Confusion autour des légumes: tirons les choses au clair!

Quels légumes mettrez-vous dans votre potager cet été?... (Photo 123rf/Bouvier Sandrine)

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Quels légumes mettrez-vous dans votre potager cet été?

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<p>Larry Hodgson</p>
Larry Hodgson

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Le Soleil

Je constate une grande confusion parmi les amateurs de légumes sur les termes utilisés dans ce domaine. À la récente Fête des semences, tenue au pavillon Desjardins de l'Université Laval le 6 mars dernier, plusieurs personnes m'ont par exemple dit éviter l'achat des semences de légumes hybrides sous prétexte qu'ils contiennent des OGM. D'autres ne voulaient cultiver que des légumes patrimoniaux, parce qu'ils sont biologiques. En vérité, ni l'une ni l'autre de ces croyances ne tient la route. Prenons donc le temps ici de donner quelques explications sur cinq termes qui semblent porter à confusion, soit le légume ancien ou patrimonial, le légume hybride, le légume hybride F1, l'OGM et la semence biologique, et ainsi vous aider à mieux choisir les plants et les semences pour votre jardin estival.

Légume ancien ou patrimonial

Il s'agit d'une vieille lignée de légumes, normalement sur le marché depuis au moins 50 ans ou avant l'année 1951, selon la définition utilisée. Les légumes anciens sont des hybrides d'autrefois, des variétés créées par l'être humain par la pollinisation croisée entre deux ou plusieurs lignées différentes, puis stabilisées par la sélection. Certains prétendent qu'ils ont meilleur goût que les hybrides modernes, mais cela n'est pas nécessairement vrai. Lors de dégustations à l'aveugle, ce sont souvent les variétés modernes qui remportent la palme. 

Habituellement, on cultive des légumes patrimoniaux dans le but de préserver des gènes anciens. Aussi, certaines lignées de légumes anciens (mais pas toutes) sont mieux adaptées aux conditions locales. Un autre avantage est que vous pouvez récolter leurs semences pour ressemer les années suivantes, et ce, à l'infini, car par définition, ils sont stables. Il faut toutefois les cultiver séparément de tout autre légume apparenté pour éviter les croisements accidentels. 

Leur grand défaut est qu'ils sont souvent peu résistants aux maladies modernes, car les maladies évoluent constamment et deviennent plus sévères, mais les lignées fixées n'évoluent plus.

Légume hybride

Essentiellement, tous les légumes que nous consommons, modernes ou anciens, sont des hybrides. Tous ont été modifiés de leur forme sauvage d'origine. La carotte sauvage avait une mince racine blanche trop amère pour être mangée, la betterave sauvage ne formait même pas de racine enflée, la tomate sauvage portait un fruit de la taille d'une groseille, etc. Nos ancêtres, en choisissant de conserver les semences du légume le plus beau, le plus gros, le moins amer, etc., de génération en génération, ont peu à peu transformé la plante sauvage en légume qu'on connaît. 

Plus récemment, les humains ont appris à accélérer les choses en transférant le pollen d'une variété intéressante à une autre variété, ce qui accélère la sélection. Quand ils réussissaient à développer une combinaison de traits qui plaisaient, il suffisait de sélectionner les plants les plus conformes sur plusieurs générations pour «fixer la lignée». Il en résulte les variétés que nous connaissons aujourd'hui.

On entend très souvent dire que les hybrides modernes (car l'hybridation continue toujours) ont un goût plus fade que les variétés anciennes. Cela n'est ni vrai ni faux, car il existe des hybrides modernes «au goût d'autrefois», des variétés modernes au goût amélioré... et d'autres avec moins de goût. Tout dépend des sélections faites. Certaines variétés modernes ont été développées pour l'industrie de la transformation, et donc davantage pour résister aux manipulations multiples et au transport que pour leur goût. Les tomates de serre au goût de carton-pâte sont de ce groupe. Mais d'autres ont été développées pour le potager maison et peuvent être d'un goût exceptionnel.

Eh oui, on peut récolter et ressemer les graines des légumes hybrides qui donneront des plantes identiques, tout comme les légumes anciens... à moins de voir l'indication «hybride F1».

Légume hybride F1

On ne peut pas distinguer entre semences hybrides,... (Photo www.public-domain-image.com) - image 2.0

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On ne peut pas distinguer entre semences hybrides, semences biologiques, semences de légumes anciens, etc. juste à les regarder. Il faut consulter le sachet.

Photo www.public-domain-image.com

Un hybride F1 est la première génération d'un croisement entre deux variétés de lignées pures. La variété ainsi créée bénéficie de ce que l'on appelle la «vigueur hybride» (hétérosis), ce qui explique sa robustesse exceptionnelle. Pour donner un exemple dans le monde animal, le mulet est plus fort et plus résistant que ses parents, le cheval et l'âne. Ainsi en va-t-il pour les plantes. Par contre, les hybrides F1 n'ont pas été fixés, c'est-à-dire qu'ils ne sont pas «fidèles au type». Si vous récoltez leurs semences et les semez l'an prochain, les plantes produites donneront un mélange de traits. 

Comment ça? Voici un exemple : en croisant un radis rouge avec un radis blanc, on n'obtient dans la première génération (la F1) que des radis roses. Justement ce que nous voulions. Donc, quand vous achetez des semences de ce croisement F1, elles donneront toujours des radis roses. Parfait! Mais si vous récoltez les graines des radis roses F1 que vous les cultivez, la prochaine génération donnera des radis rouges, blancs et roses. C'est ça, ne pas être fidèle au type. 

Conclusion, il n'est pas intéressant de ressemer les graines récoltées à partir d'hybrides F1, car les plantes qui en résultent ne sont pas identiques à leurs parents, mais variables. Il faut acheter de nouvelles semences chaque fois, mais pas nécessairement tous les ans, car la plupart des sachets de semences F1 contiennent assez de graines pour trois ans.

