Comment sauver vos «géraniums» du froid

Pélargoniums des jardins typiques. Notez la marque brune... (National Garden Bureau)

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Pélargoniums des jardins typiques. Notez la marque brune qui fait presque le tour de la feuille, une caractéristique de cette espèce.

National Garden Bureau

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<p>Larry Hodgson</p>
Larry Hodgson
Le Soleil

(Québec) Les vieilles habitudes ont la vie dure. Par exemple, les jardiniers continuent d'appeler le pélargonium des jardins (Pelargonium x hortorum) par son vieux nom, géranium des jardins, même si le nom a été officiellement changé... en 1789!

Et de plus, beaucoup continuent de conserver les pélargoniums pendant l'hiver, selon la méthode de leurs grands-parents ou arrière-grands-parents, même si cette technique ne fonctionne plus très bien sous les conditions modernes. Regardons aujourd'hui deux méthodes pour conserver des pélargoniums l'hiver - la méthode traditionnelle et la méthode plus moderne - pour voir laquelle convient mieux sous vos conditions. 

Description d'abord

Si vous avez une boîte à fleurs sur votre terrasse ou balcon, il y a de bonnes chances qu'elle contienne des pélargoniums des jardins (qu'on appelait autrefois géraniums), car ils sont forts populaires. Il s'agit d'une plante dressée aux tiges épaisses de 30 à 50 centimètres de hauteur et aux feuilles presque rondes à marge crénelée, souvent marquées par une zone brune qui fait presque le tour de la feuille (d'où un autre nom commun, pélargonium zonal). Le feuillage et les tiges dégagent une odeur curieuse, mais pas nécessairement désagréable, quand on les frôle. La plante produit des boules de fleurs dans une vaste gamme de couleurs (rouge, rose, orange, pourpre, blanc et même, depuis peu, jaune), des fleurs qui se succèdent pendant tout l'été. 

Le pélargonium des jardins est une plante tropicale et ne tolère pas le gel. Donc, soit on le laisse geler à l'automne, quitte à acheter de nouvelles plantes au printemps, ou encore on le rentre à l'intérieur pour l'hiver. Dans ce dernier cas, lavez bien le feuillage avec une solution de savon insecticide, vendu dans toute jardinerie, pour éliminer tout insecte qui pourrait s'y trouver. Et trempez aussi la motte de racines dans de l'eau savonneuse (1 c. à thé de savon insecticide dans un litre d'eau) de 15 à 30 minutes pour éliminer tout insecte dans le terreau. La plante peut ensuite rentrer dans la maison sans crainte d'apporter des indésirables.

Mais comment l'entretenir une fois qu'elle est entrée?

Méthode traditionnelle

Nos grands-parents mettaient leurs pélargoniums en dormance pour l'hiver et beaucoup de gens pensent toujours que c'est la bonne méthode. Voici comme on faisait : en septembre, on déterrait le pélargonium, on faisait tomber le terreau de ses racines et on suspendait la plante à l'envers dans le caveau à légumes. Après plusieurs mois de dormance, sans arrosage ni lumière, on sortait la plante de la chambre au début de mars, on la rempotait dans un terreau frais, on coupait les tiges asséchées et mortes (inévitables avec cette méthode) et on recommençait à l'arroser. Devant une fenêtre ensoleillée, la plante récupérait peu à peu, reprenait sa coloration verte et, avec un peu de chance, était bientôt prête à affronter un nouvel été en plein air. 

Beaucoup de jardiniers appliquent encore cette méthode, ou essaient de l'appliquer, et ne comprennent pas pourquoi ils échouent si souvent alors que leurs grands-parents réussissaient. Mais nos maisons ont beaucoup changé, surtout depuis la Première Guerre mondiale. Le caveau à légumes, un emplacement noir, humide et froid, mais libre de gel, où l'on conservait les légumes et les fruits autrefois par nécessité, a été essentiellement remplacé par le réfrigérateur et n'existe plus ou est très rare. La plupart des sous-sols modernes sont chauffés, ce qui met un stress supplémentaire sur la plante, déjà en détresse (le pélargonium n'est pas fait pour entrer en dormance et dépérit lentement lorsqu'on le traite ainsi). Même si la plante est conservée à la noirceur d'un sous-sol, elle sèche davantage qu'auparavant, car l'air y est nettement plus chaud et plus sec que dans un caveau. 

