Ça fait 34 ans que Robert Mainguy essaie de convaincre les habitants de Deschambault-Grondines de conserver leurs maisons en bon état et de «préserver leur beauté d'antan» pour qu'elles aient «de la gueule» malgré les ans. Dans ce petit village de Portneuf qui recèle nombre de constructions centenaires, le menuisier ne manque ni de travail, ni de reconnaissance, ni de visibilité. Malgré les responsabilités, il travaille dans la liberté et dans le bonheur de côtoyer un patrimoine aimé et cajolé.
Il fait partie de la génération qui a appris la menuiserie en autodidacte. Il s'est fait la main avec des menus travaux et a constaté qu'il avait des habiletés en travaux manuels. En 1978, après avoir été caméraman à Télé 4, le Fidéen a «fait le pas en menuiserie et est déménagé «au village». Il a été embauché par des entrepreneurs, mais a finalement choisi de travailler seul, pour «retaper» les maisons de Deschambault-Grondines.
Robert Mainguy a eu des maîtres. Il a maintenant un apprenti, Jean-Vincent Bazinet, le conjoint de sa nièce. La relève est assurée au village, se réjouit l'artisan de 63 ans qui ne manque pas de souligner le travail inestimable des autres menuisiers du village, Paul Dubé, Nicolas Salignat, René Genest...
Il n'a pas l'intention de se perfectionner, mais il donne librement ses conseils «pour le plaisir du métier» et pour «partager des trucs». Et si le Conseil des métiers d'art du Québec, dont il est membre, lui demande d'animer des petits ateliers, il le fera sans hésitation, ne serait-ce que pour se sentir utile quand un confrère éprouve des moments de difficulté.