Mélange de races

Le même type d'oiseaux hybrides que ceux observés... (PHOTO MARIE-CHRISTINE CADIEUX (HYBRIDE))

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Le même type d'oiseaux hybrides que ceux observés par Marcel Fiset à Cap-Rouge ont aussi été vus dans la région d'Ottawa.

PHOTO MARIE-CHRISTINE CADIEUX (HYBRIDE)

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Jacques Samson, collaboration spéciale
Le Soleil

(Québec) Il arrive parfois qu'il y ait des accouplements entre des oiseaux d'espèces différentes. Le 24 décembre, Marcel Fiset a observé à Cap-Rouge des bernaches du Canada, qui semblaient s'être accouplées avec des oies blanches.

Il a réussi à en faire quelques photos, mais il est impossible de les reproduire dans cette chronique, les fichiers sont beaucoup trop petits. Il faut dire, à la décharge de M. Fiset, que les conditions de lumière étaient particulièrement mauvaises, et il travaillait avec un appareil photo jumelé à un télescope.

Peu importe, les oiseaux hybrides, ça existe et c'est toujours un phénomène intéressant à observer.

J'ai montré les photos à Gérard Cyr du Club des ornithologues de Québec et à Marie-Christine Cadieux, biologiste au Département de biologie de l'Université Laval, une spécialiste des oies.

Voici leurs commentaires:

«Ces oies [bernaches] sont très grosses. C'est possiblement un croisement [possiblement multiples] d'oies cendrées domestiques blanches avec des bernaches du Canada aussi domestiques. J'ai l'impression qu'il y a un éleveur qui a échappé plusieurs de ses oiseaux d'élevage. Tous ces oiseaux étaient présents à la Base plein air de Sainte-Foy à la fin de l'automne.» (Gérard Cyr)

«Il est certain que les oies blanches ne sont pas des grandes oies des neiges: elles n'ont pas les primaires noires [bouts des ailes], et leur bec n'est pas rose. J'opterais plutôt pour des oies domestiques, puisqu'elles semblent avoir les pattes et le bec orange. L'hybride serait plutôt entre une oie cendrée domestique et une bernache du Canada ou peut-être entre l'oie blanche domestique de la photo et une bernache du Canada sauvage. J'ai déjà vu ce même oiseau bizarre avec des bernaches dans la région d'Ottawa. On voit bien la même barre blanche sur le haut de l'abdomen et un semblant de joue blanche, comme les photos de M. Fiset. J'ai longtemps cherché et c'est ce qui semble être le plus plausible [bernache-oie cendrée domestique], mais je pourrais me tromper.» (Marie-Christine Cadieux)

Il arrive parfois qu'il y ait des accouplements entre des... (Photo Camil Harvey) - image 2.0

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Photo Camil Harvey

Un sizerin leucique

Camil Harvey, qui habite au Bic, a photographié un sizerin pas comme les autres à ses mangeoires. L'oiseau qui n'avait qu'une petite tache rouge sur la calotte a la tête toute blanche. Il s'agit d'un sizerin atteint de leucisme, une maladie qui fait qu'une partie du plumage des oiseaux est décolorée. On appelle ça une aberration du plumage. Si c'était un oiseau albinos, il serait entièrement blanc, et ses yeux seraient rouges.

On dit que l'oiseau observé par M. Harvey est un sizerin leucique.

Il arrive parfois qu'il y ait des accouplements entre... (Photo Pierre Robert) - image 3.0

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Photo Pierre Robert

Une buse à queue rousse

Pierre Robert, qui n'est pas un spécialiste de la faune aviaire, aime cependant observer les oiseaux surtout en vol. «J'ai toujours été fasciné par les oiseaux de proie, j'admire leur allure et leur puissance, pour moi, ils représentent la force, sans oublier tout l'imaginaire qu'ils suscitent depuis toujours», écrit-il dans un courriel.

