Les bisannuelles, beautés trop souvent ignorées

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<p>Larry Hodgson</p>
Larry Hodgson

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Tous les jardiniers con­naissent les annuelles, ces plantes qui fleurissent à qui mieux mieux pour produire des semences au cours de la seule saison qu'elles auront pour vivre. Et aussi les vivaces, ces plantes herbacées qui vivent plusieurs années et qui fleurissent généralement moins longtemps, mais qui compensent ce défaut par la capacité de revenir d'année en année, vous évitant beaucoup de plantation. Mais les bisannuelles - ces plantes qui composent pourtant l'épine dorsale de la plate-bande classique à l'anglaise - sont moins bien comprises... et alors moins souvent utilisées dans nos jardins.

Les bisannuelles, comme leur nom le suggère, vivent deux années, puis meurent. Mais elles ne fleurissent pas les deux années. La première année, elles ne produisent que du feuillage, généralement une rosette. La floraison se produit la deuxième année... et habituellement, elle est spectaculaire et durable, persistant souvent deux mois ou plus. Typiquement, les bisannuelles forment un épi de bonne hauteur couverte de fleurs. La floraison commence à la base de l'épi et monte peu à peu vers le haut, ce qui explique sa longue durée.

Une culture surtout par semences

Il n'y a pas de rayon «bisannuelles» dans les jardineries, mais parfois on en vend dans le rayon des vivaces. Malheureusement, vous payez alors le prix d'une vivace pour une plante qui est dans sa deuxième année et donc destinée à mourir à la fin de la saison. C'est pour cette raison qu'il vaut mieux acheter des semences.

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Molène soyeuse

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Toutes les bisannuelles se multiplient par semences. D'ailleurs, c'est la seule façon de les multiplier. Normalement, on les sème en pleine terre entre la mi-juin et la mi-juillet, ce qui donne des plantes de la bonne taille pour fleurir la deuxième année. On peut les semer dans une plate-bande ensoleillée, mais il est souvent plus pratique de faire le semis dans une petite pépinière : dans un coin du potager, par exemple. On peut aussi les semer à l'intérieur dans des pots ou des plateaux, les plaçant devant une fenêtre ensoleillée.

Semez les graines à 5 cm d'espacement selon la profondeur recommandée sur le sachet. Si ce détail n'y paraît pas, semez les graines à une profondeur égale à environ trois fois leur diamètre. Comblez le trou de terre et arrosez bien. La germination est assez rapide et les jeunes plants seront prêts à transplanter à leur emplacement final dans environ un mois. Aucune protection hivernale ne sera nécessaire.

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Monnaie du pape

123rf/Radka Palenikova

Selon l'espèce, la plante se mettra à fleurir au printemps ou à l'été suivant. Il est important de laisser aux moins quelques plantes monter en graines par la suite, car ces graines sont la clé d'une floraison répétée. En effet, quand on laisse mûrir les graines et qu'elles tombent au sol, elles germeront toutes seules. Alors, en deux ans, vous aurez une belle floraison sans lever le petit doigt! Toutes les bisannuelles sont capables de se maintenir en se ressemant.

Pour assurer une floraison tous les ans

Si vous semez tous le sachet la première année, la floraison aura lieu tous les deux ans. Pensez ne semer que la moitié du sachet de semences la première année, puis l'autre moitié la deuxième. Ainsi, vous créerez une plate-bande où il y a toujours des bisannuelles en fleurs tous les ans!

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Myosotis

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Six bisannuelles à découvrir

Voici six bisannuelles populaires et de culture facile. Le nom anglais paraît dans la description, car parfois il faut les commander dans un catalogue de langue anglaise.

1. Digitale pourpre (Digitalis purpurea)

  • Nom anglais : Foxglove
  • Dimensions : 90-180 cm x 60-90 cm 
  • Zone : 3b
Trompettes roses, violettes, jaunes ou blanches, généralement tachetées, densément serrées sur une tige robuste. Soleil ou mi-ombre dans tout sol riche et bien drainé. Attire les colibris. Feuillage très toxique: on peut le toucher, mais pas le consommer.

2. Molène soyeuse (Verbascum bombyciferum)

  • Nom anglais : Silver mullein
  • Dimensions : 1,5-2,4 m x 60 cm
  • Zone : 3b
Rosette de feuillage densément couvert de soies blanches, lui conférant une apparence gris argenté et une texture lisse. Tige tellement couverte de soies qu'on dirait qu'elle est faite en coton blanc. Fleurs jaune citron. Il y a beaucoup d'autres très belles molènes bisannuelles: la molène soyeuse n'est qu'un exemple. Soleil. Sol bien drainé, même pauvre.

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Sauge sclarée

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3. Monnaie du pape (Lunaria annua)

  • Noms anglais : money plant, honesty 
  • Dimensions : 60-90 cm x 60 cm
  • Zone : 3
Rosette de feuilles cordiformes dentées. Fleurs pourpres ou blanches suivies de capsules plates et arrondies de couleur argentée (la «monnaie» de son nom commun) qu'on peut faire sécher pour la décoration. Soleil ou mi-ombre. Tout sol bien drainé.

4. Myosotis ou ne-m'oubliez-pas (Myosotis sylvatica)

  • Noms anglais : Forget-me-not
  • Dimensions : 10-30 cm x 15 cm
  • Zone : 3
Nombreuses petites fleurs bleu ciel, roses ou blanches. Se ressème abondamment... parfois un peu trop! Soleil ou mi-ombre, dans tout sol un peu humide.

