Oiseaux rares et oiseaux bizarres

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Il n'y a rien comme un quartier d'orange... (Photo André Lavoie)

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Il n'y a rien comme un quartier d'orange pour satisfaire un oriole, qu'il soit de Baltimore ou de Bullock. Le visiteur rare est resté quelques jours à Saint-Pacôme.

Photo André Lavoie

Jacques Samson, collaboration spéciale
Le Soleil

(Québec) La nature, à l'occasion, nous montre des choses inusitées. Parfois, il s'agit d'un oiseau rare, loin de son aire d'habitation normale, et d'autres fois d'oiseaux qu'elle n'a pas particulièrement choyés, mais qui arrivent quand même à survivre dans un monde où la prédation est omniprésente.

Un oriole de Bullock perché près d'un pic... (Photo Florido Levasseur) - image 1.0

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Un oriole de Bullock perché près d'un pic qui se délecte dans une mangeoire de suif. Il attend probablement son tour puisque l'oriole ne déteste pas se piquer le bec dans le suif.

Photo Florido Levasseur

Commençons par les oiseaux rares. L'oriole de Baltimore nous est familier, dans notre coin de pays. Il s'amène au printemps et se régale avec des quartiers d'oranges qu'on lui offre ou du nectar qu'on lui a préparé dans une mangeoire.

Cet oriole a un cousin qui s'appelle l'oriole de Bullock, un oiseau que l'on observe dans la partie centrale des États-Unis jusqu'à l'extrême ouest, et très peu vers le nord.

Eh bien, croyez-le ou non, deux membres de cette espèce ont été observés au Québec ce printemps. La première mention m'est venue de Florido Levasseur, qui habite Pohénégamook. L'oriole était perché tout près d'un pic qui se délectait dans une mangeoire de suif. Ça, c'était le 18 avril.

Deux jours plus tard, un autre oriole de Bullock se laissait photographier chez André Lavoie, de Saint-Pacôme. Il a séjourné quelques jours chez M. Lavoie, même avec 10 cm de neige fraîchement tombée. S'agit-il du même oriole ou de deux orioles distincts, impossible de savoir. La distance à vol d'oiseau de Pohénégamook à Saint-Pacôme est assez importante, mais quand on est parti de l'ouest des États-Unis pour venir jusqu'ici, rien n'est impossible.

Selon Jacques Larivée, coordonnateur de l'Étude des populations d'oiseaux du Québec (EPOQ), il s'agirait de la première observation printanière de cette espèce au Québec. M. Larivée note aussi six observations automnales et 13 mentions hivernales. Et on attribue ces 20 mentions à cinq individus différents.

C'est inouï la chance qu'ont eue MM. Levasseur et Lavoie de faire de telles observations.

Ce sizerin est sérieusement handicapé, probablement aveugle, mais... (Photo Jean-René Bibeau) - image 2.0

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Ce sizerin est sérieusement handicapé, probablement aveugle, mais il réussit à survivre dans une nature souvent implacable.

Photo Jean-René Bibeau

Ce quiscale bronzé se débrouille quand même bien... (Photo Carol Vallée) - image 2.1

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Ce quiscale bronzé se débrouille quand même bien malgré le fait qu'il n'a qu'une seule patte.

Photo Carol Vallée

Oiseaux bizarres

Parfois, la nature oublie certaines règles, et ça aboutit sur des déficiences ou des malformations bizarres. Mais malgré des handicaps sérieux, ceux qui en sont affligés arrivent à tirer leur épingle du jeu et à survivre, souvent dans des situations extrêmement précaires.

Je vous apporte deux exemples de cette force qui habite les êtres vivants et de leur capacité de survivre malgré tout.

En février, Jean-René Bibeau, de Québec, s'approche de ses mangeoires. Généralement, quand il le fait, tous les oiseaux qui s'y trouvent s'envolent. Cette fois, quand il remplissait son poste d'alimentation, il y en a un qui est resté, sans bouger. C'était un sizerin sérieusement handicapé, que M. Bibeau soupçonne même d'être aveugle. Même quand il l'a photographié en utilisant son flash, l'oiseau n'a pas semblé incommodé. Il se demande bien comment cet oiseau sérieusement amoché a pu trouver la mangeoire. Plus tard, il l'a vu s'envoler. La question que M. Bibeau se pose: «Les oiseaux ont-ils un sens qui leur permet de voler et de trouver leur nourriture tout en étant aveugles?»

Un autre cas d'oiseau handicapé m'a été signalé par Carol Vallée, de Rimouski. Il a observé à sa mangeoire un quiscale bronzé qui n'avait qu'une seule patte. Il est né comme ça ou il a été victime d'un prédateur, peu importe, il arrive quand même à se débrouiller.

Ça me rappelle qu'il y a quelques années, un goéland à bec cerclé s'est promené tout un été sans pouvoir s'envoler dans le coin où je demeure. Un beau jour, il a disparu, probablement victime d'un prédateur. Il y a un maître renard qui patrouille régulièrement dans notre secteur.

Le grand défi

Pendant que vous lisez ces lignes, le Grand défi du Regroupement QuébecOiseaux bat son plein. Réparties à travers tout le Québec, une soixantaine d'équipes sont installées depuis hier 18h jusqu'à aujourd'hui 18h et, à partir d'un périmètre de 10 mètres de diamètre, elles doivent identifier le plus grand nombre d'espèces d'oiseaux possible. C'est un défi amical, mais c'est aussi une campagne importante pour amasser de l'argent qui servira à protéger des aires de conservation d'habitats d'oiseaux et aussi à sensibiliser les gens à l'ornithologie et au respect de la nature. Chaque équipe a déjà sollicité des dons et continue à le faire aujourd'hui. Tous les montants, aussi minimes soient-ils, sont grandement appréciés.

Des invités incontournables

Maintenant, je prêche pour ma paroisse, puisqu'avec Geneviève Perreault, Marie-Claude Martin et François Rousseu, nous sommes campés à la halte routière de Saint-Vallier, sur la route 132. Avec nous, il y a des invités spéciaux qui sont là expressément pour vous. Hier, c'était Pascale Otis et Jocelyn Landry, deux incontournables dans le monde de l'ornithologie, et aujourd'hui, pour répondre à toutes vos questions, sur place, il y aura Pascal Côté, de l'Observatoire des oiseaux de Tadoussac (OOT), Marie-Christine Cadieux, du Département de biologie de l'Université Laval, et Gérald Picard, retraité du Département de biologie de l'UL et grand spécialiste des grandes oies des neiges.

Tous ceux qui feront un don participeront au tirage d'une magnifique photo réalisée par Pascale Otis lors d'un de ses nombreux voyages sur la planète. On vous attend et nos invités seront là à compter de 9h.

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