Le 11 décembre 2011, son attention avait été attirée par un rapace, et il ne l'avait jamais revu avant cette année. Il y a environ un mois, il a aperçu un oiseau semblable au même endroit. Il était perché sur un piquet de clôture. Après, il l'a vu s'envoler dans le vent et faire du vol stationnaire pour ensuite plonger vers le sol pour saisir une proie. Il s'est à nouveau perché sur son piquet pour repartir quelques minutes plus tard et se précipiter encore une fois sur une proie. Cette fois, c'est au sol qu'il a déchiqueté sa prise.

Cet hiver, il y aurait abondance de buses à queue rousse dans la région de Québec, le 20 décembre, alors qu'il circulait sur l'autoroute Félix-Leclerc, Gérard Cyr, du Club des ornithologues de Québec, en a observé cinq entre l'autoroute Laurentienne et l'autoroute Robert-Bourassa.

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Bec cassé

L'histoire du geai bleu au bec cassé que je publiais le 1er décembre dernier a rappelé à Marie-Jo Bélanger de Lac-Mégantic une histoire semblable qu'elle a vécue. Je la laisse vous la raconter.

«L'an passé au mois de janvier, un geai bleu s'est frappé à la fenêtre de ma cuisine. Le bruit a été tellement fort que je me suis précipitée dans les secondes suivantes, et la scène qui m'attendait me semblait encore plus triste qu'un oiseau mort. Le geai bleu était vivant, perché sur la garde de la galerie à un mètre de la fenêtre et de moi, avec le bec complètement arraché, pendant vers le bas, la langue sortie et la face éclaboussée de sang. Après quelques secondes, il est reparti dans les mangeoires et il essayait en vain de croquer quelques graines. Il est alors revenu se percher au même endroit sur la garde et il a regardé longuement la fenêtre dans laquelle il venait de se frapper. Comme s'il venait de comprendre qu'il venait de se tuer sans être mort.

«Ayant assisté à toute la scène, j'étais extrêmement attristée de son sort. Il est reparti plus tard dans les bois. Le soir, mon conjoint et moi l'avons cherché en vain pour abréger ses souffrances. La nuit même, à - 30 degrés, je me suis convaincue qu'il était tout simplement mort d'une commotion ou de froid et faim pendant la nuit.

«Près d'un mois plus tard, je remarque à ma bûche de beurre d'arachide un geai bleu avec les plumes toutes fripées. Tout à coup, il tourne sa tête et je le reconnais aussitôt! C'est lui, c'est mon geai pas de bec. C'est certain, car il avait encore les petites plumes éclaboussées de sang autour de l'endroit où devait être son bec. Il a arraché son bec qui ne tenait plus à rien et il a survécu! Il a un nouveau petit bec qui a poussé, très court, peut-être le quart de sa longueur normale. Mon conjoint et moi étions fous de joie de le revoir, et en plus d'être gras comme un voleur, il semblait s'en sortir très bien aux mangeoires. Nous l'avons vu tout l'hiver.

«Après quelques recherches sur Internet, nous avons découvert que les becs d'oiseaux peuvent en effet repousser.

«Tout ça pour dire que le geai de votre article a probablement été victime du même genre d'accident. Avec un peu de chance, il s'en sortira peut-être avec un nouveau bec lui aussi!»

Il y a des histoires qui finissent bien.

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Corrections

La semaine dernière dans ma chronique sur les rapaces, je vous montrais un oiseau que j'identifiais comme un faucon pèlerin, mais il m'aurait fallu écrire un épervier brun. Cette erreur est due entre autres au classement bordélique de mes photos. L'oiseau s'est retrouvé dans un mauvais dossier avec une bande de faucons pèlerins.

Il y a deux semaines, j'écrivais sur un pic qu'on trouve sur la côte Ouest, et je l'identifiais comme un pic à ventre rouge. J'aurais plutôt dû écrire un pic à poitrine rouge.

Voilà, les pendules sont maintenant remises à l'heure.

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