Maisons d'été dans Charlevoix: difficile pérennité

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Cette maison jaune appartenait à Georges Vanier, 19e gouverneur général du Canada. Elle est à vendre.

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Que reste-t-il des belles maisons d'été de Pointe-au-Pic? Certaines appartiennent encore aux descendants des estivants anglophones. D'autres dépérissent, volets clos. D'autres encore sont à vendre.

«Le contexte de La Malbaie a changé», indique Serge Gauthier, président de la Société d'histoire de Charlevoix. À plusieurs points de vue.

Dans les années 70, il y a eu un mouvement où les anglophones se sentaient moins bienvenus, note l'historien. Il renvoie aux procès-verbaux du club de golf Murray Bay, rédigés uniquement en anglais jusqu'à cette période, puis ensuite écrits en français. «Tranquillement, les descendants de ces maisons transmises de génération en génération ne sont plus venus.»

C'est alors que beaucoup de villas ont été transformées en auberges. Un réseau qui lui aussi est en train de mourir, souligne M. Gauthier. En témoigne La Romance, sise dans une magnifique maison en bardeaux de cèdre, fermée il y a deux ans. Le marché était insuffisant.

«Avant, on venait ici, on séjournait l'été. L'arrivée du casino [en 1994] a beaucoup changé la clientèle.» Des gens de passage, qui ne sont plus si riches. Le coin est aussi devenu plus bruyant, animé jusqu'aux petites heures du matin.

«Les gens voulaient une certaine tranquillité autour du boulevard des Falaises. Dans la section proche du casino beaucoup de maisons ont été mises en vente.» Comme la villa jaune, qui a appartenu au 19e gouverneur général du Canada, Georges Vanier.

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Cette belle maison en bardeaux de cèdre a été transformée en auberge. Mais elle a fermé ses portes il y a deux ans, le marché étant trop dur.

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Autre point qui joue en défaveur de ces demeures, elles sont faites pour l'été, elles ne sont pas quatre saisons. «Les gens paient un million pour acquérir une maison et sont obligés de repartir à zéro. Ça enlève du crédit à la vente», analyse M. Gauthier. Certains les laissent dépérir parce que la réglementation ne permet pas la démolition, puis plaident une question de sécurité pour reconstruire à neuf.

L'historien sonne l'alarme : «On écrit que La Malbaie est le berceau de la villégiature, mais la villégiature est en train de disparaître.»

Lise Lapointe est mairesse de La Malbaie depuis 2009. Elle s'est battue et a même utilisé son droit de veto pour préserver les vieilles pierres de l'hôpital dans les travaux de rehaussement sismique. Le conseil municipal a toutefois voté en faveur du projet du Centre de santé et de services sociaux de Charlevoix, malgré un avis défavorable du Comité consultatif d'urbanisme.

La mairesse poursuit son cheval de bataille, prépare un exercice stratégique pour cet automne, parle de bonifier le plan d'implantation et d'intégration architectural. Mais l'expérience lui fait dire que le défi est surtout dans l'application de la réglementation.

Le boulevard des Falaises est déjà soumis à des règlements. Comme il s'agit de grandes propriétés, tout ce qui touche le morcellement des terrains est, par exemple, étudié pour respecter la trame. Il y a encore place à des resserrements.

Mme Lapointe verrait bien un comité pour la sauvegarde du patrimoine, «un comité de vigilance» permanent qui se pencherait strictement sur ce secteur. Elle parle de gens avec une expertise plus approfondie. «La Société d'histoire serait la bienvenue», glisse-t-elle.

Selon la mairesse, il est important de préserver le cachet résidentiel de ces villas, dont certaines ont été converties en auberges.

Mme Lapointe souligne encore que la route a besoin d'une réfection importante.

En prévision de l'exercice stratégique, elle compte aussi faire une tournée prochainement avec des personnes âgées qui connaissent bien l'historique de ces maisons. «On va faire un enregistrement, on va être capable de monter un bon inventaire des propriétés.»

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