Rébellion Mobilier: chic et industriel

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C'est après avoir rajeuni leur maison avec des éléments qui «sortent de l'ordinaire» que Nathalie Plourde et Alain Cossette ont commencé à montrer leurs oeuvres.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Nathalie Plourde et Alain Cossette «tournaient en rond» chacun dans le train-train de leur travail respectif. En rénovant leur maison, ils ont exploité un matériau qu'ils ont aimé - et adopté - pour son potentiel à la fois chic et industriel : le métal. Leur vie venait de changer.

Ils ont maintenant leur propre entreprise. Ils l'ont baptisée Rébellion Mobilier. Ils conçoivent et fabriquent, avec le métal, du mobilier, des sculptures, des objets décoratifs, des plaques murales, bref tout ce que leur dicte leur «liberté créative». 

Plusieurs de leurs clients sont des restaurants : Laurie Raphaël, Normandin, Chez Victor. Mais leur entrée dans le monde des créatifs, ils la doivent au designer de Québec Steve Girard. «La chance et la liberté qu'il nous a données...», glisse Nathalie.

Après avoir rajeuni sa maison avec «des éléments qui sortent de l'ordinaire», le couple a commencé à «montrer» ses oeuvres. En 2012, Alain et Nathalie se sont ainsi pointés au Salon Expo habitat, portfolio sous le bras, afin de mesurer l'intérêt des designers. «OK, on est à la bonne place», ont-ils vite constaté. «Du chic avec de l'acier» : c'était nouveau et attrayant.

Les silhouettes de bâtiments composent une oeuvre de... (Le Soleil, Pascal Ratthé) - image 2.0

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Les silhouettes de bâtiments composent une oeuvre de métal en 3D complexe et originale. Au-dessus, l'oeuvre nommée Gotham City affiche un côté bande dessinée que le couple d'artistes affectionne. 

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Les choses se sont accélérées le jour où la Galerie Factory (aujourd'hui fermée), rue Saint-Joseph, a accepté d'exposer deux de leurs tables - «une sobre et une pétée». La conjointe du propriétaire travaillait pour Steve Girard et lui a recommandé le couple d'artistes pour un contrat nécessitant une expertise dans le métal, soit une porte d'acier pour le Gym Urbain, dans Sainte-Foy.

Un gars de moto

Alain Cossette est un gars de moto. Pendant près de 30 ans, il en a possédé, en a réparé et les a peintes de façon «spéciale». «J'avais une job confortable, mais je m'ennuyais», confie-t-il. Sans le savoir, cependant, il développait ses compétences dans la manière de travailler le métal.

Nathalie Plourde, elle, est titulaire d'un baccalauréat et d'une maîtrise en agronomie. Elle travaille encore dans ce domaine, à titre de chargée de projet, ce qui procure un revenu fixe au couple et lui permet de faire face aux délais de paiement propres à leurs contrats artistiques.

Les soirs et les fins de semaine, elle met à profit ses connaissances en graphisme et seconde son conjoint dans l'atelier, même si le local est beaucoup trop petit pour deux personnes qui travaillent avec des plaques d'acier immenses. 

«Je suis une autodidacte», résume-t-elle. 

«Nous sommes un seul artiste en deux personnes», renchérit Alain.

Alain soude, sculpte et peint le métal. Il arrondit ses contours et perce dans le matériau des motifs à la torche au plasma. Il confie le pliage et les découpes au laser à des sous-traitants. «Il a de l'instinct pour trouver des gens techniques», le complimente Nathalie.

Cette porte a été créée pour le Gym... (Le Soleil, Pascal Ratthé) - image 3.0

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Cette porte a été créée pour le Gym Urbain, dans Sainte-Foy.

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Cette table en forme de «C» est dotée... (Le Soleil, Pascal Ratthé) - image 3.1

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Cette table en forme de «C» est dotée d'un plateau de bois.

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Mou comme de la guenille

Chaque contrat est un défi puisque Alain doit tout inventer. «Une plaque d'acier, c'est mou comme de la guenille et ça tord toujours», explique-t-il. Pour faire tenir un claustra ou pour fixer une porte de métal, il faut donc des cadres, des mécanismes et des charnières. C'est lui qui les conçoit et les fabrique.

Si les tables, les lampes, les pièces murales et les sculptures de Rébellion Mobilier sont si originales, c'est qu'elles fourmillent de détails : gravures, intégration de boulons, de pièces de moteur, de bois antique. 

Alain a déniché un vernis «qui tient sans apprêt sur le métal» et qui donne aux objets un fini naturel, sans luisance. Il neutralise ainsi la corrosion. Il peut aussi estomper la couleur sur l'acier. «Sky is the limit avec l'acier», s'enthousiasme Nathalie, qui, de son côté, compose des oeuvres murales qui relèvent des arts visuels. Elle peint sur la toile ou sur l'acier en incorporant, elle aussi, des éléments recyclés inusités, comme des boulons, des écrous, des chaîne de métal, des pièces de moteur. «C'est la liberté», clame-t-elle.

Leurs oeuvres sont exposées à la Galerie Nob Hill, au 31, rue du Sault-au-Matelot, à Québec. Information : rebellionmobilier.ca

Claustra: voir sans être vu

Les claustras du restaurant Laurie Raphaël laissent circuler... (Le Soleil, Pascal Ratthé) - image 5.0

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Les claustras du restaurant Laurie Raphaël laissent circuler la lumière, estompent les détails et définissent un espace d'intimité. 

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Rébellion Mobilier a réussi un coup de maître avec les claustras du restaurant de Québec Laurie Raphaël. Ces éléments décoratifs ajourés permettent de «voir sans être vu» et de voiler des bâtiments quelconques, une station-service par exemple.

Les claustras laissent circuler la lumière. Ils estompent les détails et définissent un espace d'intimité. Au Laurie Raphaël, ils font office de rideaux devant les murs de fenêtres pleine hauteur qui encadrent l'un des carrefours les plus achalandés de la ville.

«Il y en a très peu au Québec, mais on en voit beaucoup en Europe», constate Alain Cossette. Comptez sur lui pour développer ce concept ici avec sa collaboratrice, Nathalie Plourde.

Les claustras sont inspirés des «moucharabiehs» de l'architecture orientale, qui constituent un dispositif d'aération naturelle. Le vent s'accélère en effet à travers le maillage de la paroi ajourée. Mis en contact avec des bassins remplis d'eau, il répand la fraîcheur à l'intérieur de la maison.

Les claustras peuvent être incorporés dans des clôtures, des garde-corps d'escalier, des paravents, des portes d'armoire, des meubles divers. Dans les lofts, ils se dressent comme une frontière psychologique entre l'aire de vie et la chambre, par exemple.

La compagnie allemande Koziol propose des carreaux ajourés de plastique recyclé qu'on assemble avec des chaînettes. On peut les installer devant des fenêtres ou s'en servir pour diviser l'espace. Ils sont à la fois organiques, colorés et modernes. 

Rébellion Moderne a aussi fabriqué un claustra pour le restaurant Chez Victor du boulevard Hamel, à Québec. Il cache la cuisine. Et quand des gens circulent derrière, on dirait que les lumières s'allument et s'éteignent aléatoirement. Un effet inattendu et plaisant pour les artistes.

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