Les bonheurs du printemps

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Les trois oisillons passent la journée la tête... (Collaboration spéciale, Jacques Samson)

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Les trois oisillons passent la journée la tête sortie du nid, le bec entrouvert en attendant la becquée du père ou de la mère.

Collaboration spéciale, Jacques Samson

Jacques Samson, collaboration spéciale
Le Soleil

(Québec) Sans aucun doute, le printemps, c'est le plus beau moment pour observer les oiseaux. En avril et en mai, souvent après un hiver difficile, c'est la renaissance qui s'impose. La nature se réveille de son profond sommeil et tout éclate pour redonner à la planète une beauté différente de la blancheur de l'hiver.

Tous ces oiseaux qui nous avaient quittés pour trouver nourriture sous de meilleurs cieux nous reviennent petit à petit, certains de passage vers des contrées plus au nord, mais plusieurs s'arrêtant chez nous, où ils établissent domicile et assurent la survie de l'espèce en nichant.

En avril, ils sont faciles à observer, les arbres sont encore dénudés. Plus tard, quand la repousse a commencé, ils sont moins faciles à voir, mais ils nous enjôlent de leurs chants. Plusieurs sont des interprètes hors du commun. Pensons au cardinal rouge, au cardinal à poitrine rose, à l'oriole de Baltimore, au merle d'Amérique, aux petites mésanges, et j'en oublie.

Cycle de la vie

Le scénario se répète d'année en année. Les oiseaux arrivent, ils repèrent un territoire, se cherchent un compagnon ou une compagne, construisent un nid, la femelle y pond, les oeufs éclosent, les petits y reçoivent la becquée et, tout à coup, ils prennent leur envol. C'est le cycle de la vie.

Et si vous êtes chanceux, vous pouvez assister en direct à ce grand miracle annuel. Il y a des oiseaux qui nichent dans des endroits pratiquement inaccessibles; par contre, il y en a qui s'installent carrément sous nos yeux.

Encore une fois cette année, c'est le cas chez moi. L'an dernier, les merles d'Amérique avaient choiswi le dessus du luminaire de l'entrée de ma remise pour construire un nid. La portée comptait trois bébés, qui se sont tous envolés après cette longue période qui comprend la ponte, la couvaison et la becquée au nid.

Cette année, madame et monsieur merle ont choisi un autre luminaire, celui-ci au-dessus de la porte d'entrée du sous-sol. Comme l'an dernier, c'est un endroit parfait pour observer tout ce qui se passe. Il est toujours touchant d'assister à ce cycle qui assure la survie de l'espèce. Et cette année, je pense que mes merles ont niché plus tôt que d'habitude, ce qui laisse à penser qu'on pourrait se retrouver avec trois couvées dans la même saison.

Présence rassurante

Ce qui est intéressant, quand les oiseaux nichent près de la maison comme ça, c'est qu'ils s'habituent à la présence humaine et, donc, ne nous empêchent pas de vaquer à nos occupations même s'ils sont tout près. Je crois même que la présence humaine peut être rassurante, une espèce de police d'assurance contre les prédateurs.

J'ai aussi sur mon patio un nichoir d'hirondelles bicolores que ma présence ne dérange d'aucune façon. On prend l'apéro à deux mètres du nid et elles vont et viennent comme si nous n'étions pas là.

Tout ça pour vous dire que le printemps, c'est le bonheur total dans le monde ornithologique.

Les bains d'oiseaux

C'est indéniable, pour attirer les oiseaux dans sa cour, on peut le faire par des aménagements d'arbustes et de fleurs, par l'installation de mangeoires et, par-dessus tout ça, si on veut maximiser ses observations, l'eau est un élément important. On parle de bains d'oiseaux ou d'abreuvoirs d'oiseaux, c'est une seule et même chose. Les oiseaux boivent où ils se baignent, et se baignent où ils boivent.

Et quand on a ce type d'installation, on peut assister à des spectacles extraordinaires, comme ce fut le cas pour Patricia Poirier, qui a vu des merles barboter dans son bain d'oiseaux.

Belles observations

Il y a des hasards qui nous font découvrir des oiseaux bien particuliers. C'est le cas pour Ginette Bouillon, de Québec, qui était en visite en Catalogne, plus précisément à Géronne, et qui a croqué sur le vif un magnifique oiseau dont elle ignorait le nom. Moi non plus, je ne savais pas de quelle espèce il s'agissait, mais en fouillant dans mes guides d'oiseaux européens, j'ai découvert que c'était une huppe fasciée, un oiseau d'une beauté exceptionnelle.

Sa tête, son cou et sa poitrine sont orangés, tandis que sa queue et ses ailes sont barrées de noir et de blanc. Il a une grande huppe érectile fauve-orangée à pointes noires. Son ventre est blanc et son long bec est incurvé vers le bas.

C'est un oiseau dont la population est en régression constante depuis les années 60. Il a ceci de particulier : les jeunes, au nid, sécrètent durant environ 30 jours une substance qui fait fuir les prédateurs.

La huppe fasciée niche dans des cavités et pond de six à huit oeufs, que la femelle couve de

16 à 18 jours. Les petits demeurent au nid près de 30 jours.

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