Un (sa)pin de Noël vivant

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Le pin de Norfolk fait un joli et durable arbre de Noël d'intérieur.

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<p>Larry Hodgson</p>
Larry Hodgson

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Le Soleil

(Québec) Parmi les plantes offertes comme plantes de Noël, il y en a une qui ressort de la foule : le pin de Norfolk, aussi appelé sapin de Norfolk (Araucaria heterophylla). Non, il n'a pas de belles bractées comme un poinsettia ou des fruits colorés comme un houx, mais il a le port d'un sapin de Noël et, contrairement au véritable sapin, peut vivre dans nos maisons. Ainsi, votre petit pin de Norfolk peut décorer votre maison pendant une décennie ou plus, tant que vous lui offrez des soins de base.

Confusion sur le nom

Vous aurez compris que, si on appelle cette plante indifféremment pin ou sapin de Norfolk, elle n'est en fait ni l'un ni l'autre, mais appartient à un genre différent, Araucaria. Avec son port très symétrique, ses branches portées toutes au même niveau, comme les rayons d'une roue, et ses aiguilles très courtes, elle a toutefois un port plus proche de celui d'un sapin que d'un pin.

Le genre Araucaria a déjà été fort répandu sur la planète au Jurassique et au Crétacé, soit à l'époque des dinosaures, mais est disparu de l'hémisphère Nord depuis environ il y a 65 millions d'années, soit justement en même temps que les dinosaures. À l'état naturel, le genre survit uniquement dans l'hémisphère Sud où les 19 espèces restantes sont trouvées, soit en Amérique du Sud, en Australie et, surtout, dans les îles du Pacifique Sud. Notre espèce, A. heterophylla, n'est indigène que sur une seule île, l'île de Norfolk, au large de l'Australie. L'une des industries principales de cette île est justement... la récolte de graines du pin de Norfolk pour exportation! La vaste majorité des plants de ce conifère sont maintenant produits en Floride pour être, par la suite, expédiés au monde entier, car c'est une plante d'intérieur fort populaire dans le Nord et un conifère ornemental très prisé sous les climats tropicaux et subtropicaux où peu d'autres conifères réussissent.

Votre petit pin de Norfolk est en fait un géant à croissance lente. Dans la nature, il peut attendre 65 mètres de haut, soit l'équivalent de 20 étages. De port droit et symétrique pendant toute sa vie, on a déjà pensé l'utiliser comme mât pour les bateaux avant de se rendre compte que son bois n'est pas assez résistant pour cette utilisation. À maturité il produit aussi des grands cônes dressés qui rappellent un ananas par leur forme, mais jamais dans la maison.

Culture

Le pin de Norfolk est, pour son plus grand malheur, souvent cultivé à raison de 4 à 10 plants par pot, ce qui donne un effet dense plus susceptible de plaire aux acheteurs potentiels. Tristement, cette densité excessive nuit à sa croissance, car toutes ces plantes font compétition pour les mêmes ressources, notamment l'eau et les minéraux, et ainsi les potées aux plants multiples finissent par dépérir. Mieux vaut couper les plants supplémentaires pour ne laisser qu'une seule plante si vous voulez avoir de bons résultats à long terme.

Autrement, le pin de Norfolk est facile à cultiver, du moins, si vous pouvez lui assurer une atmosphère humide pendant l'hiver. À cette fin, un humidificateur n'est pas à dédaigner. Aussi, si vous multipliez le nombre de plantes d'intérieur cultivées dans la même pièce, chacune dégagera de l'humidité, créant un milieu bénéfique pour toutes. Les pins de Norfolk qui manquent d'humidité perdent graduellement leurs branches inférieures, qui s'assèchent, meurent et tombent, les dégarnissant. 

Une fois le problème d'humidité réglé, vous trouverez votre petit conifère bien avenant, s'adaptant à l'éclairage moyen à intense (même faible pendant de courtes périodes) et à un arrosage «normal», soit en humidifiant toute la motte de racines quand le terreau est sec au toucher. La fréquence de l'arrosage variera, comme pour toutes les plantes, selon la saison et la taille de la plante; on ne peut la prévoir. On peut fertiliser quand la plante est en croissance, mais seulement au quart de la dose recommandée, car ce n'est pas une plante très gourmande. Quant à la température, le pin de Norfolk préfère un été relativement chaud et un hiver plus frais, donc apprécierait que vous baissiez le thermostat la nuit pendant l'hiver. Il aime bien passer l'été en plein air dans un emplacement protégé des grands vents.

Votre petit conifère grandira lentement mais sûrement et demandera des rempotages aux deux ou trois ans utilisant, à cette fin, un terreau pour plantes d'intérieur. Quand votre pin de Norfolk deviendra trop grand, ce qui prendra dans 10 à 20 ans, vous lui coupez la tête et une autre repoussera rapidement. Par une taille sélective, donc, vous pouvez le maintenir indéfiniment à environ la même hauteur. 

Quant à la multiplication, oubliez ça. Les plantes vendues en magasin sont produites par semences, mais elles doivent être fraîches pour bien germer et sont alors rarement offertes sur le marché. Il est possible de bouturer ou de marcotter les branches secondaires... mais alors, elles ne formeront pas de flèche, mais continueront de pousser à l'horizontale, comme un arbuste. Seules les boutures de tête sont efficaces et elles sont difficiles à réussir. 