Et en passant, il n'a jamais été nécessaire de suspendre la plante à l'envers, même dans le temps de nos grands-parents. Ils croyaient que cela «renvoyait de l'énergie vers les tiges», mais, de nos jours, on sait que c'est un non-sens!

Si vous tenez à faire subir une dormance à votre pélargonium, un garage à peine chauffé conviendrait mieux qu'un sous-sol chauffé. Idéalement la température se tiendra autour de 5 à 10 °C. Et si possible, n'exposez pas les racines à l'air libre. Mieux vaut laisser la motte de racines intacte et mettre la plante dans un sac de papier plutôt que de la suspendre à l'envers (dans le sac, la plante s'asséchera moins). Si la plante est dans un pot individuel, rentrez tout simplement le pot au frais. 

Il est sage de vaporiser la motte de racines d'eau une fois par mois pendant l'hiver, car un garage est nettement moins humide qu'un caveau à légumes, et les plantes s'y dessèchent plus rapidement.

Méthode plus sûre

L'autre méthode pour maintenir un pélargonium pendant l'hiver a toujours été la plus sûre : il s'agit de le garder en croissance devant une fenêtre, tout simplement, ce qui reproduit le plus les conditions que les pélargoniums reçoivent dans leur pays d'origine, l'Afrique du Sud, où la plante pousse toute l'année avec seulement un ralentissement pendant les mois plus froids de l'hiver. 

Avec cette méthode, nettoyez tout simplement un peu la plante quand vous la rentrez, enlevant les feuilles mortes et jaunies et les fleurs séchées. Aussi, il peut être pratique de pincer l'extrémité des tiges (autrement dit, couper le bourgeon terminal) pour stimuler une meilleure ramification, ce qui donnera un plant plus fourni. Maintenant, placez le pot dans une soucoupe devant la fenêtre la plus ensoleillée possible à la température de la pièce ou encore sous un éclairage artificiel intense.

Pendant l'hiver, arrosez au besoin quand le terreau est sec au toucher. Notez que la fréquence d'arrosage peut varier d'aussi souvent qu'une fois tous les cinq jours à aussi peu qu'une fois toutes les trois semaines, selon vos conditions. (Plus la pièce est fraîche, moins la plante aura besoin d'eau.) Fertilisez jusqu'à la fin d'octobre, puis arrêter pour reprendre la fertilisation en mars. Il faut éviter les engrais, notamment les engrais riches en azote, pendant l'hiver, car cela peut stimuler un étiolement (croissance en orgueil) indésirable.

Votre «pélargonium bord de fenêtre» fleurira pendant son séjour dans la maison, mais souvent moins qu'à l'extérieur, car l'éclairage y est moins intense. 

Quand l'été arrive

Peu importe la méthode utilisée pour entretenir votre plante, il faut l'acclimater graduellement aux conditions d'extérieur au début de l'été. Quand il n'y a plus de risque de gel, placez la plante d'abord à l'ombre pendant trois ou quatre jours, puis à la mi-ombre, encore pendant trois ou quatre jours, avant de la placer au soleil. Avec ces soins, votre pélargonium refleurira pour un deuxième été. 

Gageons toutefois que les pélargoniums qui ont poussé sur le rebord d'une fenêtre seront plus beaux et plus fleuris que ceux qui ont passé l'hiver en dormance!

Réponses à vos questions

On peut récupérer un vieux pommier qui n'a... (Maseltov, Wikimedia Commons) - image 3.0

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On peut récupérer un vieux pommier qui n'a pas été entretenu depuis une génération.

