La rhubarbe: lente mais sûre

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La rhubarbe est si jolie qu'elle mérite une place dans la plate-bande.

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<p>Larry Hodgson</p>
Larry Hodgson

Collaboration spéciale

Le Soleil

Curieuse plante que la rhubarbe. Étant donné qu'elle est cultivée pour son feuillage comestible (en fait, le pétiole de la feuille), les jardiniers la considèrent comme un légume. Mais, en cuisine, son goût sucré acidulé fait qu'on l'emploie dans les desserts... donc plusieurs cuisiniers le classent parmi les fruits! Aux fins de cette chronique, nous la considérerons comme un légume. Cependant, la rhubarbe n'est pas un légume typique non plus. Presque tous nos légumes sont cultivés comme des annuelles, semés au printemps pour une récolte le même été. Toutefois, la rhubarbe est une vivace de longue vie qui ne donnera pas de récolte avant la deuxième ou troisième année.

Son histoire

La rhubarbe vient de l'Asie, notamment de la Sibérie, mais est cultivée par les Chinois depuis plus de 3000 ans. Elle fut introduite en Europe par les Romains pour sa racine médicinale. D'ailleurs, le nom témoigne de cette introduction, car rhubarbe vient du latin rheubarbarum, qui veut dire «racine barbare». Ici, il faut prendre barbare dans le sens de «étrangère», une indication qu'elle était vue comme une nouveauté venant d'un pays lointain.

Curieusement, bien que la rhubarbe fut cultivée comme plante médicinale pendant des siècles, ce n'est que depuis la fin du XVIIIe siècle qu'on la consomme comme un légume... ou comme un fruit, si vous préférez. Auparavant, on la considérait comme toxique.

Le nom botanique de la rhubarbe de nos jardins vient de changer, car, à la suite d'études sur son ADN, on s'est rendu compte qu'elle est d'origine hybride. Donc, le nom encore couramment utilisé, R. rhabarbarbum, ne vaut plus : il faudrait désormais l'appeler R. x hybridum.

Il s'agit d'une plante assez imposante (120-150 cm X 90-120 cm) aux grandes feuilles cordiformes vert moyen un peu gaufrées et fortement nervurées et aux pétioles très épais verts ou rouges. Elle produit à la fin du printemps de hautes tiges florales de fleurs blanches ou blanc verdâtre qui sont très attrayantes.

Où la cultiver?

Si la rhubarbe est un légume, logiquement il faut la cultiver au potager, n'est-ce pas? Peut-être pas! Sa pérennité pose un problème dans un potager classique que l'on vide, nettoie et replante tous les ans. Que faire alors avec cette grosse plante permanente qui nous empêche de passer avec le rotoculteur et qui, de plus, jette de l'ombre sur nos petits légumes avides de soleil? Je suggère de la cultiver plutôt dans la plate-bande, à travers ces autres végétaux pérennes qui sont les vivaces. D'ailleurs, avec ses grosses feuilles ondulées, ses pétioles souvent rouges et ses plumeaux blancs, la rhubarbe est une plante fort attrayante. Et non, vous n'avez pas à supprimer les fleurs avant qu'elles s'épanouissent, malgré la croyance. Profitez alors pleinement de la beauté de ses fleurs, ne supprimant la tige florale qu'après la floraison pour prévenir la montée en graines.

Plantez la rhubarbe au soleil ou, à la rigueur, à la mi-ombre, dans un sol riche, profond et relativement humide. Une application annuelle de compost suffira comme source de matière organique, mais appliquez aussi un engrais biologique tout usage, selon les indications sur l'étiquette, tôt au printemps, car la rhubarbe est une plante fort avide de minéraux. Vous pouvez pailler la plante pour aider à maintenir un sol légèrement humide. Avec son excellente rusticité (zone 3), elle souffre rarement du froid. Autrement qu'un arrosage occasionnel en période de sécheresse, la plante pousse presque sans soins.

La rhubarbe peut être laissée au même endroit pendant 20 ans et plus, mais si vous voyez que la vôtre commence à moins produire, n'hésitez pas à la déterrer et à la diviser, ce qui la remet habituellement d'aplomb. On peut la diviser au printemps ou à l'automne. On voit rarement des problèmes d'insecte sur la rhubarbe, mais les plantes cultivées dans un sol trop humide ou qui ne profitent pas d'une bonne circulation d'air peuvent souffrir de différentes maladies. Habituellement, le traitement est facile : il suffit de les transplanter dans un emplacement plus convenable!

