Le carton ennobli

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Du carton, de la colle, un X-Acto, une...

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Du carton, de la colle, un X-Acto, une règle et de la peinture: voilà les outils qu'a utilisés Caroline Larrivé pour fabriquer ce meuble escalier.

Michèle LaFerrière
Le Soleil

(Québec) Caroline Larrivé fréquente les magasins de meubles pour une raison surprenante. Elle ramasse les boîtes de carton, de préférence celles qui contenaient des téléviseurs à écran plat. Elle apprécie la solidité de leur double cannelure. Pour fabriquer des meubles, elles sont idéales, affirme-t-elle.

Des meubles en carton? Si, si! Caroline Larrivé se définit même comme cartonniste. Elle travaille avec du carton, du papier Kraft, de la colle, une règle et un X-Acto. Elle jure que chez elle, la table qui supporte sa grosse télé à l'ancienne est fabriquée en carton. «Mes meubles peuvent supporter 30 kilos par centimètre carré», soutient-elle.

Elle nous avait donné rendez-vous au Bistro La Brigade, avenue Myrand. Elle voulait nous montrer le comptoir qu'elle avait fabriqué pour la réception, avec des tiroirs et des niches pour les menus et les cartes professionnelles. Son vernis lui donne une apparence laquée. Sous le vermillon, il apparaît comme une vraie curiosité!

L'artisane de 32 ans sera à l'église Saint-Jean-Baptiste, demain, à l'occasion du Salon Nouveau Genre. Elle y présentera ses miroirs de carton et quelques-un des meubles qu'elle a conçus et créés. Le métier de cartonniste ne court pas les rues. On en rencontre plusieurs en France, d'où elle est originaire. Mais, au Québec, il n'y en aurait que deux ou trois, selon ses recherches.

Un meuble en carton n'est pas plus abordable qu'un meuble en bois. De la modélisation 3D sur ordinateur à l'application de la dernière couche de vernis, il y a 42 heures de travail dans le comptoir du Bistro La Brigade, précise Caroline. L'intérêt d'un tel objet réside dans son originalité, sa légèreté et son côté écologique. L'artisane récupère les boîtes de carton, elle utilise des peintures et des vernis à l'eau et elle concocte elle-même une colle à la farine qu'elle utilise pour son papier brun. Il s'agit en outre de pièces uniques qu'elle fabrique sur mesure. Comme elle le dit elle-même: il faut les voir!

Caroline Larrivé gagne sa vie dans les assurances. Le bricolage est un passe-temps dans sa vie. Pour le moment, du moins. Car la jeune femme a rédigé son plan d'affaires, créé son site Internet (www.kartoline.ca), mis à jour son portfolio. Et elle participe au Salon Nouveau Genre avec l'idée de se faire connaître et le rêve d'avoir un atelier bien à elle, plutôt que d'endurer du carton et de la peinture à la traîne partout dans son appartement.

Le Salon Nouveau Genre se déroule aujourd'hui et demain, entre 11h et 19h, à l'église Saint-Jean-Baptiste, au 470, rue Saint-Jean, à Québec. L'entrée est gratuite. Les arts visuels, les métiers d'art, la mode, le design, l'édition, les bijoux, la «valorisation de produits fonctionnels», les «produits subversifs»: une foule de créateurs seront sur place. Qui sait, peut-être y trouverez-vous un présent pour votre maman. Michèle LaFerrière

Information: nouveaugenre.com

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