2015, l'année du coléus

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La gamme des couleurs des coléus est presque sans fin. Ici, quelques exemples tirés du mélange Jazz.

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<p>Larry Hodgson</p>
Larry Hodgson
Le Soleil

(Québec) L'année 2015 a été officiellement désignée l'Année du coléus par l'auguste National Garden Bureau, une société à but non lucratif faisant la promotion du jardinage. Et c'est une plante qui mérite bien des éloges, car le coléus est une annuelle et une plante d'intérieur populaire depuis plus de 150 ans. Regardons un peu plus l'histoire de cette plante fascinante.

Vesse-de-loup ... (PHOTO WIKIMEDIA COMMONS) - image 1.0

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Vesse-de-loup

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Origine perdue dans la nuit des temps

On ne connaît pas l'origine exacte du coléus, car il est cultivé comme plante ornementale depuis les temps immémoriaux et fut ainsi déjà distribué un peu partout en Asie tropicale et Afrique bien avant l'arrivée des premiers botanistes. On sait toutefois que c'est le botaniste néerlandais Karl Ludwig Blume qui l'a nommé et qui l'a rapporté de Java vers l'Europe au milieu du XIXe siècle. D'ailleurs, jusqu'à récemment, on appelait cette plante Coleus blumei en son honneur. Mais le coléus a souvent changé de nom botanique, devenant notamment Solenostemon scutellarioides en 2006. Depuis 2012, toutefois, son nom botanique correct est Plectranthus scutellarioides. J'espère que c'est terminé pour les changements de nom!

Le coléus sauvage était une plante semi-ligneuse d'environ 1 à 2 m de hauteur. Ses multiples tiges, carrées en coupe transversale (typiques en ce fait aux autres plantes de sa famille, les Lamiacées), portaient des feuilles elliptiques tricolores: pourpres à la marge verte avec une tache rose au centre. C'est ce feuillage remarquablement coloré qui l'a rendu populaire, car les petites fleurs bleu violet, portées en un mince épi à l'extrémité des tiges, sont peu impressionnantes.

Sous l'influence de l'être humain, toutefois, le coléus a beaucoup changé. Grâce aux hybridations et aux mutations, on a élargi la gamme des couleurs pour couvrir presque toute teinte sauf le bleu, et il existe des variétés à petites et à grosses feuilles, à feuilles entières et à feuilles diversement et parfois profondément découpées et au port dressé, arrondi ou même rampant. Il y a présentement plus de 2000 cultivars de coléus sur le marché, donc vous avez amplement du choix.

Culture

Le coléus est une plante tropicale et, sous notre climat, doit être cultivé soit comme annuelle ou comme plante d'intérieur. Pendant longtemps, on disait qu'il préférait l'ombre, mais en fait, bien qu'il tolère l'ombre, il est à son plus coloré à la mi-ombre et plusieurs lignées modernes peuvent même tolérer le plein soleil, notamment les cultivars à feuillage foncé. Dans la maison, où l'éclairage est beaucoup moins intense qu'à l'extérieur, mieux vaut placer votre coléus près d'une fenêtre qui reçoit au moins un peu de soleil direct.

Le coléus tolère presque tout type de sol, mais n'est pas très résistant à la sécheresse : il faut assurer un sol au moins légèrement humide en tout temps. Les coléus cultivés en pot s'assèchent plus rapidement que les coléus cultivés en pleine terre et peuvent nécessiter, selon leurs conditions, plus d'un arrosage par semaine. Une fertilisation en douceur, au quart de la dose recommandée, suffit pour assurer une bonne croissance.

Dans mon enfance, il était de mise de pincer les coléus souvent, car sinon ils devenaient très hauts et peu ramifiés, perdant leurs feuilles inférieures et paraissant dégarnis. Les pincer permettait aussi d'éliminer les fleurs, car la plante a tendance à dépérir après la floraison. Mais le pinçage est moins nécessaire aujourd'hui, car la plupart des coléus modernes se ramifient tout naturellement et plusieurs, de surcroît, sont peu portées à fleurir. Si vous voyez apparaître des tiges florales, toutefois, il est toujours de mise de les supprimer: ainsi la plante restera en meilleur état.

