Casernement des soldats et officiers français

  • 1759-1871
La Conquête. Les Britanniques occupent les lieux.

  • 1871-1964
Le nouveau gouvernement canadien acquiert le bâtiment et le transforme en usine à munitions, l'Arsenal. Production principale : cartouches de carabine pour les Alliés durant les grandes guerres. Aussi des obus de 9 lb. En 1882, il y a 37 employés; 900 durant la guerre de 1914-1918; 2000 pour le conflit de 1939-1945.

  • 1964
Fin des activités de l'Arsenal

  • 1965-1970
Le gouvernement du Québec acquiert les Nouvelles-Casernes et les cède aux Augustines.

1970-(...) 

Le gouvernement du Québec redevient propriétaire par l'entremise du Centre hospitalier universitaire de Québec. Le bâtiment est depuis laissé à l'abandon.




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