La récolte

Il faut avoir une certaine patience si vous voulez cultiver de la rhubarbe, car il ne faut jamais récolter les pétioles l'année de la plantation et seulement quelques-uns la deuxième année : il faut que la plante soit bien enracinée, donc habituellement la troisième année, avant de vraiment commencer une récolte importante. Par la suite, vous pouvez récolter jusqu'au deux tiers des pétioles chaque printemps, laissant les autres pour que la plante puisse refaire ses forces. La récolte se fait à la fin du printemps, quand les feuilles arrivent à leur pleine longueur. Mieux vaut arracher la feuille en donnant un coup latéral, car en les coupant avec un couteau, il y a davantage de risque de transporter des maladies.

Et saviez-vous que vous pouvez aussi récolter et manger les pétioles restants au début de l'automne? Ils peuvent être amers si l'été a été chaud et sec, mais seront encore très bons après un été plus frais et pluvieux.

Toxicité

Notez qu'il ne faut manger que le pétiole (la «tige» de la feuille). Le limbe (la partie large et verte) est toxique, étant riche en acide oxalique. Ne craignez pas de mettre ces feuilles «toxiques» au compost, cependant : elles sont toxiques aux humains, pas aux microbes. Certains jardiniers font une décoction de rhubarbe en faisant bouillir les feuilles dans l'eau, puis vaporisent la solution sur les plantes infestées d'insectes, notamment les pucerons.

Variétés

Si vous cherchez, vous trouverez plusieurs cultivars de rhubarbe, mais je n'ai pas de recommandation à vous faire : tous donnent généralement de bons résultats. Au Québec, on tend à préférer les variétés à pétioles rouges, comme 'Victoria', 'Macdonald' ou 'Canada Red', mais en Europe, on utilise davantage des variétés à pétioles verts.

On peut acheter des plants de rhubarbe dans presque toute jardinerie. Il est aussi possible de produire des plants de rhubarbe par semis, mais cela intéresse plus les producteurs à grande échelle que les jardiniers amateurs, car il faut attendre encore un an de plus, donc quatre ans, avant la première récolte. Et la patience a ses limites!

Bonne dégustation!

Jolie au début, cette haie de thuyas plantés... (WWW.JARDINIERPARESSEUX.COM) - image 2.0

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Jolie au début, cette haie de thuyas plantés trop serrés sera bientôt en déclin.

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Capsules de graines de pavot... (WWW.JARDINIERPARESSEUX.COM) - image 2.1

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Capsules de graines de pavot

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Réponses à vos questions

Bien espacer les thuyas

Q Je procéderai dans les prochains jours à la plantation d'une nouvelle haie de cèdres sur un sol relativement sablonneux et près de la rue. On nous a conseillé en pépinière de planter tous les 60 centimètres d'espacement. Qu'en est-il réellement? Est-ce que ça dépend de la grandeur du plant? Des plants touffus de 1,5 mètre plantés tous les 60 centimètres me laissent perplexe.

Alexandre Côté

R Voulez-vous des résultats à court terme ou à long terme? Si les pépinières proposent un espacement de 60 centimètres pour les «cèdres» (en fait, des thuyas, Thuja occidentalis), ce que cela donnera un effet de haie dense dès la première année. Mais une plantation aussi serrée tend à provoquer, à moyen et long terme, beaucoup d'ennuis. En effet, quand les plantes sont trop tassées (vous ne verrez jamais des thuyas pousser si serrés dans la nature!), chacune fait compétition avec sa voisine pour obtenir l'eau et les minéraux nécessaires pour assurer une croissance saine. Il en résulte des plantes assoiffées et faibles qui brunissent l'hiver et perdent beaucoup de feuillage, devenant clairsemées. Ces haies sont alors à remplacer après 10 ou 12 ans. Mieux vaut les planter à 90 centimètres ou même à 1,2 mètre d'espacement. Dans ce cas, la haie prendra peut-être un peu plus longtemps (deux ou trois ans) avant de se fermer complètement, mais les résultats à moyen et long terme (une haie de thuyas espacée de 1,2 mètre durera 40 ans et plus) seront nettement supérieurs. 

Des 'Biokovo' à fleurs roses?

Q En suivant les conseils de votre chronique du 2 mai, j'ai acheté des plants du géranium 'Biokovo' dans une jardinerie de ma région, mais à ma grande surprise, les fleurs n'étaient pas blanches mais roses. L'horticultrice du magasin m'a dit que c'était probablement dû au stress de la culture en pot et qu'elles reprendraient la bonne couleur une fois que la plante serait bien établie au jardin, mais j'ai des doutes. Qu'en pensez-vous?

Line Boily

R J'ai reçu en fait deux autres lettres similaires, donc vous n'êtes pas la seule personne à vous poser des questions. Et non, les fleurs du géranium de Cambridge 'Biokovo' (Geranium x cantabrigiense 'Biokovo') ne changent pas de couleur à la suite d'un stress. Elles sont toujours blanches avec une touche de rose pâle au centre. D'après moi, il y a eu une erreur d'étiquetage dans la pépinière de production. Si vous rapportez vos plantes, sans doute que la jardinerie pourrait les remplacer par la bonne variété. En général, le vrai géranium 'Biokovo' n'est pas difficile à trouver : il est vendu dans presque toutes les jardineries.

