Bijoux de famille

Les curieuses capsules enflées et poilues ont mérité... (www.jardinierparesseux.com)

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Les curieuses capsules enflées et poilues ont mérité au bijoux de famille son nom commun.

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<p>Larry Hodgson</p>
Larry Hodgson

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Oui, je suis très déçu. Mon bijoux de famille* n'a que deux boules. Quoi? Mais non, je parle de ma plante, bien sûr. La plante appelée bijoux* de famille : Gomphocarpus physocarpus, anciennement Asclepias physocarpus. Normalement, à l'automne, ce petit arbuste tropical est rempli de grosses capsules vert pâle enflées et hérissées de poils qui ressemblent à - soyons honnêtes - des testicules, d'où le nom «bijoux de famille». Mais ma plante n'en porte que deux, d'où ma déception. Il aurait dû avoir des dizaines. Et cela m'a porté à faire davantage de recherche à son sujet.

J'ai pu obtenir un plant de bijoux de famille ce printemps au Jardin botanique Roger-Van den Hende. Ce jardin participe, avec le Jardin botanique de Montréal et le Jardin Daniel A. Séguin, à un programme appelé Sélection Réserve Naturelle, dont l'objectif principal est de faire connaître diverses espèces végétales - telles qu'elles existent en nature - de partout à travers la planète ainsi que les écosystèmes dans lesquels elles vivent. Or, le bijoux de famille était l'une des quatre nouvelles plantes Sélections Réserve Naturelle offertes ce printemps. Et, bien sûr, j'étais très content d'essayer cette plante chez moi. Voici ce que j'en ai appris.

Une lointaine origine

Je vois souvent cette plante lors de mes voyages. D'abord, on la cultive souvent dans les jardins botaniques, mais aussi elle prend facilement la clé des champs dans les pays tropicaux et subtropicaux. Ainsi, je l'ai vu échapper de la culture en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Amérique centrale et dans le sud de la France. Elle vient toutefois à l'origine du sud de l'Afrique, où on la trouve dans les velds et les prairies, ainsi que le long des routes. C'est un arbuste d'environ 0,5 à 2 mètres de hauteur (1,2 mètre chez moi) avec une tige unique partant du sol, tige qui se ramifie pour produire plusieurs branches plutôt dressées. Les feuilles vert foncé sont très étroites, comme des feuilles de saule. Si on les casse ou qu'on coupe une tige, une sève blanche laiteuse sort de la blessure.

La plante produit, de juillet à octobre, des bouquets aérés de fleurs blanches pendantes, chacune avec une couronne blanche ou rose pourprée en son centre. Ces fleurs ressemblent aux fleurs des asclépiades (Asclepias spp.) qu'on trouve dans les champs québécois et en sont d'ailleurs de très proches parents. Tout comme l'asclépiade, le bijoux de famille est l'une des rares plantes qui peut servir d'hôte au papillon monarque (Danaus plexippus) et plusieurs catalogues de semences l'offrent surtout comme plant pour attirer ce papillon. D'ailleurs, le papillon monarque africain (D. chrysippus), qui ressemble à notre monarque en plus petit, vit exclusivement du bijoux de famille et d'autres Gomphocarpus dans son continent d'origine, car les asclépiades poussent seulement dans le Nouveau Monde et les Gomphorcarpos dans l'Ancien. Tout comme l'asclépiade, le bijoux de famille est légèrement toxique en toutes ses parties et les chenilles de monarque qui le mangent deviennent toxiques à leur tour, ce qui leur sert de protection contre les prédateurs.

La pollinisation de cette plante est très compliquée. Même si plusieurs insectes (abeilles, papillons, mouches, etc.) visitent les fleurs à cause de leur nectar abondant, seules les guêpes réussissent à assurer la pollinisation. Une pollinie (masse de pollen) doit s'attacher à une patte de la guêpe qui ne peut s'en débarrasser qu'en visitant une autre fleur de bijoux de famille, dans laquelle la pollinie s'y insérera comme une clé dans une serrure. Aussitôt fixée à une nouvelle fleur, la pollinie s'ouvre et libère la patte de l'insecte.

Et c'est ça qui explique la faible production de boules sur ma plante : le bijoux de famille demande obligatoirement une pollinisation croisée. Or, je n'avais qu'une seule plante. Ça, on ne l'indiquait pas sur le site de Sélection Réserve Naturelle (selectionreservenaturelle.com). Il faut croire qu'une guêpe locale a réussi à dénicher un autre spécimen dans la région, sinon je n'aurais pas eu de capsules du tout. L'an prochain, je promets de cultiver aux moins deux spécimens côte à côte, ce qui devrait assurer une pollinisation croisée efficace et donc beaucoup de capsules poilues.

Comment cultiver le bijoux de famille

Même si le bijoux de famille est officiellement un arbuste, il est souvent plus logique de le cultiver comme annuelle. Il est d'ailleurs plus facile de trouver des graines de bijoux de famille (notamment dans les catalogues www.damseeds.ca et www.thompsonmorgan.ca) que des plants. Semez les graines en février ou en mars, les recouvrant à peine de terreau, et conservez les pots légèrement humides et au chaud (à environ 21-23°C) dans un emplacement bien éclairé jusqu'à la germination. Après, choisissez un lieu très ensoleillé ou un emplacement sous une lampe fluorescente pour maintenir les semis jusqu'au moment de leur repiquage au jardin en juin. On peut alors les planter en pleine terre ou les cultiver dans un pot de 25 centimètres de diamètre ou plus.

Cultivez le bijoux de famille au plein soleil dans un emplacement plutôt chaud. Il tolère les sols pauvres et secs, mais poussera et fructifiera mieux dans un sol plutôt riche qui reçoit des arrosages en période de sécheresse. Évitez les emplacements détrempés.

