L'herbe à la puce : une allure innocente, mais...

On reconnaît surtout l'herbe à la puce par... (Photo www.jardinierparesseux.com)

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On reconnaît surtout l'herbe à la puce par ses feuilles trifoliées...

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<p>Larry Hodgson</p>
Larry Hodgson

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Tout le monde n'est pas également touché par cette plante. La plupart des gens subissent des réactions cutanées désagréables, mais peu durables et sans séquelle, mais certaines personnes finissent à l'hôpital et d'autres encore (on dit 15 % de la population) n'y réagissent pas du tout. Mais même les gens apparemment immunisés peuvent développer une sensibilité à force de contacts répétés.

Reconnaître l'ennemie

L'herbe à la puce est largement distribué dans le sud du Québec et presque partout en Amérique du Nord et même, de façon limitée, en Asie. Dans notre région, elle est très présente à l'orée des bois, dans les champs, sur les falaises (tout le secteur entre les plaines d'Abraham et les ponts en est notamment infesté) et aussi dans les jardins, notamment le long des clôtures. Pourquoi ce dernier endroit? Parce que les oiseaux mangent les fruits (seul l'être humain semble avoir un réel problème avec le toxicodendrol; les autres animaux en sont épargnés) et atterrissent sur les clôtures où ils laissent tomber les graines dans leurs déjections. On n'en trouve pas beaucoup en ville, mais en banlieue, elle est présente par endroits et à la campagne, omniprésente.

La forme la plus souvent rencontrée au Québec est T. radicans rydbergii, un petit arbuste qui dépasse rarement 30 cm de hauteur dans notre région, mais qui peut attendre un mètre et même deux mètres dans les régions plus tempérées. Notre forme passe rarement pour un arbuste, toutefois, mais ressemble plutôt à un couvre-sol, s'étendant par drageonnement pour former un vaste tapis. Il existe aussi une forme grimpante (T. radicans radicans) qui monte sur les arbres grâce à des racines aériennes et que vous pouvez rencontrer lors d'une visite dans l'ouest du Québec, en Ontario ou chez nos voisins du sud.

On reconnaît surtout l'herbe à la puce par ses feuilles trifoliées... mais d'autres plantes aussi portent trois folioles, notamment le fraisier et le trèfle. L'herbe à la puce est difficile à reconnaître, car son feuillage est variable : il est généralement luisant, mais peut être mat et est souvent à une marge lisse, mais parfois aussi à marge dentée. Il est utile de savoir que les feuilles sont alternes, jamais opposées (une façon pour le distinguer des jeunes érables à Giguère, notamment, qui ont des feuilles trifoliées très similaires à ce stade de leur vie), que les nervures sont proéminentes et que chaque foliole se termine en une pointe mince. Généralement, la feuille est rougeâtre au printemps, vert foncé l'été et rouge, jaune ou orange flamboyant à l'automne. Les fleurs verdâtres sont insignifiantes et les baies blanc gris côtelés - produits seulement par les plants femelles - sont surtout visibles quand les feuilles tombent. Elles peuvent être encore sur la plante au printemps, à la fonte des neiges.

Un problème souvent estival

Même si les tiges nues hivernales sont toxiques, c'est généralement avec le retour des beaux jours que l'herbe à la puce fait ses dégâts. Vous pouvez la rencontrer en faisant du jardinage, du camping ou des randonnées en forêt. La pire des souffrances survient en camping sauvage quand on utilise par mégarde une feuille d'herbe à la puce comme papier toilette.

Un mythe courant dit que l'allergie revient tous les ans à la même date. Ce n'est pas vrai - il faut un contact physique avec le toxicodendrol pour stimuler une réaction -, mais si vous faites toujours la même activité à la même date tous les ans, comme ouvrir le chalet à la fête des Patriotes, vos symptômes réapparaîtront annuellement peu après.

Le contrôle d'une ennemie pernicieuse

Une plante aussi dangereuse n'a pas sa place près des êtres humains. Si vous en avez sur votre terrain, du moins dans un endroit où les gens ou des animaux domestiques peuvent la rencontrer, il est de votre devoir de citoyen de le contrôler, mais comment?

