Mythes horticoles à déboulonner

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Appliquer de la chaux sur une pelouse ne contrôlera pas la mousse.

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<p>Larry Hodgson</p>
Larry Hodgson

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) De temps à autre, j'aime bien décortiquer quelques croyances qui circulent parmi les jardiniers, mais qui ne sont pas vraies ou, du moins, qui ne le sont que partiellement. Voici quelques exemples.

1. On peut éliminer la mousse avec une application de chaux.

Combien de jardiniers ont gaspillé de l'argent en essayant d'éliminer la mousse dans leur pelouse avec une application de chaux horticole? Tout cela vient de la fausse croyance que les mousses ne poussent que dans les sols acides. Or, la chaux horticole est très alcaline et une application de chaux pourrait aider une pelouse au sol acide à retrouver un pH (degré d'acidité) plus équilibré. Mais en fait, la mousse pousse tout aussi bien dans un sol alcalin ou neutre qu'acide, et sa présence n'indique rien de très précis quant à l'acidité du sol. En appliquant de la chaux sans faire attention, vous risquez plus d'endommager les graminées de la pelouse que la mousse! 

Si votre gazon est envahi par les mousses, c'est généralement parce que le sol est trop compact, trop humide ou trop ombragé. Il faut donc essayer de corriger ces problèmes plutôt que d'appliquer un produit potentiellement toxique aux gazons.

En passant, la chaux ne sera pas plus efficace pour éliminer la prêle ou les pissenlits, une autre fausse information qui circule.

2. Une application de marc de café chassera les insectes nuisibles et les limaces du jardin.

Le marc de café ne chassera rien du tout. C'est tout simplement un déchet de table comme un autre, méritant surtout une place dans le compost. Les limaces, par exemple, n'en ont absolument pas peur et traverseront sans le moindre dérangement une barrière de marc de café. On peut l'appliquer directement au pied des plantes, dans lequel cas il se décomposera lentement en libérant certains minéraux, mais il y a un risque à le faire. Si vous en appliquez plus qu'un centimètre, le marc tend à former une croûte dense qui repousse l'air et l'eau, ce qui peut nuire à la croissance des plantes. Aussi, le marc de café fraîchement déposé contient encore des composés phytotoxiques qui peuvent nuire à la croissance de certaines plantes, comme les tomates. 

Mieux vaut mettre le marc dans le compost. Une fois qu'il est complètement décomposé, ce qui détruira les éléments toxiques, le marc de café ne sera plus nuisible aux plantes, mais bénéfique.

3. Certaines plantes repoussent les moustiques et l'on peut les planter tout autour de la terrasse pour chasser ces bestioles.

C'est vrai que certaines plantes produisent des composés qui repoussent les moustiques. C'est le cas du citronellol, du citronellal et du géraniol, entre autres, composés qui donnent aux plantes qui les produisent une odeur citronnée : pélargoniums à senteur, thym citron, citronnelle, eucalyptus à senteur de citron, etc. Malheureusement, les plantes ne dégagent pas ces composés librement, mais seulement lorsqu'elles sont endommagées, comme quand on froisse ou écrase leurs feuilles, par exemple. Sinon, aucun produit répulsif n'est libéré. Ainsi planter ces végétaux autour d'une terrasse, par exemple, n'aura strictement aucun effet contre les petits envahisseurs aériens. Par contre, si l'on se frotte la peau avec les feuilles en question, l'huile dégagée repoussera les moustiques... pendant environ cinq minutes seulement. 

Il existe des produits commerciaux qui dégagent ces odeurs plus longtemps - chandelles à la citronnelle, bandes à la citronnelle, etc. - et qui peuvent être efficaces, mais les plantes elles-mêmes, à moins que vous engagiez quelqu'un pour les froisser constamment pendant la réception sur votre terrasse, ne peuvent pas éloigner les maringouins.

Un antimoustique contenant de l'essence de citronnelle sera... (123rf/Alexander Alexeev) - image 2.0

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Un antimoustique contenant de l'essence de citronnelle sera beaucoup plus efficace contre les moustiques que la plante elle-même.

123rf/Alexander Alexeev

4. On peut ajouter une couche de bébé jetable au fond d'un panier suspendu pour réduire ses besoins en arrosage.

D'accord, les cristaux présents dans les couches jetables sont effectivement conçus pour absorber des liquides, beaucoup de liquides. Le problème est qu'ils ne sont pas faits pour les libérer. Quand la couche est placée dans le fond du pot, les cristaux gonflent d'eau après le premier arrosage, mais gardent cette eau pour eux. Ainsi, la plante ne reçoit pas plus d'eau qu'auparavant. En plus, le plastique de la couche nuit au drainage et donc à la croissance de la plante. Et la couche de bébé occupe beaucoup d'espace, laissant moins de place pour le développement des racines. Le résultat est que les plantes réussissent mieux dans un pot ne contenant que du terreau comparativement à un pot dont le fond est occupé par une couche en train de pourrir. Mieux vaut utiliser les couches sur un bébé plutôt que sur les plantes!

5. Pour améliorer le drainage d'un sol glaiseux, mélangez-y du sable.

Voilà une affirmation qui paraît très logique, même si elle est complètement fausse. D'accord, la glaise (l'argile) est composée de particules très fines qui se serrent les unes contre les autres. Quoi de mieux alors que d'ajouter du sable, dont les particules sont énormes en comparaison. N'est-il pas évident que la présence de grosses particules à travers des particules plus fines aidera à mieux laisser circuler l'air et l'eau et donc à alléger le sol? 

