Combattre l'herbe à poux

Les épis floraux de l'herbe à poux ressemblent... (Fournie par jardinierparesseux.com)

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Les épis floraux de l'herbe à poux ressemblent à de minces pagodes vertes.

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<p>Larry Hodgson</p>
Larry Hodgson

Collaboration spéciale

Le Soleil

Si vous éternuez plus souvent que la normale entre le début d'août et la fin de septembre, si vos yeux piquent, si vous manquez de souffle et si votre niveau d'énergie frise le zéro, vous souffrez sans doute d'une allergie au pollen de l'herbe à poux. Et vous n'êtes pas seul: environ 17 % de la population en souffre. D'ailleurs, l'herbe à poux est de loin la plus allergène au Québec, étant responsable d'environ 75 % de toutes les allergies saisonnières.

L'herbe à poux (Ambrosia artemisiifolia, l'espèce la plus courante) n'est pas indigène au Québec, même si elle y pousse en abondance. Cette plante des Prairies, dans l'ouest du Canada, a migré dans nos régions quand nos ancêtres ont coupé la forêt pour en faire des champs de culture, créant un milieu qui ressemble à sa terre natale.

L'herbe à poux est une plante plutôt insignifiante de 10 à 70 centimètres de hauteur. Son feuillage est très découpé, comme celui de la carotte sauvage, mais de couleur vert jaunâtre plutôt que vert foncé. Son épi floral, trouvé au sommet de la plante, ressemble à une petite pagode verte très étroite. Les fleurs minuscules sont vertes ou jaune verdâtre elles aussi et ne sont pas très visibles.

Les fleurs n'ont pas besoin de couleurs flamboyantes, car elles ne cherchent pas à attirer les insectes pollinisateurs; elles sont pollinisées par le vent. Donc, des nuées de pollen d'herbe à poux remplissent l'air à la fin de l'été... ainsi que les narines des humains.

Pendant longtemps, les gens ont tenu pour responsable la verge d'or (Solidago canadensis) pour la fièvre des foins de la fin de l'été. Cette plante aux fleurs jaune vif fleurit en même temps que l'herbe à poux, et on la tenait responsable de cette affliction, car le début de l'irritation correspondait au commencement de sa floraison. Tristement, beaucoup de gens détruisent encore la jolie verge d'or sous prétexte qu'elle provoque des allergies, mais, en fait, elle n'est pas allergène: son pollen est trop lourd pour être transporté par le vent. C'est sa cousine bien discrète, l'herbe à poux (les deux appartiennent à la même famille végétale, les Astéracées), au pollen si léger, qui est la vraie coupable.

Où la trouver

L'herbe à poux est une plante annuelle. Elle doit recommencer à zéro tous les printemps, à partir de semences tombées au sol. D'ailleurs, ses semences peuvent rester vivantes 40 ans et même plus. Mais pour germer, elle a besoin de soleil. Ainsi, elle ne tolère pas la compétition d'autres plantes déjà établies. Elle s'installe dans des emplacements où la végétation est, soit basse, ce qui laisse le soleil pénétrer jusqu'au sol, soit absente. De plus, elle est très tolérante aux sols salins. Sur la plupart des terrains, cherchez l'herbe à poux le long du trottoir et du stationnement, là où le gazon pousse mal à cause du calcium répandu pendant l'hiver, et où elle est donc libre de proliférer. On la trouve aussi sur les terrains vagues, le long des grandes routes et des chemins de fer, ainsi que dans les dépôts à neige.

Vous ne la trouverez pas souvent dans les platebandes ou dans les sous-bois, car la végétation très dense nuit à sa germination. L'utilisation de paillis l'éliminera complètement, car elle ne peut pas germer dans une platebande paillée.

Comment la contrôler

Pour la plupart des propriétaires, l'herbe à poux est un problème lié au gazon mal en point en bordure de la rue. La meilleure solution temporaire pour s'en débarrasser est donc de tondre fréquemment le gazon dans cette zone. Ça ne tuera pas les plantes déjà présentes, mais ça les empêchera de fleurir. Ces plantes mourront avec les premiers gels... mais d'autres repousseront au printemps si on ne les freine pas.

Pour un contrôle permanent, remplacez le gazon en mauvais état en bordure de la rue, soit en posant des plaques, soit en semant un gazon de qualité. On peut faire l'un ou l'autre avec plus de succès quand la température baissera au début de septembre.

Aussi, chaque printemps, à la fonte des neiges, lessivez le sol en bordure de la rue, en laissant couler de l'eau claire pendant quelques minutes. Cela dissoudra et emportera le calcium en profondeur et permettra ainsi au gazon de mieux pousser. Et quand le gazon pousse densément, l'herbe à poux ne peut pas germer.

Si l'herbe à poux apparaît ailleurs sur votre terrain, l'action la plus facile est de l'arracher. Elle ne produit pas un système racinaire très important et est facile à enlever. Après, couvrez le sol d'au moins cinq centimètres de paillis pour éviter que les graines ne germent l'an prochain.

Si l'herbe à poux arrachée n'est pas en fleurs, vous pouvez l'ajouter au compost. Mais si elle porte déjà ses épis verts, sachez que ses fleurs peuvent mûrir après l'arrachage. Il vaut mieux mettre les plantes en fleurs dans les ordures plutôt que dans le compost.

Évidemment, il n'y pas que les citoyens qui peuvent aider à contrôler l'herbe à poux, les instances gouvernementales aussi. L'Association pulmonaire Québec tient une campagne annuelle d'arrachage de l'herbe à poux destinée aux municipalités (pq.poumon.ca/environment-environnement/ambrosia/poux). Si votre municipalité n'y participe pas, faites pression sur elle pour qu'elle y adhère.

La Ville de Lévis est la figure de proue dans ce domaine, avec ses efforts de sensibilisation, de prévention et d'arrachage de l'herbe à poux, et son budget annuel de 100 000 $ alloué à son éradication. C'est pourquoi elle a été choisie comme ville hôtesse pour le lancement de la campagne 2016 en juin dernier.

À Québec, on trouve aussi un programme de contrôle de l'herbe à poux, même si la Ville ne participe pas au programme provincial. Ainsi si vous constatez la présence d'herbe à poux sur un terrain municipal, signalez-la à votre bureau d'arrondissement.

Herbe à poux ou herbe à puce

L'herbe à puce est une plante très différente,... (Fournie par jardinierparesseux.com) - image 2.0

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L'herbe à puce est une plante très différente, avec d'assez grandes feuilles trifoliées.

Fournie par jardinierparesseux.com

Les noms communs sont analogues, mais les deux plantes sont très différentes. L'herbe à poux est une annuelle à feuillage découpé qui provoque des allergies saisonnières. L'herbe à poux (Toxicodendron radicans) est un petit arbuste ou couvre-sol aux feuilles trifoliées qui provoquer une irritation cutanée quand on la touche ou la frôle. La photo aidera à le distinguer.

Herbe à poux, herbe à puce : ni l'un ni l'autre n'ont leur place sur les terrains de ville ou de banlieue. Faisons notre devoir de citoyen de les éradiquer de nos terrains.

Réponses à vos questions

  • Des peupliers de Lombardie qui meurent
Q Je constate cette année que les peupliers de partout sont morts, ou presque morts. Je me demande quelle en est la raison. Est-ce une question de changement climatique?

Pierre

Des peupliers de Lombardie en plein dépérissement... (Fournie par Pierre) - image 4.0

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Des peupliers de Lombardie en plein dépérissement

Fournie par Pierre

R Les peupliers dont vous parlez sont des peupliers de Lombardie (Populus nigra 'Thevestina' ou 'Italica'), une variété au port très étroit. Ce peuplier vient du sud de l'Europe et a été souvent planté entre les années 50 et 90 comme brise-vent.

Mais les arbres se sont montrés mal adaptés à notre climat froid et humide. Ils souffrent souvent de dommages hivernaux, puis de champignons. De plus, les peupliers en général ne vivent pas très longtemps et le peuplier de Lombardie ne fait pas exception. La plupart des spécimens qui sont morts cet hiver étaient déjà mal en point ou mourant depuis de nombreuses années, notamment à cause des chancres qui les tuaient branche après branche.

Mais l'hiver dernier semble enfin avoir eu raison de plusieurs spécimens. Je soupçonne que cela vient du fait que le temps est resté doux trop longtemps (presque jusqu'à Noël), ce qui les a empêchés de s'aoûter (se préparer à l'hiver) correctement. Leur mort est un mal pour un bien, car ces arbres étaient dans un état de dépérissement depuis des années. Reste seulement à les couper.

Chose certaine, la plantation du peuplier de Lombardie n'est plus recommandée depuis fort longtemps. On suggère plutôt des variétés mieux adaptées à notre climat et moins sujettes aux maladies, comme le peuplier 'Tower' (P. x canescens 'Tower') et le tremble fastigié (P. tremula 'Erecta'), tous les deux des arbres avec un port étroit très comparable.

  • Blessures à un bouleau
Q Le mois dernier, nous avons fait rénover la toiture. Le camion de la compagnie a malencontreusement blessé un bouleau sur une hauteur d'environ deux mètres, comme le montre la photo. L'écorce a été décollée sur une bonne partie. Que devons-nous faire? Est-ce que cela se répare?

Michel Asselin

Un bouleau à l'écorce endommagée... (Fournie par Michel Asselin) - image 5.0

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Un bouleau à l'écorce endommagée

Fournie par Michel Asselin

R Les blessures d'un arbre ne se réparent pas. L'arbre va plutôt essayer de recouvrir les tissus endommagés avec une nouvelle couche d'écorce pour prévenir les infestations de champignons et d'insectes. Mais la blessure restera toujours présente sous l'écorce renouvelée. On appelle cela la compartimentation.

Pour aider l'arbre à faire son travail de compartimentation, découpez l'écorce décollée et égalisez les bords de la blessure, en enlevant les bouts d'écorce déchirée ou irrégulière avec un sécateur, un ciseau à bois ou un marteau.

Laissez la blessure sécher à l'air. N'appliquez pas de mastic ou de peinture d'émondage: ces produits, autrefois populaires, ne se sont montrés d'aucune utilité et peuvent même augmenter les risques d'infestation par les champignons si leurs spores restent prisonnières sous la couche appliquée. Enfin, laissez dame Nature faire son travail. Si la blessure est majeure, il peut falloir deux ou trois ans avant que la blessure ne se recouvre complètement d'écorce.

  • Les limaces: un problème?
Q J'ai un coin de la maison à l'ouest avec des plantes ornementales, une fontaine, des spirées naines, des clématites et un caragana pleureur. Depuis deux étés, à la mi-juillet et au mois d'août, les feuilles sèchent et disparaissent graduellement. J'ai remarqué des limaces dans les feuilles. Avez-vous une solution ou un produit efficace pour me débarrasser de ces bestioles? Quoi faire pour ne plus les revoir?

Alain M.

R Je ne vois pas comment des limaces pourraient faire sécher des feuilles. Dans votre cas, au contraire, elles jouent probablement le rôle de vidangeuses: elles nettoient le sol des feuilles mortes qui s'y accumulent. Il est donc inutile de traiter les limaces si, comme dans le cas présent, elles ne causent pas de dommages.

La population de limaces baissera d'elle-même quand vous aurez réglé le vrai problème. Il faudrait plutôt essayer de comprendre pourquoi les feuilles jaunissent et tombent si tôt dans la saison. Est-ce que l'emplacement est très sec, signe d'un manque d'eau? Voyez-vous des champignons pousser à partir du sol dans le secteur? Leurs «racines» (des hyphes) peuvent créer une couche imperméable dans le sol qui empêche l'eau de pluie de percoler vers le bas. Y  a-t-il eu épandage d'un produit toxique ou de sel de déglaçage? Est-ce qu'il y a présence d'une importante fourmilière à la base des végétaux?

En aérant trop le sol, les fourmis peuvent l'assécher à un point tel que les racines en meurent. Les feuilles ne jaunissent pas en plein été pour rien: il y a quelque chose qui cloche. Ne sachant pas la vraie cause, je ne peux que vous suggérer un traitement de base pour améliorer la croissance de n'importe quelle plante: un bon arrosage par semaine, s'il n'y a pas de pluie, et un apport de compost ou d'un engrais à dégagement lent au printemps, selon le mode d'emploi donné sur le produit. Attention de ne pas mettre trop d'engrais, cela ne fera qu'empirer la situation.

Des questions, svp!

  • Vous pouvez nous joindre par courriel à courrier@jardinierparesseux.com
  • Par courrier à Le jardinier paresseux (Le Soleil, C. P. 1547, succ. Terminus, Québec (Québec), G1K 7J6)

Calendrier horticole

Journée Couleurs et saveurs

Le chef Jean Soulard sera au Domaine Joly-De Lotbinière samedi pour la Journée Couleurs et saveurs de la Chaudière-­Appalaches. Il y aura une visite-découverte du Jardin des curiosités et du Potager du Domaine, à 10h30; un repas à base de produits locaux à 12h; une animation-conférence par le chef Jean Soulard à 13h30; un cocktail à 14h; et des kiosques présentant les produits du terroir de la région de Lotbinière. Forfait entrée et activités : 10 $ pour les abonnés, 28 $ pour les non-abonnés. Forfait entrée, activités et repas gastronomique : 25 $ pour les abonnés, 43 $ pour les non-abonnés. Réservation obligatoire.

Concert champêtre

Le Domaine Joly-De Lotbinière offrira son dernier concert champêtre de l'été dimanche à 11h. Préinscription obligatoire.

Broderie et jardin

Le 17e rendez-vous annuel de l'art de la broderie et de la dentelle aura lieu au Domaine Joly-De Lotbinière dimanche, de 13h à 16h. Démonstrations des deux arts avec plus de 70 artisans en provenance de partout au Québec. Visite guidée de l'exposition.

Réservation ou inscription aux activités énumérées ci-dessus: 418 926-2462 ou domainejoly.com

Pour toute activité horticole, écrivez-nous à magazine@lesoleil.com.

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