Confidences d'une tulipe

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La tulipe Darwin hybride 'Red Impression', symbole de la Société Parkinson - région du Québec (sprq.ca), est une tulipe pérenne qui reviendra d'année en année.

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<p>Larry Hodgson</p>
Larry Hodgson

Collaboration spéciale

Le Soleil

Je suis une tulipe, une plante très simple : normalement une seule tige supportant une seule fleur et cinq à six feuilles. Et sous le sol, l'organe qui me définit le plus, mon bulbe, est une réserve d'énergie similaire à un oignon.

Sous ma forme originale, comme cette tulipe, Tulipa... (Photo www.jardinierparesseux.com) - image 1.0

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Sous ma forme originale, comme cette tulipe, Tulipa humilis, j'étais une plante très simple.  

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Les hybrideurs ont pu créer plus de 5000... (WWW.JARDINIERPARESSEUX.COM) - image 1.1

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Les hybrideurs ont pu créer plus de 5000 variétés de tulipes dans toutes les couleurs de l'arc-en-ciel.

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Je suis originaire du Moyen-Orient, surtout de l'Afghanistan, du Tajikistan et du Kyrgyzstan. Là, je pousse dans une région aux hivers froids et neigeux et aux étés chauds et secs. Quand la neige fond au printemps, je me mets rapidement en branle : je dois pousser, fleurir et produire des semences pendant qu'il y a encore un soupçon d'eau dans le sol. Par la suite, j'ai appris que la chose la plus sage à faire pour tolérer l'été brûlant et aride de ma patrie est de me retirer sous le sol, dormant bien au frais dans mon bulbe. 

Moi et les humains

Les peuples de ma région natale ont depuis des temps immémoriaux récolté mes bulbes comestibles, mais ce n'est qu'au Xe siècle que les Perses ont commencé à me cultiver pour mes belles fleurs. Bientôt, je fus adoptée comme symbole de l'amour et cultivée dans tous les jardins, d'abord en Perse, puis en Turquie. Là, mes différentes espèces furent souvent plantées côte à côte, ce qui a donné, grâce au travail d'abeilles et d'autres butineurs, les premières tulipes hybrides, car ils ont transféré du pollen d'une espèce sur la fleur d'une autre. Comme les jardiniers de l'époque ne savaient pas encore que la pollinisation croisée pouvait donner de nouvelles variétés, l'apparition de tulipes de formes et de couleurs jamais vues les émerveilla. Ils crurent que ces nouvelles variétés étaient un don de Dieu.

Je gagne l'Europe

C'est l'ambassadeur de l'empereur Ferdinand 1er d'Autriche, Ghislain de Busbecq, qui apporta mes bulbes en Europe pour la première fois en 1554 et qui introduisit mon nom commun, tulipe (de tulbend, mot turc qui désignait un turban, pour la forme de la fleur). Par la suite, l'horticulteur en chef de l'empereur, Charles de l'Écluse, apporta de mes bulbes en Hollande quand il devint directeur du nouveau Jardin botanique de Leyde en 1593. Les Néerlandais furent très impressionnés par mes belles fleurs. Tellement que de l'Écluse se fit voler mes bulbes par des marchands peu scrupuleux qui apprirent rapidement à les multiplier.

Les Néerlandais de l'époque n'en connaissaient pas plus sur l'hybridation que les Turcs, donc tout nouveau croisement accidentel fut une surprise. Bientôt, la spéculation se développa et le moindre semis de tulipe pouvait valoir une fortune. Si la fleur s'avérait belle et originale, le propriétaire devenait riche. Sinon, c'était la déchéance. C'était la «tulipomanie», une période où un de mes bulbes pouvait valoir 10 fois le salaire annuel d'un artisan spécialisé. Mais en février 1637, le cours des bulbes s'effondra subitement et maintes fortunes furent perdues. Pour prévenir de futurs krachs, le gouvernement néerlandais défendit alors toute spéculation sur mes bulbes... et cela demeure encore la loi aux Pays-Bas aujourd'hui.

L'hybridation moderne

De nos jours, le Pays-Bas demeure le maître incontesté de ma culture, produisant 4,32 milliards de mes bulbes par année. On y fait de l'hybridation en bonne et due forme : c'est l'hybrideur et non un insecte qui transfère le pollen des étamines d'une tulipe sur le stigmate d'une autre et qui sème la centaine de graines qui en résulte. Il faut environ quatre à huit ans avant que la nouvelle tulipe fleurisse et encore plusieurs années d'essai avant de pouvoir confirmer de la qualité d'une nouvelle variété. Même si elle est jugée digne de commercialisation, il faut environ 20 ans supplémentaires de production avant d'en avoir assez pour pouvoir la lancer sur le marché.