Ce n'est toutefois pas ce qui se passe. Quand vous ajoutez du sable à de la glaise, les particules fines de la glaise engouffrent et recouvrent les particules de sable, les fixant ensemble et créant un mélange qui ressemble davantage à du béton qu'à un sol de jardin. 

Pour alléger la glaise, mélangez-y plutôt de la matière organique, car l'humus créé par la décomposition fait agglomérer les particules d'argile, laissant de l'espace pour la circulation d'air et d'eau. Juste le fait d'appliquer un paillis organique, comme les feuilles déchiquetées et le bois raméal fragmenté (BRF), sur la surface aura un effet à long terme sur la qualité de la glaise en dessous, la rendant plus perméable.

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Réponses à vos questions

La maladie hollandaise de l'orme est toujours présente

Q Dans votre article «Que faire de votre frêne?» du 19 juillet, vous mentionnez le programme d'abattage de l'orme. Est-ce que la maladie de l'orme est éradiquée actuellement? Car derrière chez moi, je vois de beaux ormes mourir l'un après l'autre.

Jacques Allard

R La maladie hollandaise de l'orme est loin d'être éradiquée. Deux espèces de scolyte de l'orme peuvent s'attaquer à ceux de notre région. Déjà, ils nuisent aux arbres grâce aux galeries qu'ils creusent sous l'écorce, mais pire encore, ils transportent des spores de la maladie hollandaise (deux espèces différentes du champignon Ophiostoma) qui alors se développent dans les vaisseaux conducteurs de sève, empêchant éventuellement la sève de monter jusqu'aux feuilles. Le premier symptôme est que, en plein été, les feuilles d'une ou deux branches flétrissent, se dessèchent, s'enroulent et prennent une coloration jaunâtre ou brunâtre tout en restant fixées sur l'arbre. Souvent, l'arbre meurt seulement un an ou deux plus tard.

La maladie peut aussi se propager d'orme en orme quand les arbres sont rapprochés, car leurs racines se greffent les unes sur les autres et la maladie profite de ces liens pour s'étendre. C'est peut-être ce que vous voyez chez vous. La Ville de Québec offre, comme mentionné dans la chronique précédente, un soutien financier aux propriétaires pris avec des ormes malades. Je vous suggère de contacter le Programme de soutien à l'abattage des ormes à goo.gl/PdK2kw sans tarder afin de faire abattre vos arbres avant que la maladie s'étende. Même si les ormes en question ne sont pas situés sur votre propriété, il est important de signaler le problème aux autorités pour que des mesures soient prises.

Pour poser une question à notre chroniqueur, écrivez un courriel à courrierjardinierparesseux@yahoo.com.

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À faire cette semaine

  • Pour vérifier si vos carottes et vos betteraves sont prêtes à récolter, enlevez un peu de terre à la base des fanes. Si la racine paraît bien dodue, vous pouvez la récolter.
  • Si des mauvaises herbes commencent à germer à travers votre paillis, c'est qu'il n'est plus assez épais. Rajoutez-en un centimètre ou deux.
  • Si votre gazon commence à brunir sous l'effet de la sécheresse, il ne faut pas paniquer. Ce n'est que la dormance estivale. Il reverdira quand la pluie et les températures plus fraîches reviendront.
  • Arrachez l'herbe à poux si vous la voyez, car elle est à la veille de commencer à fleurir.
  • En arrosant vos plantes, essayez de ne pas mouiller le feuillage, car les feuilles qui restent humides créent un milieu propice pour le développement des maladies.
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Calendrier horticole

Visite guidée à vélo de jardins urbains

Découvrez cinq projets des Urbainculteurs au centre-ville de Québec, incluant des jardins sur le toit, au sol et en contenant. Prévoyez crème solaire, chapeau, imperméable, bouteille d'eau, vélo, cadenas et casque. La visite est limitée aux 12 ans et plus. Vendredi 11 août de 9h à 12h. Rendez-vous au Cégep Limoilou, dans le stationnement qui donne sur le chemin de la Canardière au 1300, 8e Avenue, Québec. 

Inscription obligatoire : info@urbainculteurs.org

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Formation sur le jardinage biologique

Le samedi 12 août, les Urbainculteurs offrent une formation d'une journée sur le jardinage urbain qui portera sur l'entretien écologique et les maladies et ravageurs. Documentation fournie. Prévoyez crème solaire, chapeau, imperméable et bouteille d'eau. La formation aura lieu au Jardin de démonstration des Urbainculteurs du Cégep Limoilou au 1300, 8e avenue, Québec de 9h à 16h. 

Prix : 55 $. Inscription obligatoire : info@urbainculteurs.org

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Jardins du Grand Portage

Les Jardins du Grand Portage, réputés pour leurs jardins potagers et leurs aménagements comestibles, sont ouverts au public tous les jours de 10h à 17h jusqu'au 27 août au coût de 10 $. Il y a aussi des visites commentées à 11h les dimanches au coût de 15 $. Apportez votre pique-nique! Adresse : 800, chemin du Portage, Saint-Didace (Québec). 

Infos : 1 450 835-5813; info@jardinsdugrandportage.com

Pour toute activité horticole, écrivez-nous à courrierjardinierparesseux@yahoo.com.

 




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