5. Sauge sclarée ou toute bonne (Salvia sclarea)

  • Noms anglais : clary sage
  • Dimensions : 75-120 cm x 30 cm
  • Zone : 3b
Plante médicinale très ornementale. Beau feuillage d'apparence rugueuse et très aromatique. Fleurs blanches ou violettes persistant une bonne partie de l'été. Soleil. Sol bien drainé, voire sablonneux ou rocailleux.

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Rose trémière

123rf/Victor Kulygin

6. Rose trémière ou passe-rose (Alcea rosea)

  • Nom anglais : hollyhock
  • Dimensions : 1,2-2,4 m x 60 cm
  • Zone : 2
Grandes feuilles plutôt rondes. Fleurs comestibles simples ou doubles en forme de coupe, dans une vaste gamme de couleurs, incluant le noir. Soleil ou mi-ombre. Tout sol bien drainé. Feuillage sujet à une maladie sans conséquence: la rouille. Cultivez alors la plante à l'arrière-plan pour cacher le feuillage dégradé de la vue.

Où trouver des bisannuelles?

Les semences de plusieurs bisannuelles sont offertes en jardinerie. Sinon, essayez un semencier qui vend par la poste, comme Veseys (www.veseys.com), Mycoflor (mycoflor.ca), Gardens North (gardensnorth.com) or Seedaholic (www.seedaholic.com).

Bonne découverte!

***

Réponses à vos questions

  • Des feuilles collées ensemble
Q J'ai des hydrangées 'Annabelle' dont des chenilles se logent dans les feuilles. Je les surveille et les arrose avec un jet d'eau, mais sans beaucoup de succès. Que me conseillez-vous?

R.L., Lévis 

R Il s'agit de la lieuse des feuilles de l'hydrangée. L'adulte est un petit papillon de nuit tout à fait anodin. À l'automne, il pond ses oeufs sur les tiges de l'hydrangée arborescente (Hydrangea arborescens), dont 'Annabelle', avec ses belles fleurs blanches en boule à la fin de l'été, est la variété la plus connue. La lieuse ne touche qu'à cette seule espèce d'hydrangée. Vous n'avez donc rien à craindre pour les autres hydrangées que vous cultivez, comme l'hydrangée paniculée (H. paniculata) ou l'hydrangée grimpante (H. petiolaris). Au printemps, les larves montent sur les tiges en croissance et lient ensemble, avec de la soie, les deux feuilles supérieures de l'arbuste et alors s'abritent dans la «tente» ainsi formée. La petite chenille mange les feuilles et les fleurs qui sont prisonnières dans son abri pendant quelques semaines, ce qui fait souvent avorter la floraison, puis tombe au sol. Pour contrôler les lieuses, ouvrez les feuilles collées et laissez tomber la chenille dans de l'eau savonneuse. Pour les prévenir l'an prochain, à la fonte des neiges, taillez votre hydrangée 'Annabelle' très courte, à 5 à 10 cm. Avec un peu de chance, cette taille permettra d'éliminer la vaste majorité des oeufs qui hivernaient sur les tiges pendant l'hiver. Vous pourriez aussi les faire tomber avec un jet d'eau ou en appliquant l'insecticide biologique Btk, mais seulement au moment où ils commencent à monter sur la nouvelle tige : une fois qu'ils sont dans leur abri, de tels traitements ne seront plus efficaces.

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  • Des rhododendrons à transplanter
Q Nous avons planté deux rhododendrons rustiques en mai 2005 et ils profitent d'un environnement à la mi-ombre et d'un bon couvert de neige l'hiver. Ils se sont bien acclimatés à cet environnement et fournissent une belle floraison annuelle. Il y aura bientôt des travaux sur notre terrain et nous souhaitons les relocaliser. Est-il possible de les déplacer sans affecter indûment leur condition et assurer leur reprise? Si oui, doit-on confier le travail à un expert? Ils doivent être déplacés avant

le 1er septembre.

Réal Readman et Henriette Bouchard, Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier

R Un rhododendron est relativement facile à déplacer, car son système racinaire est dense et peu profond. Donc, oui, vous devriez être capables de le faire vous-mêmes. Par contre, les racines dépassent d'habitude la largeur de la plante, donc il faut quand même prendre une motte de racines assez large. Ce qui est ennuyeux dans votre cas est qu'idéalement, il aurait fallu accomplir ce travail tôt au printemps, quand la plante était encore en dormance. Actuellement, elle est en pleine croissance et à son point le plus vulnérable aux changements. Dans les circonstances, je crois que la fin d'août serait préférable, alors que sa croissance sera au ralenti à cette période.  Assurez-vous de transplanter vos rhododendrons dans un sol riche, meuble et acide et de bien les arroser et les pailler après la transplantation. Aussi, pour ce premier hiver, une légère protection hivernale - peut-être trois ou quatre piquets placés autour de chaque arbuste et entourés de jute pour couper le vent - serait sage. Une fois que les arbustes seront bien enracinés, ce qui devrait être le cas l'automne de la deuxième année, cette protection ne sera plus nécessaire.

Pour poser vos questions, écrivez à notre chroniqueur à courrierjardinierparessseux@yahoo.com.

***

Calendrier horticole

  • Voyage en Montérégie
La société d'horticulture de Sainte-Foy organise un voyage horticole en Montérégie le 23 septembre. Il y aura des visites du vignoble Domaine des Côtes d'Ardoise, de la miellerie Les Trois Acres et d'un verger, avec dégustations à chaque endroit. Le prix comprend le dîner et le souper. Coût : 125 $ pour les membres, 135 $ pour les non-membres. Info : 581 981-4441.

Pour toute activité horticole, écrivez-nous à courrierjardinierparesseux@yahoo.com.




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