Sauvons les abeilles et les monarques

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Les abeilles sont menacées partout dans le monde.

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<p>Larry Hodgson</p>
Larry Hodgson
Le Soleil

(Québec) Il faudrait vivre en ermite pour ne pas savoir qu'il y a un problème mondial de déclin des insectes pollinisateurs, notamment des abeilles et des papillons.

Depuis presque une décennie maintenant, les médias nous parlent régulièrement du syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles, alors que les apiculteurs rapportent que jusqu'aux deux tiers de leurs colonies d'abeilles à miel (Apis mellifera) meurent au cours de l'hiver. Depuis trois ans, on s'inquiète aussi sérieusement de la population de papillon monarque (Danaus plexippus) qui a chuté de façon draconienne. Mais si vous faites un peu de recherche, vous découvrirez que ces deux espèces ne sont que la pointe de l'iceberg, que la diminution des pollinisateurs est généralisée, que des milliers d'espèces d'abeilles, de papillons et d'autres pollinisateurs sont menacées ou en déclin.

Les experts nous disent que les causes sont multiples, mais, présentement, il est très à la mode dans les médias de tenir pour responsable une catégorie d'insecticides, les néonicotinoïdes, appliqués à grande échelle par les agriculteurs quand ils font leur semis. Toutefois, des études révèlent que ce n'est pas seulement les résidus de ces insecticides qu'on trouve dans presque toutes les abeilles nord-américaines testées, mais aussi ceux des organophosphates, des carbamates, des organochlorides, des RCI (régulateurs de croissance d'insectes) et des pyréthroïdes, ces derniers pourtant suggérés comme pesticides naturels en jardinage biologique. Les néonicotinoïdes ne sont pas inoffensifs, mais leur imputer l'effondrement des colonies d'abeilles est trop simpliste.

Les médias tiennent aussi pour responsables les méthodes modernes d'agriculture, avec raison. De vastes monocultures ont remplacé la ferme familiale où on faisait autrefois de multiples cultures et où on laissait pousser des fleurs sauvages entre les champs, de petits habitats à pollinisateurs, quoi! Aussi, on utilise des herbicides de façon intensive pour éliminer les mauvaises herbes... alors que ces mêmes «mauvaises herbes» (et notamment l'asclépiade) nourrissent les pollinisateurs. Et qu'est-il arrivé de la bonne vieille technique de laisser les champs en friche une année sur trois, semant même du trèfle et de la luzerne, deux plantes très nourrissantes pour les abeilles, pendant l'année de jachère? Aujourd'hui, on surfertilise plutôt les champs, afin de pouvoir les utiliser année après année. Bye-bye fleurs sauvages si nourrissantes! 

Et je pourrais continuer : on reproche encore aux fabricants l'introduction de pesticides insuffisamment testés, aux gouvernements de se laver les mains du problème et même aux apiculteurs leur incapacité de contrôler les parasites des abeilles (mites varroa, virus, etc.) et leur habitude de transporter les ruches d'abeilles sur de longues distances, ce qui fatigue et désoriente leurs habitantes. Mais on oublie alors un facteur majeur : que nous, les gens ordinaires, contribuons aussi au problème. 

La situation chez nous

Le déclin des abeilles, à miel et indigènes, sans parler des papillons, ne date pas d'hier; il est en cours depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et s'observe davantage en ville qu'à la campagne. Depuis, nos villes se développent de façon effrénée et l'étalement urbain ne connaît pas de limites. Résultat, les banlieues couvrent désormais une superficie qu'on n'aurait jamais pu imaginer il y a 70 ans. Dans les villes, le béton et l'asphalte continuent de progresser par rapport à la nature. Même nos parcs modernes (par exemple, le nouveau «jardin» de l'Hôtel-de-Ville de Québec) sont souvent dominés par des matières inertes et presque dépourvus de verdure. Quant aux fleurs : cherchez-les! 