Normalement, on récolte les tiges portant les capsules à l'automne et les fait sécher pour servir dans les arrangements de fleurs séchées. Laissez quelques-unes mûrir sur le plant, cependant, pour obtenir des graines pour la production de l'année suivante. À maturité, les capsules brunissent et s'éclatent, révélant des graines aplaties portées sur des soies blanches... exactement comme le font les capsules des asclépiades québécoises. Il vous suffit de prélever quelques graines, d'enlever les soies et de garder les graines au sec jusqu'en février pour commencer un nouveau cycle.

Allez-y! Osez cultiver cette plante curieuse au nom si évocateur. Imaginez les conversations amusantes que vous pourriez avoir au sujet de vos bijoux de famille... végétaux!

* L'auteur fait référence à l'expression bien connue, c'est pourquoi le nom du plant est au pluriel dans le texte.

L'Ajuga est un couvre-sol populaire dans les plates-bandes. ... (www.jardinierparesseux.com) - image 2.0

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L'Ajuga est un couvre-sol populaire dans les plates-bandes. 

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Il n'y aucun problème à déplacer un érable à sucre à l'automne et même, c'est la meilleure période pour le faire.

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Réponses à vos questions

Ajuga dans la pelouse

Q J'ai de l'ajuga qui pousse un peu partout sur ma pelouse. Est-ce qu'il y a un moyen de l'éliminer? Marie Bolduc

R L'ajuga, appelé aussi bugle rampante (Ajuga reptans), est un couvre-sol populaire dans les plates-bandes, cultivé une partie pour ses beaux épis de fleurs violettes au printemps, mais surtout pour son feuillage persistant luisant qui forme, avec le temps, un joli tapis. Les feuilles peuvent être, selon le cultivar, vertes, bicolores ou pourpres, mais dans les jardins, les variétés à feuillage pourpre, comme A. reptans 'Atropurpurea', dominent. Tristement, l'ajuga est porté à voyager (c'est la nature des couvre-sols) et quand on voit le feuillage pourpre se mêler à une pelouse verte, ça peut déranger. Personnellement, je trouve l'effet très attrayant et le laisse pousser dans ma pelouse. Aussi, une pelouse où des plantes diverses se mélangent souffrira moins d'infestations d'insectes et de maladies qu'une pelouse uniquement composée de graminées. Si toutefois vous voulez le faire disparaître, sachez que cette plante n'est pas très sensible aux herbicides et que, de toute façon, la plupart des herbicides de gazon sont bannis au Québec. La seule façon de contrôler l'ajuga sera d'arracher les plantes individuelles. N'oubliez pas de semer du gazon dans les trous laissés par l'arrachage, sinon des mauvaises herbes pourraient s'y installer.

Pas de protection pour les rosiers rustiques

Q J'ai planté trois rosiers rustiques au printemps dernier : 'Champlain', 'Henry Hudson' et 'Morden Blush'. J'aimerais savoir quelle sorte de protection hivernale poser? Et quand dois-je les tailler? Mélanie Norbert

R Par définition, un rosier rustique n'a pas besoin de protection hivernale. C'est le sens même du mot rustique dans le contexte horticole. Donc, oubliez le cône à rosier et les autres protections qu'on pose sur les rosiers buissons (rosiers de faible rusticité) comme les rosiers hybrides de thé et les rosiers grandiflores. Vous n'aurez donc pas à offrir aucune protection à vos rosiers l'hiver. D'ailleurs, la taille aussi est beaucoup réduite par rapport à celle habituellement donnée aux rosiers buissons. Aucune taille n'est nécessaire à l'automne, par exemple, contrairement aux rosiers buissons qu'il faut rabattre. Au printemps, la taille se résume à éliminer toute branche morte, endommagée ou mal placée, voilà tout. Après quelques années, par contre, vous pouvez juger nécessaire de supprimer une ou deux vieilles tiges qui fleurissent moins. Cela aussi se fait au printemps.

Érable à déplacer

Q Je voudrais changer de place un érable à sucre et je voudrais savoir si je peux le faire maintenant, même s'il a encore ses feuilles. Il mesure trois mètres de hauteur. Sylvain Dubé, Sainte-Agathe-des-Monts

R Il n'y aucun problème à déplacer un érable à sucre (Acer saccharum) à l'automne et même, c'est la meilleure période pour le faire, contrairement à beaucoup d'autres végétaux qu'on transplante surtout au printemps. C'est que transplanter un arbre implique toujours qu'on brise ou endommage quelques racines et branches. Or les érables font des montées de sève importantes au printemps et les transplanter à cette saison peut leur faire perdre beaucoup de sève à partir des blessures provoquées. Comme la sève transporte les sucres et les minéraux aux feuilles, l'arbre s'en trouvera affaibli. À l'automne, même quand il a encore des feuilles, votre érable est essentiellement en dormance et ne perdra pas de sève lors de la transplantation, ce qui assurera une meilleure reprise.

>> Des questions svp!

Vous pouvez nous joindre par courriel à courrier@jardinierparesseux.com

Activité horticole

Tournée des jardins d'Angleterre

Accompagnez Larry Hodgson du 16 au 26 mai 2015 pour une visite de plusieurs des plus beaux jardins d'Angleterre. Le voyage comprend entre autres des visites des jardins de Hidcote Manor, de Blenheim Palace et de Kew ainsi qu'une entrée à la célèbre exposition florale Chelsea Flower Show. Info : http://www.gvq.ca/casinos-et-thematiques/horticoles/les-jardins-dangleterre

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