Comment planter des pavots?

Q Une amie m'a donné des bulbes de pavot à semer. Dois-je enlever les graines contenues dans ces bulbes ou dois-je semer les bulbes directement en terre? Je sais que les pavots vont au soleil. Comment dois-je les semer, à quelle profondeur et à quelle distance entre chacun?

Huguette Gagnon

R En fait, ce ne sont pas des bulbes (les bulbes poussent sous le sol), mais des capsules de graines et oui, il faut enlever les graines des capsules. D'après votre photo, il s'agit du pavot somnifère (Papaver somniferum), un assez grand pavot annuel aux fleurs énormes. Vous pouvez semer les graines de ce pavot entre avril et juin. Ameublissez le sol auparavant. Il n'est pas évident semer une à une des graines aussi fines, alors on les sème à la volée, c'est-à-dire librement, les éparpillant çà et là sur la surface du sol. À la germination, éclaircissez (supprimez les plants en trop) pour laisser de 25 à 30 centimètres entre les plants. Il faut à peine recouvrir les graines de terre, car les jeunes semis sont si petits qu'ils ont de la difficulté à percer la croûte du sol. Je suggère plutôt de ne pas les couvrir du tout, mais arrosez doucement après l'ensemencement. Cet arrosage aidera les graines à s'enfoncer juste assez dans le sol pour bien germer. Notez que, une fois que vous avez semé des pavots somnifères, habituellement ils se ressèment tous seuls et reviennent donc alors tous les ans.

Calendrier horticole

Encan d'orchidées

Les Orchidophiles de Québec tiendront leur dernière rencontre de la saison mardi à 19h30 au Montmartre, au 1669, chemin Saint-Louis. Il y aura un encan d'orchidées où l'on pourra se procurer des orchidées à bon prix, l'assemblée annuelle avec élections et un léger goûter.

Coût : 5 $/non-membres.

Info : 418 261-6886

Préparation pour l'Expo bonsaï

Il est temps pour les amateurs de bonsaïs de préparer leurs plantes pour l'Expo bonsaï, qui aura lieu les 23 et 24 mai à Laurier Québec. Info : groupebonsaiquebec@gmail.com

Voyage au Jardin botanique de Montréal

La Société d'horticulture de Sainte-Foy et la Société d'horticulture de Beauport vous proposent un voyage horticole au Jardin botanique de Montréal le samedi 23 mai. Deux points de départ :

aréna de Beauport et aréna de Sainte-Foy. Dîner libre, souper inclus.

Coût : 95 $/membres (deux sociétés) et 105 $/non-membres.

Info : Michelle Turcotte, 418 654-9282 ou michelleturcotte@gmail.com 

Voyage horticole en Montérégie

La Société d'horticulture et d'écologie de Saint-Nicolas vous propose une journée de découvertes en Montérégie le samedi 11 juillet, comprenant deux jardins privés et un jardin-pépinière. Prix incluant le transport en autocar de luxe, les entrées aux jardins, de nombreux prix de présence et des gâteries : 70 $.

Info : Francine, 418 836-0541, ou Solange, 418 831-8471

Voyage horticole en Charlevoix

La Société d'horticulture et d'écologie de Charlesbourg vous invite à participer à son voyage à la découverte des beaux jardins de Charlevoix le samedi 11 juillet. Le prix comprend le dîner et le souper. Coût : 125 $/membres et 135 $ /non-membres.

Info : Mario Beaupré, 418 628-1004

Visite des jardins de Quatre-Vents

Les jardins de Quatre-Vents à Cap-à-l'Aigle (MRC de Charlevoix) seront ouverts au public les samedis 27 juin, 11 juillet, 25 juillet et 8 août. Le coût pour la visite est de 30 $. Les visites guidées qui durent plus de deux heures et demie sont organisées par le Centre écologique de Port-au-Saumon, et la vente des billets se fait par Internet sur le site du centre écologique, www.cepas.qc.ca.

Réservations obligatoires.

Marché horticole à Saint-Apollinaire

La Société d'horticulture de Saint-Apollinaire organise un marché horticole et offre à bon prix tomates, fines herbes, fleurs annuelles et vivaces cultivées par ses membres et par des producteurs locaux. Toutes les plantes sont en santé et des conseillères expérimentées pourront guider les acheteurs. Le marché aura lieu le 17 mai de 10h à 12h, à 83, rue Boucher, St-Apollinaire.

Pour information : Marguerite Legendre (418-886-2253) et amelanchier.com

Pour toute activité horticole, écrivez-nous à magazine@lesoleil.com.

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