La majorité de mes bulbes sont utilisés dans l'industrie de la fleur coupée. Ainsi, l'hybrideur recherche une plante qui produit rapidement une seule belle grosse fleur sur une tige solide. Ensuite, le producteur de fleurs coupées arrache la plante et plante un autre bulbe. Ainsi, la capacité de refleurir n'est d'aucun intérêt pour la majorité des hybrideurs. Cela explique pourquoi tant de tulipes modernes, et notamment les tulipes triomphe, sont les plus utilisées en fleuristerie, ne s'épanouissant généralement qu'une seule fois. Si vous voulez voir des tulipes qui refleurissent d'année en année, il vaudrait mieux chercher du côté des tulipes Darwin hybrides, viridifloras et botaniques : ce sont des lignées nettement plus pérennes.

Comment me cultiver

J'adore le soleil et un sol riche et meuble. Par contre, la glaise lourde et les sols mal drainés ne me conviennent pas du tout. Plantez mes bulbes à l'automne, entre septembre et novembre. Grâce à mes origines montagnardes, je tolère bien les hivers froids, soit jusqu'en zone 3. 

Attention : on indique souvent sur mon emballage une plantation à 15 cm de profondeur, mais si vous voulez que je revienne fidèlement pendant plusieurs années, il faut doubler cette profondeur. Oui, un trou de 30 cm de profondeur! Et ce trou extra-profond offre un deuxième avantage : mon bulbe sera alors à l'abri des écureuils, car ils ne creusent pas en profondeur.

Avant de planter, mélangez un engrais à dégagement lent au sol au fond du trou et ajoutez aussi un peu de mycorhize. Peu de plantes profitent autant des mycorhizes que moi! Espacez mes bulbes d'environ 15 cm, couvrez-les de terre et arrosez-les bien. Pendant tout l'hiver, je pousse doucement sous la neige pour être prête à fleurir le plus tôt possible au printemps. Je me réveille toute seule et me mets à fleurir quand la température est propice, soit habituellement en mai.

Je ne demande aucun entretien avant ou pendant la floraison et d'ailleurs bien peu après aussi. Quand mes feuilles jaunissent, coupez-les si vous le voulez : elles ne me servent plus. Et non, vous n'avez pas à me déterrer après chaque floraison pour me replanter l'automne suivant : mon besoin d'un tel traitement n'est qu'une légende urbaine!

Pendant l'été, encore, vous n'avez pas à vous occuper de moi, ni à l'automne, ni l'hiver, ni au printemps. En fait, la seule chose que je déteste est l'irrigation automatique. Elle tient mon sol tellement humide que j'en pourris.

Les trois clés d'une tulipe qui dure

Je vous ai mentionné déjà les trois clés pour réussir à me faire refleurir année après année, mais soulignons-les ici pour que ce soit bien clair :

  • vous me plantez au soleil dans un sol bien drainé;
  • vous plantez des variétés connues pour leur excellente pérennité, comme les Darwin hybrides, les viridifloras et les tulipes botaniques; 
  • vous me plantez à une très bonne profondeur : 30 cm.

Je n'en demande pas plus pour être heureuse!

L'aristoloche siphon est une jolie grimpante au feuillage... (Photo www.jardinierparesseux.com) - image 2.0

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L'aristoloche siphon est une jolie grimpante au feuillage en forme de coeur et aux fleurs très discrètes. 

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La renouée du Japon peut couvrir un hectare... (PHOTO WWW.JARDINIERPARESSEUX.COM) - image 2.1

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La renouée du Japon peut couvrir un hectare en aussi peu que 15 ans, étouffant toute autre plante sur son passage.

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Réponses à vos questions

Où commander des bulbes de tulipe

Q Je vis à Baie-Comeau et, malheureusement, notre SEUL centre jardin n'achète pas de bulbes de tulipe, même à notre demande. J'ai cherché sur Internet pour en acheter en ligne, mais je n'ai rien trouvé. Peut-être auriez-vous une référence pour moi?

Louise Lévesque

R C'est réellement très choquant de ne pas avoir un meilleur service local. Pourtant, sans tulipes et d'autres bulbes à floraison printanière (narcisses, crocus, jacinthes, etc.), vous perdez deux mois de belle floraison! Heureusement que plusieurs fournisseurs vendent par la poste. Essayez Veseys (www.veseys.com) ou Botanus (www.botanus.com). Les deux offrent un vaste choix de bulbes de tulipe.