Voici une technique : mettez des vêtements à manche longue et des gants imperméables et arrachez la plante au complet. Nettoyez soigneusement tout outil utilisé à l'alcool à friction, portant toujours des gants. Placez la plante et les gants dans un sac à ordures, scellez bien et déposez dans les vidanges ou encore, enterrez les résidus sous 30 centimètres de terre. Lavez les vêtements utilisés au moins deux fois à l'eau chaude savonneuse avant de les porter de nouveau (si vous êtes très sensible à l'herbe à la puce, jetez-les).

Si vous êtes incapable de l'arracher (l'herbe à la puce ne lâche pas facilement prise!), vous pouvez la recouvrir d'une épaisse toile de plastique noir pendant au moins 12 mois. Sans lumière, elle ne peut pas survivre. Ou appliquez un herbicide total au pinceau, directement sur le feuillage. Il faut généralement répéter plusieurs fois.

Même mortes, les tiges et les racines demeurent quand même toxiques pendant plusieurs années : il faut donc quand même les arracher et les ensacher ou les enterrer. Ne brûlez jamais l'herbe à la puce! Sa fumée peut pénétrer dans les voies respiratoires, provoquant une réaction grave, voire mortelle! Et ne la mettez pas au compost non plus.

Si vous en êtes atteint

Très rapidement, dans les cinq minutes du contact si possible, lavez la région touchée à l'eau froide (pas à l'eau chaude, qui ouvrira les pores et empirera la situation). La réaction (démangeaison, rougeur, cloques, etc.) peut survenir de 24 heures à 7 jours plus tard et peut durer environ une semaine (mais jusqu'à un mois pour les gens sensibles). Pour soulager les démangeaisons et les rougeurs, des compresses froides peuvent être utiles, tout comme la lotion calamine. Votre pharmacien aura peut-être d'autres solutions. Et n'hésitez pas à consulter un médecin si la réaction va au-delà d'une simple irritation cutanée.

Mais avant tout, étudiez bien la photo jointe à ce texte et fixez bien l'image dans votre tête : c'est quand vous ne reconnaissez pas l'herbe à la puce que vous en devenez le plus facilement victime.La plupart des plantes indésirables nous causent des ennuis par leur envahissement, mais au moins elles n'essaient pas de nous empoisonner. L'herbe à la puce ou sumac vénéneux (Toxicodendron radicans, anciennement Rhus radicans), par contre, est à la fois envahissante et toxique au toucher. Ses feuilles, tiges, fleurs et racines dégagent du toxicodendrol (ou urushiol), une huile qui provoque des réactions allergiques cutanées parfois sévères. Il s'agit de frôler la plante - ou de flatter un chien ou un chat qui a frôlé la plante - pour en souffrir. On peut aussi «attraper l'herbe à la puce» à partir d'un outil contaminé (la tondeuse et le coupe-herbe, notamment, sont souvent source de réactions) et même la fumée peut être contaminée si quelqu'un s'avise de la brûler.

Concours de jardin potager

Les résidents de Duberger-Les Saules sont invités à participer au concours Mon jardin potager. Il y a de nombreux prix à gagner. Pour participer, remplissez un formulaire d'inscription et fournissez une photo de votre potager. Vous devez être résident de Duberger-Les Saules. Date limite d'inscription : 16 août. Info : info@loisirsdubergerlesaules.com

Les féviers sont sujets aux dommages hivernaux.... (Photo Julie Veilleux) - image 2.0

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Les féviers sont sujets aux dommages hivernaux.

Photo Julie Veilleux

Cet hibiscus avec des fleurs de deux couleurs... (Photo Nathalie Labbé) - image 2.1

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Cet hibiscus avec des fleurs de deux couleurs subit une mutation. Une partie retourne à la couleur ancestrale de la plante.

Photo Nathalie Labbé

Réponses à vos questions

Dommages hivernaux à des féviers

Q J'ai une dizaine de féviers (Gleditsia triacanthos 'Shademaster') sur mon terrain. Deux d'entre eux semblent en difficulté cette année. Le premier a des bourgeons, mais la plupart des feuilles ne sortent pas. Cet arbre est dans un couloir de vent, entre notre garage et la maison. Il a du soleil en début de journée surtout. Le deuxième n'a pas de feuilles sur environ la moitié des branches. Il est au soleil toute la journée. Est-ce possible que ces arbres aient gelé durant l'hiver? Est-ce qu'ils vont reprendre? Est-ce que je peux faire quelque chose?

