
Agrandir
Ensemble de salon de style provincial français dans la vitrine de Meubles Genina.
Le Soleil, Erick Labbé
(Québec) Se meubler à peu de frais, c'est possible. La région de Québec ne manque pas de magasins de meubles usagés, qu'ils soient à but non lucratif, comme l'Armée du Salut et la Ressourcerie du Lac-Saint-Charles, ou à vocation purement commerciale. Il faut de la patience et de l'assiduité pour dénicher LE meuble en bon état qui convient à son décor, car les articles intéressants sont vite repérés par les habitués. Les gens habiles, eux, n'hésitent pas à acheter du mobilier défraîchi qu'ils rafistolent avec fantaisie et imagination. Voici ce que Le Soleil a découvert lors d'une tournée faite à la mi-mars. Dites-vous bien que si ces «trésors» ont déjà trouvé preneurs, il y en aura toujours d'autres, en aussi bon état, plus beaux ou mieux assortis à votre intérieur.
Agrandir
Une copie de la chaise Egg dessinée par le designer danois Arne Jacobsen.
Le Soleil, Erick Labbé
Une vitrine plus contemporaine
La boutique Au Coin du Meuble se refait une beauté. Martin Giroux, le propriétaire, redessinera l'image de son commerce de la rue Saint-Joseph, à Québec, et proposera de plus en plus de produits neufs. Il continuera de vendre des antiquités et du mobilier usagé. Mais il veut également recréer une ambiance qui s'apparente à celle de la maison, en mariant les styles et en faisant plus de place au contemporain.
Martin Giroux observe les gens qui s'installent dans le quartier Saint-Roch. Quand ils cherchent des meubles milieu de gamme, il les voit se précipiter dans les magasins à grande surface. C'est donc pour les retenir dans le quartier qu'il est en train de changer l'image et l'inventaire de sa boutique, ouverte depuis 25 ans. Il l'agrandira en empiétant un peu sur l'entrepôt et il créera «six ou sept ambiances».
Les espaces contemporains seront à l'honneur dans les vitrines, avec beaucoup de fauteuils et de canapés de cuir aux lignes pures. Les habitués du coin ont pu apercevoir une copie de la chaise Egg, que le designer danois Arne Jacobsen avait créée en 1958. Pour mettre du punch à peu de frais dans votre salon, c'est un chouette achat, que vous pourriez jumeler à une chaise victorienne, à une table antique ou, pourquoi pas, à une étagère Arts and Crafts.
Information
www.aucoindumeuble.com
Agrandir
Cette commode et cette armoire font partie d'un ensemble de trois morceaux de style colonial.
Le Soleil, Steve Deschênes
Ressourcerie de Lac-Saint-Charles: rien ne se perd
À la Ressourcerie de Lac-Saint-Charles, «on ramasse de tout et on récupère au max», résume la directrice, Diane Laberge. Les chemises hawaïennes invendables sont transformées en déguisements. Et les meubles dans tous leurs états sont répartis dans un sous-sol plein de recoins, où le commis Jesse Tremblay mène une bataille en règle contre la poussière.
L'ordre et la propreté règnent dans le grand local à plusieurs niveaux de cet organisme à but non lucratif qui se voue, depuis 1995, à la récupération, à la remise en valeur et à la vente des «surplus domestiques». C'est le repaire des armoires de mélamine et des commodes bancales. Mais au hasard des allées bien dégagées, les visiteurs peuvent repérer des meubles plus que convenables, comme cette commode, ce chiffonnier et cette table de chevet de style colonial, impeccables, dont la Ressourcerie se départit pour 200 $. Deux tables de salon de métal et de verre ont aussi attiré notre attention, pour leur look très classique d'abord, puis pour leurs prix dérisoires, 35 $ pour la carrée, 45 $ pour la rectangulaire.
La Ressourcerie de Lac-Saint-Charles est propriétaire de son bâtiment. Elle possède aussi un camion pour la cueillette et la livraison. Les bijoux donnés sont nettoyés et évalués. Les vêtements sont lavés et réparés. Les aspirateurs passent entre les mains d'un spécialiste. Diane Laberge est au centre de l'action, fière de son inventaire et de ses employés. Elle mentionne qu'une «ressourcerie sport» vient d'ouvrir, tout à côté. Elle glisse aussi que sa fille, Sarah Grenier, supervise l'accueil de conteneurs au Guatemala qui bénéficie des «gros surplus» de la Ressourcerie; la jeune femme rapporte quelques pièces d'artisanat guatémaltèques qui sont vendues à la Ressourcerie de Lac-Saint-Charles.
Dire que cette entreprise d'économie sociale a commencé avec un marché aux puces au profit de l'école de Lac-Saint-Charles! Aujourd'hui, elle embauche 35 personnes, rassemble une vingtaine de bénévoles, donne des biens au Burkina Faso et au Guatemala, ainsi que dans les garderies et les maisons de jeunes de sa région.
Information
www.ressourcerielsc.org
Agrandir
Différents bols et vases de couleur
Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve
Des trésors dans le bric-à-brac
Un secrétaire de style Mission et de la vaisselle Carnaval du début des années 1900: voilà le genre de découvertes que vous pourrez faire à la boutique de Guy Labbé, Trouvailles et Trésors, au 275, Saint-Joseph Est, à Québec. Les articles Carnaval sont fabriqués en verre pressé, iridescent, lourd et épais. Dans sa Nouvelle encyclopédie des antiquités du Québec, l'historien Michel Lessard explique que «le verre Carnaval est désigné ainsi au moment où la première période de production s'achève, soit vers 1918, et que les pièces, nombreuses sur le marché, sont alors données en prix dans les foires».