Évidemment, étant donné ses origines, le coléus est une plante frileuse, facilement endommagée par le froid. Attendez que la température nocturne dépasse 15°C avant de la sortir à l'extérieur pendant l'été. Pendant l'hiver, les températures de nos maisons lui conviennent parfaitement.

La multiplication

Le coléus pousse facilement et rapidement à partir semences qui sont, de plus, faciles à trouver dans les étalages des jardineries et en catalogue. Semez-les à l'intérieur vers le 1er avril dans un terreau pour semis et sous une bonne chaleur (21°C et plus). Il ne faut pas couvrir de terreau les semences très fines, car elles doivent être exposées à la lumière pour germer. Les premières feuilles seront entièrement vertes, mais très rapidement les jeunes semis commenceront à montrer leur coloration future.

Notre sujet est aussi très facile à reproduire par boutures de tige, et ce, en toute saison. Souvent, les jardiniers rentrent deux ou trois boutures à l'automne, les font enraciner dans un terreau humide et, au printemps, rebouturent les branches de ces plantes. Ainsi, on peut créer de vastes massifs de couleur dans le jardin à partir de deux ou trois boutures rentrées à l'automne.

Insectes et maladies

Le coléus n'est pas particulièrement sujet aux insectes, mais peut les attraper d'une plante voisine infestée. Si oui, des traitements au savon insecticide peuvent s'avérer nécessaires. Pareillement, les maladies sont plutôt rares, mais les plantes cultivées dans un sol mal drainé peuvent souffrir de pourriture ou de blanc.

Un défi original

On peut même créer un coléus sur tige: un projet qui prend 18 à 24 mois à réaliser. À cette fin, choisissez une plante solide, fixant sa tige principale à un tuteur solide de 75 à 150 cm de hauteur à mesure qu'il croît. Supprimez toutes les branches latérales, ce qui vous laisse avec une tige unique coiffée de quelques feuilles, ce qui est peu attrayant au début. Par contre, quand la plante atteint le sommet de son tuteur, changez de tactique et pincez-la pour stimuler l'apparition de branches. Plus que vous pincez et plus la «boule de feuillage» au sommet de votre mini-arbre sera attrayante. Avec le temps, la tige principale se lignifiera et deviendra un tronc et le tuteur ne sera plus nécessaire.

Et voilà! L'histoire d'une plante toujours en vedette et si facile à cultiver. L'été prochain, pensez au coléus quand vient le temps de préparer votre jardin estival!

Les deux cercles plus foncés dans le gazon... (PHOTO JEAN-R. CARON) - image 2.0

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Les deux cercles plus foncés dans le gazon sont des ronds de sorcière.

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Réponses à vos questions

Vesses de loup géantes

Q Au cours de l'été dernier, j'ai eu sur mon terrain des vesses-de-loup d'une dimension extraordinaire, environ 20 cm de hauteur par 15 cm de largeur. Pouvez-vous m'expliquer le phénomène?

