Le lupin: cette vivace venue du Nord

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Le lupin des jardins vient dans une vaste gamme de couleurs.

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<p>Larry Hodgson</p>
Larry Hodgson

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Le Soleil

(Québec) Le lupin est sûrement l'une des vivaces les plus spectaculaires de nos jardins, avec ses grandes feuilles digitées et son épi dressé de fleurs densément serrées offertes dans une vaste gamme de couleurs. Mais plusieurs jardiniers se plaignent que ce n'est pas la plante la plus facile à cultiver. Regardons un peu son histoire pour comprendre pourquoi.

e lupin à l'origine des lupins hybrides, L.polyphylla,... (Photo www.jardinierparesseux.com) - image 1.0

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e lupin à l'origine des lupins hybrides, L.polyphylla, photographié dans son Alaska natal. 

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Quand le lupin se ressème, il retourne graduellement... (Photo www.jardinierparesseux.com) - image 1.1

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Quand le lupin se ressème, il retourne graduellement à sa couleur bleu-violet d'origine. 

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Le principal lupin sauvage à l'origine des lupins hybrides modernes, soit le lupin à folioles nombreuses (Lupinus polyphyllus), vient de l'Ouest canadien et américain. D'ailleurs, la souche utilisée en hybridation vient spécifiquement de l'Alaska. Vous comprendrez donc, dès le départ, que cette vivace préférera le froid à la chaleur. 

C'est un Anglais, George Russell, qui créa le lupin des jardins qu'on connaît à partir du début du XXe siècle. Il croisa Lupinus polyphyllus, aux fleurs bleu-violet, avec d'autres espèces de lupin, comme L. arboreus, L. sulphureus et L. nootkatensis dans le but de développer une lignée aux fleurs plus densément serrées et aux couleurs plus variées.

Pendant 40 ans, il a soigneusement sélectionné les meilleurs spécimens et rejeté les plantes qui n'étaient pas à la hauteur, créant une lignée aux tiges épaisses, solidement dressées et offertes en différentes teintes de rose, de rouge, de jaune, de blanc, d'orange, de bleu et de violet. Ses «hybrides de Russell», produits par semences, sont toujours disponibles, plus de 75 ans après leur lancement officiel en 1937. D'ailleurs, on lui a offert un honneur posthume en reconnaissance de ses travaux : le lupin des jardins, soit l'espèce hybride que Russell a créée, s'appelle depuis peu Lupinus x russellii. 

Une culture... nordique

Développé à partir d'une plante venant de l'Alaska et sélectionné dans le frisquet Nord de l'Angleterre, à environ la même latitude que la baie James, le point faible du lupin des jardins est son intolérance à la chaleur. Il souffre des étés chauds, mais plus les étés sont frais, mieux il pousse.

Dans les jardins du sud du Québec, grâce aux printemps souvent frais, il réussit à très bien fleurir, mais dépérit souvent par la suite quand la canicule arrive. À Montréal, le lupin ne vit que deux ou trois ans. À Québec, plus fraîche, quatre à six ans. Mais dans l'est et le nord du Québec, ou en altitude plus au sud, là où la température estivale tend à être modérée, il prolifère, se ressemant à tous les vents.

Ainsi, on peut trouver des champs de lupins un peu partout dans le Bas-du-Fleuve et sur la Côte-Nord ainsi que dans les Maritimes. Ils se sont tous échappés de jardins, à l'origine, car aucun lupin n'est indigène dans l'est du Canada. Voilà alors une plante qui semble expressément conçue pour les jardins du chalet, ce qui est d'autant plus vrai qu'elle fleurit à la fin de juin et au début de juillet, juste à temps pour accueillir les estivants au début de leur séjour en campagne.

Le lupin préfère le soleil, mais tolère la mi-ombre. Il aime un sol qui demeure toujours un peu humide, mais qui n'est jamais détrempé. La qualité du sol lui importe peu : il accepte très bien les sols acides, notamment. Par contre, il n'arrive pas à bien s'enraciner dans les sols glaiseux. Comme le lupin est une légumineuse, il vit en symbiose avec des bactéries vivant sur ses racines qui fixent l'azote atmosphérique. Comme l'azote est un élément crucial dans la croissance des végétaux, le lupin peut alors pousser sans peine dans les sols sablonneux qui sont pauvres en minéraux. 

Dans un milieu qui lui convient, le lupin se ressème volontiers. Vous remarquerez toutefois que, peu importe la couleur d'origine du plant, il tend, par régression, à retourner à sa couleur bleu-violet d'origine. Chaque nouvelle génération apporte de plus en plus de fleurs violettes et de moins en moins d'autres couleurs. C'est pourquoi on trouve si souvent des champs de lupins bleu-violet percés seulement çà et là de quelques plants à fleurs roses. Les autres couleurs disparaissent complètement. 

Il est facile de trouver des sachets de semence de lupins en jardinerie ou sur Internet. On peut semer les graines à l'intérieur en avril ou en pleine terre en juin ou en juillet. Faites tremper les graines dans un thermos d'eau tiède pendant 24 à 36 heures avant de les semer, et ce, pour stimuler une germination plus rapide. Semez les graines à 5 mm de profondeur. Repiquez ou éclaircissez à 40 cm quand les plants commencent à grandir. 

On peut aussi trouver en jardinerie des lupins vendus en pot, et ce, à n'importe quelle période entre mai et octobre, mais les plants coûtent beaucoup plus cher que les semences. 

Même si la multiplication du lupin se fait surtout par semences, il est aussi possible de le multiplier par boutures de tige. Quant à la transplantation d'une plante établie, c'est possible, mais la longue racine pivotante est fragile et la plante réagit souvent si mal à cette intrusion que toutes ses feuilles fanent. Si c'est le cas, coupez-le au sol et patientez : d'habitude, de nouvelles tiges surgiront du sol après quelques semaines.

Ses ennemis 

Dans les régions où il souffre de la chaleur, le lupin est vite envahi de gros pucerons duveteux après sa floraison. Il s'agit du puceron du lupin (Macrosiphum albifrons). Cet insecte est spécifique au lupin et il ne touchera pas à vos autres plantes. La sève du lupin contenant des alcaloïdes toxiques, cette toxicité est transmise aux pucerons, qui ne sont donc pas réprimés par les coccinelles et les chrysopes qui normalement consomment les pucerons sur d'autres végétaux, forçant le jardinier à agir.

On peut alors les faire tomber avec un jet d'eau, tout simplement. Je préfère toutefois couper la plante au sol après la floraison, car cela règle un autre problème : les diverses maladies, dont le blanc, la rouille et le mildiou, qui suivent l'invasion des pucerons.

En rabattant la plante, on évite ces fléaux et, contrairement aux vieilles feuilles fatiguées, les nouvelles semblent résister parfaitement aux maladies et aux insectes. Par contre, si vous rabattez la plante avant qu'elle produise des semences, elle ne pourra pas se ressemer. Vous aurez donc une décision à prendre!

En plus du lupin des jardins classique, soit la série hybrides de Russell (de 75 à 100 cm de hauteur), il existe plusieurs séries intéressantes : Camelot™ (50-60 cm), Gallery™ (45-60 cm), Popsicle™ (45-60 cm), Tutti Frutti™ (90-120 cm), Westcountry (80-90 cm), Woodfield Hybrids (45-60 cm). 

Et voilà! Le lupin est une vivace très rustique, mais un peu capricieuse dans les régions plus chaudes. C'est seulement lorsqu'on la cultive sous un climat frais qu'il donnera sa meilleure performance.

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