On trouve de tout dans cette brocante à la joyeuse allure de bric-à-brac: des images religieuses, des services à thé de porcelaine et de la vaisselle, beaucoup de pièces de vaisselle qui se transformeront en points d'intérêt dans votre décor, à la condition d'être disposés avec soin et parcimonie.
Agrandir
Meuble de téléviseur en chêne
Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve
Direction: porte numéro 5!
Ne vous fiez pas à sa façade du chemin de la Canardière. L'Armée du Salut, un organisme à but non lucratif, a un inventaire énorme, dispersé dans les multiples entrepôts situés derrière son bâtiment principal. Les meubles? «Allez à la porte numéro 5!» Les canapés à carreaux, les matelas et les ensembles de salle à manger se succèdent, défraîchis mais présentables, que les bricoleurs et les démunis peuvent acquérir pour une bouchée de pain. Pour dénicher un objet digne des pages décoration, il a fallu aller dans un endroit réservé au personnel, où les objets sont encore sous inspection. Là nous attendait un meuble de téléviseur en chêne rudement élégant, pour lequel Daniel Belley pensait demander 60$. Ne vous précipitez pas, ce meuble a sans doute trouvé preneur en moins de deux, comme tous les objets photographiés pour ce reportage, d'ailleurs. À des prix si bas, les objets bien conservés s'en vont aussi vite qu'ils sont arrivés.
Agrandir
Le Château Bonne Entente a donné une dizaine de ces récamiers au Comptoir d'Emmaüs.
Le Soleil, Erick Labbé
Quand la mode passe, Emmaüs est là
Cet élégant récamier vert tendre se trouvait autrefois dans un couloir du Château Bonne Entente. Il y en avait une dizaine comme lui. Mais à l'instar des clients, la mode passe. L'hôtel de Sainte-Foy a renouvelé son décor. Les récamiers ont abouti au Comptoir d'Emmaüs, à l'extrémité est de la rue Saint-Vallier, à Québec. Quand Le Soleil a demandé à Roch Giguère, responsable des meubles, de lui trouver le plus bel article de son rayon, il n'a pas hésité une seconde avant de répondre: «Avez-vous vu mes récamiers?» À 100 $ l'unité, ils s'envolent comme des pains chauds.
Les planchers craquent, le vent s'infiltre de partout et la poussière règne au Comptoir d'Emmaüs. Mais la récupération y tient aussi le haut du pavé. Le moindre objet donné trouve sa place à l'un des nombreux étages de cet entrepôt situé à mi-chemin entre la haute et la basse ville. Les hôtels y déversent leurs matelas, leurs meubles de télé désuets et leur mobilier défraîchi. Les gens viennent y porter leur vaisselle, leurs vêtements et leurs vieux skis de fond. Les camions du Comptoir sillonnent la ville à raison d'une cinquantaine de collectes quotidiennes chacun.
Tout le monde a, un jour ou l'autre, mis les pieds au Comptoir d'Emmaüs. Qui, afin d'y dénicher une commode pour son premier appartement. Qui, pour la satisfaction d'y trouver l'aubaine du siècle ou cette petite table qui sera si mignonne une fois décapée puis repeinte. Il faut de la patience, de l'assiduité et beaucoup d'imagination. C'est une vraie chasse au trésor!
Agrandir
Patrick Moisan, de Meubles Genina
Le Soleil, Erick Labbé
Prière de ne pas se fier à la devanture
Tout a l'air déglingué chez Meubles Genina : la vitrine, l'enseigne, la porte d'entrée, les tapis. Et pourtant! Le Château Frontenac y dépose régulièrement des chaises, des tables et des bancs. Et les meubles de style se disputent l'emplacement vedette, à l'avant de la boutique.
Quand Le Soleil est passé, à la mi-mars, un très long canapé, un fauteuil évasé et une table recouverte d'argenterie faisaient les élégants dans la vitrine de la rue Saint-Joseph. On ne peut pas dire de cet ensemble de style provincial français qu'il est dans l'air du temps. Loin de là... Ses pattes galbées et son tissu ornementé ne figureront pas dans les tendances du mois des magazines de décoration. Mais il est très bien conservé pour son âge - il a été fabriqué vers 1947 - et le patron, Patrick Moisan, en demande 2500 $.
Meubles Genina, c'est le royaume de la chaise. Le sous-sol, le rez-de-chaussée et l'étage en sont pleins, de tous les styles, pour toutes les fonctions, dans des états variés et à des prix à l'avenant. Il y a quelques années, le Château Frontenac avait donné environ 1200 chaises rembourrées; il en reste encore une soixantaine, tout à fait présentables et distinguées. Parmi elles, un lot de chaises presque neuves, dont l'hôtel ne voulait plus parce qu'elles étaient, paraît-il, mal assorties au tapis.
Des tables de travail, des tables de chevet et des bancs du Château, en voulez-vous, en v'là! Mais ces jours-ci, l'article dont les gens se débarrassent le plus est le meuble de télévision. À l'ère des écrans plats, l'armoire massive n'a plus sa place au salon. Les vendeurs de meubles usagés jouent d'astuce pour les transformer et leur redonner une seconde vocation. Faites votre offre!