Maseltov, Wikimedia Commons

  • Vieux pommier à tailler
Q J'ai un pommier d'environ 50 ans dont je veux faire effectuer une taille de rajeunissement cet automne. Est-ce possible de faire faire ce travail cet automne en coupant les branches d'environ deux mètres pour diminuer sa taille? Est-ce dangereux de faire mourir l'arbre considérant son âge?  Yves, Québec 

R Oui, on peut rajeunir un vieux pommier, mais il ne faut pas trop enlever d'un seul coup. Si la taille que vous proposez enlèvera plus d'un quart de sa structure, il serait sage d'étaler la taille de réduction sur trois ans. Commencez par la tête, la réduisant d'un tiers, et aussi enlevez toute repousse de la base. L'année suivante, raccourcissez la moitié des branches à la longueur désirée et la troisième année, l'autre moitié. Le moment idéal pour cette taille serait soit à la toute fin de l'automne ou encore à la fin de l'hiver.

  • Pelouse bosselée
Q Cette année au printemps, ma soeur fut bien étonnée de trouver le terrain dont elle est locataire complètement bosselé au point qu'il faut bien réfléchir et regarder avant de faire un pas et la tonte s'en trouve d'autant plus difficile. Que s'est-il produit? Elle profitait pourtant d'une pelouse uniforme sur ce terrain légèrement en pente les cinq années précédentes. Ce n'est pas le fait d'animaux. Que devraient faire ma soeur et son propriétaire pour remédier à cela? Marie Trudel

R Les sols glaiseux tendent à «travailler» pendant l'hiver, surtout quand il y a peu de neige, ce qui peut mener à ce genre de constatation au printemps. La correction la plus évidente est d'étaler de la bonne terre à gazon sur la surface et d'utiliser un râteau pour en combler les trous et dépressions. Tassez un peu le sol appliqué et remettez-en encore pour que les dépressions en soient bien remplies. Après, semez du gazon sur la terre posée. L'automne est la meilleure période pour effectuer cette sorte de réparation, donc vous posez votre question au bon moment. Il est souvent nécessaire de reprendre certaines sections une deuxième année, car la terre appliquée aura quand même tendance à se tasser un peu avec le temps.

Contrôler le lierre terrestre

Q Comment se débarrasser du lierre terrestre? Gilles Demers

R Le lierre terrestre (Glechoma hederacea) est un couvre-sol eurasiatique qui s'est échappé de la culture et qui envahit maintenant les gazons dans bien des secteurs. On le reconnaît par ses petites feuilles presque rondes à marge crénelée, ses fleurs tubulaires violettes encore plus petites et ses longues tiges rampantes qui courent partout dans le gazon. Les amateurs de gazons composés uniquement de graminées tiennent toujours à vouloir l'éliminer, mais si pour vous un gazon est juste une surface verte où l'on peut marcher et qui peut contenir une variété de végétaux, il est parfaitement loisible de le laisser pousser. Un gazon infesté de lierre terrestre est aussi résistant qu'un gazon de graminées, même plus, et jaunit moins en période de sécheresse. Si vous voulez absolument vous en débarrasser, sachez qu'l est difficile de contrôler le lierre terrestre dans un gazon à moins de l'arracher plante par plante. Il résiste notamment à la plupart des herbicides. Il y a toutefois une solution possible. C'est que le lierre terrestre ne tolère pas le bore (un élément minéral) et pousse uniquement dans les sols où celui-ci est en carence. En appliquant du bore sur un gazon infesté de lierre terrestre, il est parfois possible de l'éliminer. À cette fin, diluez 250 grammes de borax (un produit naturel) dans un litre d'eau chaude, puis versez dans neuf litres d'eau froide. Cette solution traitera 100 mètres carrés. Il ne faut pas en appliquer plus, car, comme tous les minéraux, un excès n'est pas mieux qu'une carence. Pour être efficace, l'application devrait se faire au printemps pendant ou après la floraison du lierre terrestre. Après vous être débarrassé du lierre terrestre, vous pouvez l'empêcher de revenir en tondant le gazon moins ras. En effet, il prend surtout racine dans les gazons «scalpés» (malmenés par une coupe trop basse). Si vous ne tondez jamais le gazon à moins de 7,5 centimètres de hauteur, il sera plus dense et plus en santé, plus capable de résister aux envahisseurs comme le lierre terrestre.

Des questions, svp!

Vous pouvez nous joindre par courriel à courrier@jardinierparesseux.com

Par courrier à Le jardinier paresseux, Le Soleil, C. P. 1547, succ. Terminus, Québec (Québec)  G1K 7J6

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