Enfin, sous de bonnes conditions, le pin de Norfolk est peu sujet aux insectes et aux maladies. Quand l'air est sec, les araignées rouges sont toutefois à craindre. Elles font jaunir les aiguilles et peuvent tuer la plante. On les traite en rinçant la plante à l'eau claire.

Décorer sans nuire

Les petites ampoules modernes, DEL ou incandescentes, ne dégagent pas assez de chaleur pour endommager le pin de Norfolk et on peut donc l'illuminer pour Noël. Évitez toutefois les ampoules plus anciennes, car elles chauffent trop. Si vous trouvez l'ampoule trop chaude à toucher, le petit arbre en souffrira aussi. On peut y placer tant de guirlandes et de boules qu'on veut tant que ses branches ne plient pas de façon exagérée. Faites tout simplement attention de ne pas briser les tiges ou les aiguilles en y fixant les décorations, car ce «sapin», contrairement au sapin traditionnel, est vivant.

Et voilà : tout ce qu'il vous faut savoir sur le seul conifère qui fait vraiment une bonne plante d'intérieur. Que votre pin de Norfolk égaie votre demeure ce Noël et pendant de nombreuses Fêtes à venir!

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Le nodule noir s'attaque aux cerisiers et aux pruniers sauvages et cultivés.

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Réponses à vos questions

Fustet qui ne fleurit pas

Q J'ai un fustet qui me donne chaque année l'espoir d'une belle floraison. J'ai beaucoup de boutons de fleurs, mais la grande majorité de ces boutons sèchent et tombent sans fleurir. Seule la tête de l'arbuste fleurit. Pourquoi? Gabrielle Dussault, Sainte-Foy

R Le fustet (Cotinus coggygria), aussi appelé arbre aux perruques, est parmi les nombreux arbustes qui devraient mériter deux zones de rusticité, une pour la survie et une pour la floraison. En effet, officiellement cet arbuste est «rustique» dans notre région (zone 4b), dans le sens qu'il survit à nos hivers. Pour cette raison, les pépiniéristes lui accordent la zone 4b. Mais les jardiniers de zone 4b sont généralement déçus des résultats, car les boutons floraux sont moins rustiques que les bourgeons de feuilles, étant de zone 5b à 6b, selon le cultivar. Ainsi, si l'hiver est froid, la plante ne fleurit pas ou fleurit très inégalement. Il est décevant d'apprendre cela après plusieurs années de culture, mais à moins que le climat réchauffe pour la peine, votre fustet risque de fleurir assez rarement.

Plante envahissante

Q Je vous envoie la photo d'une plante qui envahit la plate-bande et le gazon de la cour arrière. Pourriez-vous nous indiquer la façon de nous en débarrasser. Hélène Falardeau

R Il s'agit de l'herbe aux goutteux (Aegopodium podagraria). Comme vous l'avez découvert, c'est une plante extrêmement envahissante et difficile, voire impossible, à arracher. Pour venir à bout de cette plante, recouvrez le secteur d'une bâche noire que vous ferez tenir en place avec des briques ou des pierres. Vous trouverez de telles toiles dans une quincaillerie. Ce recouvrement coupera toute lumière à la plante et mènera à sa perte. Après un an, enlevez la bâche et replantez de nouveaux végétaux, tout simplement. Notez qu'il est important de tout recouvrir : si même une seule plante reste exposée à la lumière, elle produira rapidement des rejets et regagnera les secteurs désherbés.

Nodules noirs sur des arbres

Q Comment pourrais-je remédier au problème des nodules noirs? Je coupe les branches infestées, mais ils semblent se propager et j'ai un terrain avec beaucoup d'arbres. Marie Key

R Le nodule noir (Dibotryon morbosum) est une maladie très courante et très visible à cette saison, car on le voir surtout quand les feuilles des arbres sont tombées. On découvre alors des excroissances noires cylindriques qui se forment le long des tiges, puis les pousses au-delà de ces nodules meurent sur une à plusieurs années. La bonne nouvelle pour vous est que cette maladie ne s'attaque qu'aux pruniers et aux cerisiers (Prunus). Il n'a donc aucun risque qu'elle s'étende à tous vos arbres. Théoriquement, on peut traiter le nodule noir en couper les branches à environ 10 cm sous la base des nodules et en nettoyant le sécateur avec de l'alcool à friction entre chaque coupe. En pratique, cependant, cela ne semble que ralentir le développement des nodules et l'arbre dépérira de plus en plus avec le temps malgré vos efforts. Ainsi, quant à moi, le traitement le plus facile et le plus efficace est de supprimer tous les arbres qui en sont atteints et de replanter d'autres arbres, mais en évitant les cerisiers et les pruniers.

***

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Vous pouvez nous joindre par courriel à courrier@jardinierparesseux.com

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Le jardinier paresseux

Le Soleil

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Québec (Québec) G1K 7J6

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Réservez déjà aux jardins de Quatre-Vents

La vente des billets pour des visites aux jardins de Quatre-Vents de Charlevoix est déjà commencée. Ils seront ouverts au public en 2015 les samedis 27 juin, 11 et 25 juillet et 8 août. Les billets peuvent être achetés au coût de 30 $ sur le site Web du Centre écologique de Port-au-Saumon au

http://www.cepas.qc.ca/jardins-quatre-vents.php. Les places disponibles s'envolent rapidement; mieux vaut réserver tôt. Rappelons que les jardins de Quatre-Vents sont considérés comme parmi les plus beaux jardins privés de l'Amérique du Nord. Pour plus d'information : Marc-André de Launière, Centre écologique de Port-au-Saumon, 418 412-1679

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