Visite chez «le gosseux de Cacouna»

Patrick Lavallée devant l'une de ses oeuvres illustrant la légende... (Collaboration spéciale, Johanne Fournier)

Agrandir

Patrick Lavallée devant l'une de ses oeuvres illustrant la légende de la chasse-galerie

Collaboration spéciale, Johanne Fournier

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Johanne Fournier

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Cacouna) De La Corriveau à la pendaison des patriotes le 15 février 1839, du Bonhomme Sept Heures au wendigo, en passant par des joueurs de hockey célèbres, tout ce qui a marqué l'imaginaire et l'histoire du Québec prend forme sous le couteau créateur du sculpteur Patrick Lavallée. Celui que l'on appelle aussi «le gosseux de Cacouna» est plus qu'un artisan : il est aussi un collectionneur d'oeuvres d'art populaire québécois.

Créant principalement à partir du bois, mais parfois avec du fer et certains objets recyclés - aussi inusités que des têtes de chalumeau, des pièces de vieilles machines à écrire, des têtes de râteau ou des morceaux de bancs d'église -, Patrick Lavallée s'inspire de l'histoire et des légendes du Québec. «Le mot légende est étiré», dit-il pour définir sa démarche. «En fait, je rends hommage à tous ceux qui se sont battus pour notre identité. Au Québec, on est riche en histoire et on est beau, mais on le sait pas.»

Depuis peu, l'artisan fabrique des «boîtes à mémoire». «Je mets des choses dedans que je ne veux pas oublier, explique-t-il. Je veux laisser ça à mes filles. Je veux aussi laisser une trace à mes petits-enfants.»

Patrick Lavallée a commencé à s'adonner à la sculpture de façon autodidacte, il y a huit ou neuf ans. «Initialement, je faisais des meubles, raconte-t-il. Mais je n'avais plus de place. Je me suis mis à gosser.» C'est lors de sa rencontre avec un collectionneur, un auteur bien connu dans l'univers de l'art populaire, Adrien Levasseur, qu'il a pris conscience qu'il s'inscrivait dans cette forme d'expression artistique.

«Ce que j'aime, c'est qu'il n'y a pas de discipline, pas d'école de pensée, soutient-il. C'est très personnel. Chaque gosseux a son approche et son oeil. Quand on me dit que je suis "le gosseux de Cacouna", ça me flatte. Gosseux, c'est le plus beau des mots. C'est l'ouverture sur la simplicité. On se prend pas au sérieux. C'est un art qui fait rire. C'est un art un peu désorganisé.»

«J'y vais avec mes émotions et mes sentiments, continue-t-il. Il faut juste se laisser aller. C'est une forme de liberté intérieure.» Pour Lavallée, l'art populaire est au Québec ce que la podorythmie est à la musique folklorique.

Avant d'en arriver à créer une pièce, le prolifique artiste, qui consacre une vingtaine d'heures par semaine à sa passion, fait des recherches et des lectures avant que l'inspiration ne vienne. «D'autres fois, c'est très instinctif», nuance-t-il.

Un musée d'art populaire

«Le gosseux de Cacouna» vient de réaliser un rêve qu'il caressait depuis longtemps : il a ouvert son musée d'art populaire. Le lieu, situé à Cacouna, près de Rivière-du-Loup, regorge de quelques centaines de ses oeuvres et abrite aussi celles d'autres artisans qu'il affectionne particulièrement, dont Félicien Lévesque, Régis Dumont, Pascal Riopel et Réjean Pétrin.

Aménagé dans une coquette petite maison datant du milieu du XIXe siècle, le musée continuera à se développer. Pour Patrick Lavallée, il importe que l'art populaire ait un lieu de diffusion. «C'est difficile de présenter l'art populaire dans les musées, déplore le collectionneur. Il y a moins d'ouverture. C'est pour ça que j'ai monté mon musée. En toute humilité, je suis un peu comme un conservateur. Je veux partager ma passion. Je suis vraiment axé sur l'histoire du Québec. L'art populaire est identitaire. C'est un art naïf, un art de coeur.»

L'homme compare sa passion de collectionneur à celle de Michel Barrette pour les voitures. «C'est peut-être pas ma route, mais c'est mon sentier et je suis vraiment fier de mon sentier», laisse-t-il tomber.

Le petit musée ne sert pas qu'à exposer des oeuvres d'art. Pour son propriétaire, c'est aussi un prétexte pour faire des rencontres intéressantes, pour entendre les visiteurs lui raconter leur patrimoine familial, pour parler d'histoire du Québec. C'est pour cette raison qu'à l'entrée du musée, un salon invite naturellement à la causerie. «Ça me permet de rencontrer du monde», s'enthousiasme l'homme de 49 ans qui rêvait de devenir ethnologue. «Il y a des histoires fascinantes.»

Le musée est situé au 450, rue du Patrimoine, à Cacouna. L'entrée est libre et plusieurs oeuvres sont à vendre.

Après une première présentation en mai au Domaine Maizeret de Québec, le Festival Les gosseux s'exposent reviendra les 8 et 9 octobre au Musée de Charlevoix, à La Malbaie. Patrick Lavallée sera des 12 artisans qui prendront part à cette expo-vente.  

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer