Nature ou gazon en façade d'une maison?

Fleurs des champs et petits arbres composent l'aménagement... (Fournie par Mireille Bonin)

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Fleurs des champs et petits arbres composent l'aménagement en façade du chalet de Mireille Bonin, à Buckland, dans Bellechasse.

Fournie par Mireille Bonin

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<p>Larry Hodgson</p>
Larry Hodgson

Collaboration spéciale

Le Soleil

À la suite de la chronique de la semaine dernière intitulée «Histoire de pelouse», qui se terminait par une réflexion sur le gazon omni­présent de nos banlieues, voici un cas concret de ce qui peut arriver quand quelqu'un essaie de briser le moule avec un aménagement non gazonné en façade.

Mireille Bonin possède un chalet à Buckland, dans Belle­chasse, et est aux prises avec sa municipalité depuis 2014 au sujet des plantations qui l'entourent. Elle laisse pousser fleurs et plantes et y voit un effort de perma­culture. Elle écrit: «Je travaille depuis 10 ans à laisser principalement la nature reboiser mon terrain en montagne et savoure entre-temps les fleurs des champs, les herbes médicinales et les plantes indigènes.» Par contre, la municipalité semble y voir une pelouse négligée et lui somme de tondre les «herbes hautes» en façade de chez elle sous peine d'amende, car il y aurait eu une plainte à ce sujet.

Mme Bonin n'a pas obtempéré, et la saga continue depuis ce temps. Cette année, elle a reçu une nouvelle lettre de sa municipalité qui l'exhorte à tondre ce qu'elle considère son jardin, la menaçant même de le faire à sa place si elle s'obstine à vouloir le conserver.

Aux dernières nouvelles, la municipalité n'est pas encore passée avec la faucheuse, et Mme Bonin tente par tous les moyens de sauver son jardin naturel.

Que peut-on cultiver en façade à Buckland?

Buckland s'est doté d'un règlement de zonage municipal où on trouve, entre autres, les règlements suivants:

a. Tout emplacement ou partie de l'emplacement situé en milieu urbain, de villégiature ou récréotouristique qui n'est pas occupé par un bâtiment, un usage accessoire, un boisé, une aire de stationnement doit être terrassé et recouvert de pelouse.

b. Tout emplacement doit être maintenu dans un état de propreté de façon à maintenir le caractère du voisinage; l'entretien sera la responsabilité du propriétaire, et ce, jusqu'à la bordure de rue ou les voies de circulation selon le cas.

Mme Bonin prétend cependant qu'elle est à la campagne avec comme seuls voisins d'autres chalets où personne ne fait une obsession de la tonte du gazon. Ainsi, elle maintient «le caractère du voisinage». Elle explique: «Il est à noter que la végétation que je choisis de garder sur mon terrain se retrouve des deux côtés de la rue, dans les fossés. Cela crée une harmonie. C'est le gazon qui serait l'étranger dans cet espace.»

Obliger une citoyenne à ­­­passer une tondeuse bruyante et polluante plutôt que de laisser la nature faire son oeuvre paraît, au XXIe siècle, où le respect de l'environnement est considéré comme une priorité, particulièrement anachronique. On se croirait toujours dans les années 50!

D'autres municipalités ont des règlements analogues, mais peu choisissent de les appliquer.

Peut-on cultiver un potager en façade?

L'histoire du beau potager en façade du couple... (Photothèque Le Soleil) - image 2.0

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L'histoire du beau potager en façade du couple de Drummondville que leur ville a voulu détruire a fait le tour du monde.

Photothèque Le Soleil

Il n'y a pas qu'un pré fleuri à la campagne qui puisse faire réagir une municipalité, il y a aussi l'idée d'un potager en façade en banlieue. On peut se rappeler la célèbre histoire du «potager en façade de Drummondville».

Quand Josée Landry et Michel Beauchamp ont planté un potager ornemental en façade de leur maison de banlieue à Drummondville en 2012, ils ne devaient certainement pas s'attendre à ce que leur histoire fasse le tour de la planète, mais ce fut le cas. Des reportages d'aussi loin que la France, la Chine et l'Australie ont rapporté l'histoire de ce beau potager en façade que leur municipalité les a sommés d'arracher. Cependant, avec toute la pression médiatique, le couple a fini par obtenir d'abord un sursis jusqu'à la fin de la saison, puis gain de cause. Un an plus tard, la ville de Drummondville a adopté une réglementation permettant les potagers en façade.

Ailleurs au Québec, des municipalités emboîtent le pas aux changements d'attitude de la part de leurs citoyens. En Montérégie, la Fondation RHA (Reconstruction harmonieuse de l'agriculture) a décidé de passer à l'action avec le projet Paysages CO2mestibles, qui incite les résidents à réduire la superficie de leur pelouse tout en augmentant leur capacité à se nourrir sur leur terrain. À Granby, à Montréal, à Saint-Hyacinthe, à Lévis, à Sherbrooke, à Trois-­Rivières et à Victoriaville, il est désormais permis d'avoir un potager devant une résidence.

À Québec, un potager en façade n'est pas encore officiellement autorisé, mais de nombreux jardiniers en font un quand même. Il y a même eu, pendant deux ans, en 2013 et en 2014, un concours à ce sujet, ­­­Mon potager en façade, qui s'appliquait uniquement à la Ville de Québec. Plusieurs prix furent attribués, mais aucune contravention. Et dans la ville de Québec, de nombreux propriétaires installent aussi d'autres aménagements que la pelouse devant leur maison - platebandes, rocailles, couvre-sol, aménagements naturalisés, etc. - sans se faire rappeler à l'ordre.

Mon avis

Je crois que le monde a évolué passablement depuis les années 50 et 60, où la conformité dans l'aménagement des terrains pouvait être vue comme un devoir de citoyen. Les règlements appliqués à Buckland sont basés sur la situation de cette époque et représentent mal la situation d'aujourd'hui.

Il me semble que les règlements très stricts sur ce qu'on peut cultiver en façade sont tout simplement désuets. Bien sûr, il y a des exceptions. Je comprends qu'il faille maintenir un triangle de visibilité de végétaux bas au coin d'une rue pour permettre une circulation sécuritaire, par exemple. Mais est-ce qu'un peu de variété dans l'aménagement est vraiment si nuisible à la communauté? De toute façon, peu de municipalités appliquent systématiquement de tels règlements, mais réagissent seulement lorsqu'il y a une plainte.

J'en sais quelque chose. Mon terrain situé dans l'arrondissement de Sainte-Foy n'a plus de pelouse en façade depuis 15 ans, mais plutôt une platebande naturalisée et un jardin de sous-bois. Un de mes voisins d'en face s'est aussi débarrassé complètement de sa pelouse en faveur de magnifiques plates-bandes paillées dont je suis très jaloux. Plus loin dans ma rue, il y a un potager en façade et aussi une maison où on ne tond le gazon qu'à partir de la mi-juillet, après que les fleurs sauvages (mauves et marguerites surtout) ont fini de fleurir. Une idée tout à fait charmante!

D'accord, la plupart des maisons de mon secteur ont encore du gazon tondu bien ras en façade, mais je crois que même les citoyens qui tiennent à leur propre pelouse ont plus d'ouverture d'esprit quant à ce qui constitue un aménagement acceptable pour leur voisin que ce ne fut le cas autrefois. C'est aux municipalités donc de se mettre à jour.

Espérons que la municipalité de Buckland se rende à l'évidence : les attitudes concernant l'aménagement paysager ont évolué, et les municipalités ont le devoir de satisfaire aux besoins de leurs citoyens plutôt que de les contrecarrer. Je souhaite alors bonne chance à Mme Bonin et à tout autre jardinier aux prises avec des règlements d'aménagement plutôt obsolètes.

Réponses à vos questions

  • Dépérissement d'un thuya
Q Comment expliquer le dépérissement très soudain (environ un mois) de ce thuya transplanté depuis plus de 25 ans?

Antoine Lacoursière

Parfois, des arbres meurent subitement et il n'y... (Antoine Lacoursière) - image 4.0

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Parfois, des arbres meurent subitement et il n'y a pas toujours une raison évidente.

Antoine Lacoursière

R Il n'y a pas toujours une explication claire pour la mort subite d'un arbre, d'un conifère, d'un arbuste ou de tout autre végétal. Dans la nature, on voit aussi des arbres mourir subitement pour aucune raison apparente.

Il y avait peut-être la présence, dans les racines ou le tronc, d'un champignon néfaste ou d'un insecte nuisible, mais pourquoi s'est-il mis à se développer tout d'un coup? Cela demeure un mystère. Parfois, on peut retracer le dépérissement de la plante à un changement quelconque dans l'environnement (le niveau phréatique a été modifié, par exemple, une grosse fourmilière s'est installée à sa base et les actions des fourmis ont asséché ses racines, ou la chute d'un autre arbre à proximité a modifié radicalement la pénétration du soleil ou du vent) ou à une action quelconque (un traitement herbicide mal avisé, par exemple, ou encore, un camion garé à son pied qui a abîmé ses racines). Mais la plupart du temps, il n'y a pas de réponse claire pour ces morts assez subites.

C'est au propriétaire d'accepter le dépérissement et d'enlever le végétal mort, tout simplement. Vous pourriez même planter un autre thuya au même endroit et il reprendra tout probablement sans problème.

  • Le papier journal tue aussi les bulbes
Q J'ai l'intention d'utiliser la «méthode du papier journal» pour désherber une de mes surfaces de jardin où se trouvent des vivaces (rudbeckies et hémérocalles entres autres) et des mauvaises herbes. Je placerais plusieurs épaisseurs de papier journal autour de mes vivaces et y mettrais du paillis par-dessus. Cependant, j'ai aussi à cet endroit des bulbes printaniers (tulipes, jacinthes, ail décoratif). Je me demande si en mettant du papier journal et du paillis à l'endroit où je veux faire mourir les mauvaises herbes, cela ne tuera pas également les bulbes printaniers.

Céline de Charlesbourg

R Malheureusement, le papier journal crée une barrière contre le soleil (l'unique source d'énergie pour les plantes) et si vous le posez maintenant, les plantes recouvertes, à la fois les mauvaises herbes et les bulbes, en seront donc toutes étouffées. Par contre, vous pourriez déterrer les bulbes (si vous savez où les trouver!) et les replanter ailleurs en attendant, quitte à les remettre dans cette même platebande une fois que les mauvaises herbes seront mortes et que le papier journal sera décomposé (sans doute donc pas avant la fin de l'été prochain). Sinon, rappelez-vous que les bulbes coûtent relativement peu cher à remplacer.

  • Champignons bizarres dans le paillis
Q J'ai remarqué depuis deux semaines de drôles de champignons qui poussent dans ma platebande. Ils ont une forme particulière et ils semblent éclore d'un oeuf blanc. Ils semblent attirer beaucoup de mouches! J'ai ma platebande depuis bientôt huit ans et je mets toujours du paillis chaque printemps. Mais voilà, ces champignons viennent d'apparaître de nulle part alors que je n'ai pas de forêt à proximité, ni même d'arbres sur mon terrain. Qu'est-ce qui peut causer cela? Mon paillis serait-il pourri? Que dois-je faire pour m'en débarrasser? Est-ce dangereux?

Marie Gauthier

Champignons phallus de chien... (Marie Gauthier) - image 5.0

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Champignons phallus de chien

Marie Gauthier

R Il s'agit d'un champignon appelé phallus de chien (Mutinus caninus) pour sa forme évocatrice. L'oeuf gélatineux que vous voyez est un futur champignon, tout simplement. Ce champignon vit des résidus de bois en voie de décomposition, mais n'est pas envahissant. Et il ne cause pas de dommages aux plantes ni aux structures du jardin. Il n'est pas toxique et peut même, au stade «oeuf», être consommé.

Quant à quoi faire, il suffit de le détruire avec une houe quand vous le voyez afin d'éloigner les mouches, tout simplement. C'est vrai que votre paillis est un peu pourri, toutefois, mais c'est la nature des paillis de se décomposer peu à peu et cela n'est nullement nuisible. Quand son épaisseur diminue avec le temps, vous n'avez qu'à le recouvrir d'une nouvelle couche de paillis, comme vous avez l'habitude de faire: il n'est pas nécessaire d'enlever l'ancienne couche.

Calendrier horticole

Concerts champêtres

Le Domaine Joly-De Lotbinière offrira à 11h tous les dimanches cet été une série de concerts champêtres, et ce, jusqu'au 21 août. L'inscription pour ces concerts est obligatoire. À cette fin, composez le 418 926-2462 ou visitez le site Web du Domaine.

Pour toute activité horticole, écrivez-nous à courrier@jardinierparesseux.com.

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