Denise Boiteau

R Les vesses-de-loup sont des champignons de diverses familles dont la plus grande est la vesse du loup géante (Calvatia gigantea). D'ailleurs, les vôtres étaient de taille plutôt modeste, car on voit fréquemment des vesses-de-loup de 60 cm de diamètre et on a déjà vu des vesses de loup de 1,5 m de diamètre! Ces champignons sont des saprophytes et vivent des tissus végétaux morts présents dans le sol : racines, feuilles, branches enterrées, etc. Ainsi on peut les trouver presque n'importe où: dans la forêt ou à l'orée de la forêt, dans un champ, dans un jardin ou sur une pelouse. On les reconnaît à leur forme arrondie sans le pied typique des champignons usuels et le fait que, à maturité, elles laissent jaillir des bouffées de spores quand on leur applique de la pression. Mais ce qu'on voit n'est que leur corps de fructification; le «vrai» champignon consiste en des milliers de mycéliums (filaments) cachés dans le sol. On ne considère pas les vesses-de-loup nuisibles et aucun traitement n'est nécessaire, mais vous pouvez les enlever si elles vous dérangent. Parfois, les vesses-de-loup repoussent dans le même secteur tous les automnes pendant quelques années; parfois on les voit une seule fois, puis elles disparaissent. D'ailleurs, la «vesse» est comestible quand elle est jeune (encore blanche à l'intérieur).

***

Racines envahissantes

Q Je cultive un petit jardin de3 m X 6 m. En début de saison, j'ai creusé une tranchée sur deux côtés afin de couper des racines envahissantes d'un érable argenté. Je ne les ai pas enlevées du côté jardin, espérant qu'elles meurent. Au cours de l'été, j'ai remarqué en binant des radicelles blanches au bout de quelques racines. Est-ce que ces racines vont finir par mourir?

Gervais Gagnon

R Dans un milieu suffisamment humide, les racines peuvent vivre un certain temps après qu'elles sont sectionnées de l'arbre, mais ne recevront plus d'hydrates de carbone, soit leur source d'énergie, car ils sont produits exclusivement par les feuilles, puis transférés aux racines par la sève. Or, ce transport est désormais coupé. Ainsi, les racines mourront peu à peu. Quelques arbres peuvent produire des drageons à partir de segments de racines (le tremble et le vinaigrier, notamment) et peuvent ainsi régénérer et produire de nouvelles racines, mais pas l'érable argenté (Acer saccharinum). Par contre, sans une barrière dans le sol, votre érable enverra sûrement de nouvelles racines dans votre potager d'ici peu.

***

Ronds de sorcière

Q Peut-être m'aiderez-vous à élucider ce qui semble un mystère à mes yeux et à ceux des gens qui ont vu ces cercles assez bien tracés qui se démarquent sur mon terrain à la campagne, près de Montmagny. Cela vous dit quelque chose? De joyeux rigolos avancent l'hypothèse d'extraterrestres venus atterrir en ces lieux... mais j'ai des réserves là-dessus!

Jean-R. Caron

R Votre question, comme la précédente, concerne les champignons. On appelle ce phénomène d'un cercle vert dans le gazon un rond de sorcière ou un cercle de fées, car nos ancêtres aussi ont été bien mystifiés par leur apparition. Aujourd'hui, on sait que ces cercles n'ont pas été créés par des sorcières, des fées ou des extraterrestres, mais qu'ils sont plutôt l'oeuvre d'un champignon saprophyte dont le mycélium s'étend en rond, produisant chaque été un rond de corps de fructification (seule partie visible du très vaste champignon souterrain). Quand ces corps meurent, il y a libération de nitrates qui fait verdir le gazon dans le secteur, comme si on y avait appliqué un rond d'engrais, d'où le gazon très vert qui forme le cercle. Habituellement, les ronds de sorcière reviennent d'année en année, chaque fois plus grands que l'année précédente. Il est difficile d'arrêter ces ronds et habituellement, on laisse faire la nature, inventant une petite histoire bizarroïde pour émoustiller les voisins.

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Calendrier horticole

Vous cherchez des activités horticoles pour meubler vos temps libres? En voici une pour les jours qui viennent.

Contrôle des ravageurs

La Société d'horticulture de Québec vous propose une conférence présentée par François Demers, agronome, intitulée Le contrôle des ravageurs au jardin.

Elle aura lieu le mardi 6 janvier à 19h30 au Centre Marchand situé au 2740, 2e Av. Est à Québec.

Coût: 5 $ non-membres. Info: 418 871-1665

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