La situation n'est pas meilleure en banlieue, recouverte par l'asphalte des rues et ces vastes monocultures de graminées qu'on appelle pelouses, monocultures qui entourent nos maisons et qui n'offrent rien aux insectes pollinisateurs. Même quand des fleurs essaient d'y pousser, comme le pissenlit, grand favori de l'abeille, on fait tout pour les éliminer. Encore aujourd'hui, et ce, en dépit des lois qui le défendent, les compagnies d'entretien de pelouse continuent d'appliquer des herbicides à la grandeur les terrains privés, tuant toute fleur qui ose essayer de s'y établir, mais laissant pousser librement les graminées, qui, pollinisées par le vent, n'ont rien à offrir aux pollinisateurs. Triste sort pour ces insectes affamés!

Dix trucs pour inviter abeilles et papillons chez vous

Nous - oui, vous et moi - sommes donc en partie responsables de cette diminution de la population d'abeilles et de papillons. Pour renverser la vapeur et nourrir les pollinisateurs directement chez vous, voici ce que vous pouvez faire :

  1. Plantez des fleurs. Sur le balcon, la terrasse, dans la platebande, etc. Même un seul panier fleuri peut contribuer à maintenir les abeilles et les papillons du secteur. Essentiellement, toute fleur voyante conviendra : marguerite, pétunia, fleur de pommetier, etc. Donc, libre à vous de créer un aménagement à votre goût. Attention toutefois aux fleurs très doubles qui ne produisent ni pollen ni nectar et qui ne sont donc d'aucune utilité pour les pollinisateurs. 
  2. Assurez-vous d'offrir une bonne variété de fleurs et qu'il y ait toujours quelque chose en fleurs toute la saison, du printemps (tulipes, narcisses, crocus, etc.) à la fin de l'automne (sédums, asters et plus encore). Plus il y a de la variété, plus vaste sera le choix de pollinisateurs qui visiteront votre jardin et mieux ils seront nourris.
  3. Réduire la surface gazonnée. Remplacez-la par des platebandes ou un potager. Ou plantez ou laissez pousser des fleurs dans le gazon. Que vos voisins rouspètent! Les pissenlits, les violettes et les petits bulbes qui parsèment les gazons ne sont pas une honte, mais démontrent votre respect pour l'environnement. 
  4. Installez un abri d'abeilles solitaires sur le terrain. On peut s'en acheter ou encore, en préparer un soi-même à partir de tiges creuses, de morceaux d'écorce (photo), etc. 
  5. Faites moins de ménage. La majorité des insectes pollinisateurs hivernent dans les «déchets» du jardin : feuilles mortes, tiges creuses de vos vivaces, etc. En les éliminant, vous détruisez leurs abris. 
  6. Laissez un «coin sauvage» sur votre terrain, endroit où vous tolérerez la présence de fleurs sauvages, même celles considérées comme des mauvaises herbes en d'autres circonstances. 
  7. Ajoutez des plantes fleuries à votre potager : elles aideront à attirer les pollinisateurs nécessaires pour la production de tomates, de piments, de courges, etc. 
  8. Cultivez des asclépiades (Asclepias, photo). C'est la seule nourriture des larves de papillon monarque. L'asclépiade des marais (Asclepias incarnata) est particulièrement intéressante, car elle est jolie et non envahissante en plus d'être bien adaptée à notre climat. 
  9. Évitez l'utilisation des pesticides. Et si vous devez en utiliser, choisissez des pesticides à faible impact pour l'environnement, comme le savon insecticide, la terre de diatomée, le BT, etc., et appliquez-en seulement très localement, peut-être tôt le matin quand les pollinisateurs sont peu actifs.
  10. Maintenez un petit coin humide, peut-être sous un robinet de jardin qui coule juste un tantinet. Les insectes pourront s'y abreuver. 
Et voilà! Dix trucs simples pour inviter les abeilles et les papillons chez vous et pour contribuer, 

à votre façon, à sauver la planète.

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