Aristoloche siphon

Q Cet automne, j'apprécierais planter une grimpante, orientée sud-ouest à l'avant de notre maison. Afin de conserver le cachet de la maison, et avoir consulté plusieurs manuels, j'ai vu que l'aristoloche syphon correspondrait aux caractéristiques que nous recherchons, soit une grimpante de 10 mètres de hauteur à croissance rapide. Par contre, vous n'en faites pas mention dans votre chronique du 8 août sur les grimpantes! A-t-elle des inconvénients que vous connaissez et qui ne sont pas répertoriés dans les fiches techniques des grimpantes que j'ai consultées?

Diane Brault,

Thetford Mines

R Pas du tout. L'aristoloche siphon (Aristolochia macrophylla) est une excellente grimpante très rustique et permanente que je vous recommande fortement. Si je ne l'ai pas incluse dans ma chronique, c'est que j'aurais manqué d'espace dans la chronique si j'avais essayé d'inclure toutes les grimpantes possibles : il y en a des centaines! Aussi, c'est une plante un peu plus difficile à trouver en pépinière et dans la chronique je me suis limitée surtout aux variétés facilement accessibles dans toute jardinerie.

Contrôler la renouée japonaise

Q Que pensez-vous de la méthode suivante pour me débarrasser du «bambou» qui pousse dans ma cour? J'ai l'intention de creuser un canal de 45 centimètres autour de la plantation et de recouvrir la surface d'un géotextile noir le printemps prochain.

André Beaudoin,

Québec

R D'abord, le «bambou» est sans doute la renouée japonaise (Fallopia japonica), une énorme vivace très courante dans la région et qui s'étend dans tous les sens via des rhizomes souterrains épais. Votre barrière serait peut-être efficace à court terme, mais il faut comprendre que les rhizomes de cette plante peuvent descendre jusqu'à trois mètres dans le sol, donc une barrière de seulement 45 cm sera éventuellement franchie. Si vous voulez tenter de creuser à trois mètres, peut-être auriez-vous un succès plus probant. La situation idéale est de se débarrasser complètement de cette plante plutôt que d'essayer de la contrôler. Comme elle est résistante aux herbicides, la méthode la plus utilisée consiste à couvrir le sol dans le secteur d'une toile noire imperméable (pas un géotextile, car il peut laisser passer de la lumière) et de la garder en place pendant 24 mois. Sans lumière, la plante s'épuisera. Après ce traitement, il est rare que la plante repousse, mais une ou deux tiges affaiblies sortent de terre, on peut les couper au sol.

Calendrier horticole

Super encan de plantes

Le Domaine Joly-De Lotbinière vous invite à son Super encan de plantes, où plus de 100 nouveautés 2016 et plantes originales seront offertes en vente en primeur. Il y aura des explications sur les plantes de 10h à 11h30 avec Rock Giguère. L'encan débute à 13h aujourd'hui. Adresse : 7015, route de Pointe-Platon, Sainte-Croix.

Info : info@domainejoly.com

Grande randonnée Parkinson

La Société Parkinson - région de Québec tient sa marche symbolique traditionnelle de deux kilomètres à 11h demain sur les plaines d'Abraham.

Des bulbes de la tulipe rouge du Parkinson seront disponibles à cette occasion. Info :

Suzanne, au 418 527-0075,

ou sprq.ca/accueil

La taille des arbres et des arbustes

La Société d'horticulture Chaudière-Etchemin vous invite à une conférence sur  la taille des arbres et des arbustes avec Jean-Philippe Côté. Elle aura lieu mardi à 19h30 au Centre civique,

959, rue de l'Hôtel-de-Ville, Saint-Jean-Chrysostome. Coût : 6 $ pour les non-membres. Info : 418 839-4680

Les engrais pour orchidées

Les Orchidophiles de Québec vous propose une conférence sur les engrais pour orchidées avec Pandelis Vlahopoulos. Elle aura lieu mardi à 19h30 au Montmartre, au 1669, chemin Saint-Louis. Coût : 5 $ pour les non-membres. Info : 418 261-6886

Conservation des plantes en automne

La Société d'horticulture de Sainte-Foy vous invite à une conférence sur la conservation des plantes en automne avec Réal Dumoulin. Elle se tiendra mardi à 19h30 au Centre

sportif de Sainte-Foy (aréna, deuxième étage), au 930, avenue Roland-Beaudin.

Coût : 6 $ pour les non-membres. Info : 418 653-4785 ou 418 651-3837

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