Les hybrides F1 coûtent souvent plus cher (il faut souvent les polliniser manuellement, une manipulation supplémentaire), mais si leur combinaison de caractéristiques correspond à vos attentes, le coût supplémentaire peut valoir la peine.

OGM

Il s'agit d'un organisme génétiquement modifié. Le terme se dit d'une plante dans laquelle un humain est venu insérer du matériel génétique provenant d'une autre plante (ou même d'un animal!) sans passer par la «voie normale», soit la pollinisation. Il y a, par exemple, du maïs fourrager contenant des gènes de Bt, une bactérie qui réprime les chenilles, et des lignées de colza­­  et de soya auxquelles on a inséré des gènes les rendant résistantes aux herbicides. 

Par contre, aucune semence vendue aux jardiniers amateurs n'est un OGM. Certains vendeurs de semences peu scrupuleux annoncent qu'ils «ne vendent pas de semences OGM», sous-entendant ainsi que leurs compétiteurs le font, ce qui est faux. Que vous soyez contre les OGM, indifférent ou en faveur, les légumes que vous pouvez semer n'ont pas été modifiés génétiquement, point à la ligne. 

En passant, une plante peut «être» un OGM, mais elle ne peut pas «contenir» des OGM. Ce sont les produits faits à partir d'un OGM qui peuvent «contenir des OGM».

Semence biologique

Enfin, pour boucler la boucle, un dernier terme à éclaircir : les semences biologiques. Il s'agit de semences qui ont été produites sans utiliser de pesticides ou de fertilisants synthétiques, tout simplement. Des semences anciennes peuvent être biologiques ou non, tout comme les semences hybrides. Les légumes qui en résultent, ceux que vous cultivez chez vous, par contre, ne seront pas biologiques si vous utilisez des pesticides ou des fertilisants chimiques. Il faudrait utiliser uniquement des produits biologiques pour considérer vos légumes «biologiques».

J'espère que ces éclaircissements vous aideront à mieux choisir les semences que vous allez acheter, les légumes que vous allez repiquer dans votre jardin et peut-être même ceux que vous mettrez dans votre assiette.

Réponses à vos questions

Tache goudronneuse de l'érable... (Photo Wikimedia Commons) - image 4.0

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Tache goudronneuse de l'érable

Photo Wikimedia Commons

Est-ce que les érables récupèrent de la tache goudronneuse?

Q Les érables de Norvège autour du condo que j'habite souffrent de la tache goudronneuse, surtout depuis trois ans. D'une année à l'autre, les ravages ont augmenté, de sorte que certains de nos arbres perdent presque toutes leurs feuilles. Les informations que j'ai consultées jusqu'ici précisent que cela n'est pas nuisible à l'arbre, mais ne disent pas si cette maladie risque de durer encore longtemps. Vaut-il mieux abattre l'arbre ou espérer qu'il reprenne son bel air d'antan? 

Gaston Guy

La tache goudronneuse de l'érable (Rhytisma acerinum) est une maladie introduite accidentellement d'Europe qui s'attaque aux érables de Norvège. Il est peu probable qu'elle disparaisse, d'autant plus que l'érable de Norvège est abondamment cultivé dans nos régions et ainsi la maladie trouve toujours un hôte pour sa croissance future. Par contre, quand le printemps est relativement sec, les symptômes peuvent être moindres et alors peu de feuilles tomberont. Personnellement, je déconseille la plantation de l'érable de Norvège. Quant à savoir si vous devez endurer le dépérissement régulier de vos érables ou non, c'est à vous de décider. Par contre, avant d'abattre un arbre, il est important de consulter votre municipalité pour voir si c'est permis et, si oui, sous quelles conditions.

Les taupes sont essentiellement solitaires, donc quand vous... (Photothèque Le Soleil) - image 5.0

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Les taupes sont essentiellement solitaires, donc quand vous attrapez l'unique coupable, l'invasion prend aussitôt fin.

Photothèque Le Soleil

Quand les taupes font des ravages

Q Avec la neige qui fond sur notre petit jardin, nous avons découvert que les taupes l'ont ravagé en creusant des tunnels et en charriant la terre tout autour. Nous ne savons pas quoi faire pour se débarrasser de ces bestioles. Le gazon tout autour a lui aussi reçu la visite de ces bestioles. Avez-vous un truc ou une recette à nous suggérer pour nous débarrasser de ces indésirables? 

Hélène Blais

Vous n'êtes pas la seule qui vivez ce problème, car les taupes apparaissent abondamment dans notre région chaque printemps et «labourent» les terrains, notamment ceux situés près de l'eau. Il n'est pas facile de contrôler les taupes, car elles vivent sous terre et ne sont donc pas faciles à piéger. Vous pouvez essayer un des pièges vendus à cet effet en quincaillerie. Notez qu'aucun appât n'est nécessaire : il s'agit d'insérer le piège dans un tunnel «actif» et d'espérer que la taupe essaiera de le traverser. La bonne nouvelle est que tous ces tunnels sont probablement l'oeuvre d'un seul animal, car les taupes sont essentiellement solitaires, donc quand vous attrapez l'unique coupable, l'invasion prend aussitôt fin. Si cela ne fonctionne pas, sachez que la plupart des exterminateurs ne tiennent pas à travailler sur les taupes. L'exception est Abat Extermination 

(www.abatextermination.ca) qui en fait une spécialité.

Des questions svp!

Vous pouvez nous joindre par courriel à courrier@jardinierparesseux.com

Par courrier à :

Le jardinier paresseux

Le Soleil

C.P. 1547, succ. Terminus

Québec (Québec) G1K 7J6

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