Julie Veilleux

R Même si les pépiniéristes accordent une zone de rusticité 4 au févier, en fait, il tend à geler l'hiver en zone 4 (région de Québec), parfois légèrement, parfois plus sévèrement. Je le considère comme un arbre plutôt adapté à la zone 5 et donc à utiliser avec parcimonie en zone 4, seulement dans les emplacements plus chauds que la normale. Ainsi, il tend à rester rabougri ou à pousser très lentement sous notre climat. L'hiver dernier a été particulièrement sévère, ce qui a provoqué plus de dommages que d'habitude, et les féviers ont écopé plus qu'à l'ordinaire. Vous aurez compris que votre spécimen le plus endommagé pousse sous des conditions particulièrement sévères : un couloir de vent est toujours plus froid qu'ailleurs. De plus, cet arbre de plein soleil est probablement trop à l'ombre. Il y a lieu de penser à remplacer au moins ce dernier par un arbre plus rustique et plus tolérant à l'ombre. Il n'y a rien à faire pour contrer les dommages hivernaux d'un arbre qu'on veut conserver que supprimer le bois mort, une taille qui peu se faire en toute saison. On entend souvent le conseil de fertiliser un arbre endommagé avec un engrais riche en azote (le premier chiffre), car cet élément l'encourage à repousser plus rapidement, mais il ne faut pas le suivre, car les pousses ainsi produites seront moins rustiques que la normale et vos arbres risqueront alors de souffrir encore davantage de dommages l'hiver prochain.

Deux couleurs sur le même hibiscus

Q Je joins une photo montrant deux fleurs de couleur différente qui poussent sur le même plant. Ce n'est pas un greffon, car c'est une jeune branche sur un hibiscus qui a plus de 20 ans. Je lui ai donné de l'engrais 15-30-15 il y a deux semaines. Est-ce une partie de l'explication?

Nathalie Labbé

RIl s'agit d'une mutation, et d'ailleurs probablement d'une réversion, situation dans laquelle une partie de la plante retourne à sa forme ancestrale. Dans ce cas, l'hibiscus montré, soit un Hibiscus rosa-sinensis à fleurs orange, a produit des fleurs rouges, ce qui est la couleur ancestrale de l'espèce. Les mutations sont un phénomène assez rare et surviennent purement par hasard dans la plupart des cas : certainement la fertilisation récente n'est pas un facteur! Il sera intéressant de savoir si cette branche continue de produire de fleurs rouges et, si oui, si la couleur persiste quand on la bouture. Voici un lien qui donne plus d'informations sur les mutations chez les végétaux : http://jardinierparesseux.com/tag/mutation/

Érable dérangeant

Q Mon voisin d'il y a 20 ans a planté un érable argenté à un mètre de la ligne mitoyenne. Aujourd'hui, cet arbre est énorme, ses branches recouvrant presque la moitié de ma cour, sans parler de celle de mon voisin. Quant à ses racines, elles recouvrent complètement la cour de mon voisin et s'étendent tranquillement sur mon propre terrain, détruisant tout au passage (plantes, fleurs, patio, drains, etc.). Après quelques consultations, il ressort que je ne puis pas vraiment faire couper cet arbre; il semble que le Code civil du Québec le protège bec et ongles. Alors, y a-t-il quelque chose qu'on puisse faire pour stopper l'envahissement de cet arbre et la destruction de tout ce qui l'entoure?

ML

R Vous avez mal compris le Code civil. Non, vous n'avez pas le droit de couper cet arbre, ni même ses branches ou racines : il appartient à votre voisin. Mais vous pouvez demander à votre voisin de le faire enlever ou de tailler les branches et les racines qui vous causent tort ou de vous donner la permission de le faire vous-même. S'il refuse, vous pouvez le forcer à acquiescer à votre demande. Vous devez lui envoyer une mise en demeure, puis, s'il ne réagit pas, demander une injonction. Pour cela, vous aurez sans doute besoin d'un avocat. Si l'arbre vous cause vraiment du tort, vous avez d'excellentes chances de gagner votre cause. Vérifiez aussi auprès de votre ville pour voir s'il y a des restrictions sur l'abattage des arbres. Notez que l'érable argenté est sur la liste noire de la plupart des municipalités à cause des dommages qu'il cause aux tuyaux, ce qui rend l'obtention d'un permis d'abattage plus facile. Si vous ne tenez pas à forcer votre voisin à agir, votre seul recours est d'installer une barrière anti-rhizomes dans le sol pour empêcher les racines d'aller plus loin. On peut trouver de telles barrières sur Amazon.ca.

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