Hydrangées: une question de taille

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Hydrangée arborescente Annabelle: taillez sévèrement tous les ans, de préférence au printemps.

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<p>Larry Hodgson</p>
Larry Hodgson

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Peu de sujets dans la culture des arbustes semblent poser autant de confusion chez les jardiniers que le moment de la taille des arbustes. Pourtant, la réponse est si simple. D'abord, la taille n'est jamais obligatoire: c'est un choix que fait le jardinier. Et s'il décide de tailler, le meilleur moment est toujours après la floraison, du moins, s'il veut voir la plante fleurir dans la prochaine année. Ce n'est généralement pas plus compliqué que cela.

Hydrangée paniculée Grandiflora: moins on la taille, plus... (Photo www.jardinierparesseux.com) - image 1.0

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Hydrangée paniculée Grandiflora: moins on la taille, plus elle fleurit.

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Hydrangée à grandes feuilles: paillez abondamment et ne... (Photo www.jardinierparesseux.com) - image 1.1

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Hydrangée à grandes feuilles: paillez abondamment et ne coupez que les parties mortes.

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Remarquez que la majorité des arbustes et des arbres - notamment tous ceux qui s'épanouissent au printemps - fleurissent «sur le vieux bois». Autrement dit, les boutons floraux, même s'ils ne sont pas nécessairement visibles avant le printemps, se forment au cours de l'été et de l'automne. Si on taille pendant ces périodes, ou tôt encore au printemps, on éliminera la plupart des fleurs. Donc, la période pendant laquelle on peut les tailler sans sacrifier les fleurs à venir est très courte: les deux ou trois semaines qui suivent la floraison.

Les arbustes qui fleurissent en été ou à l'automne fleurissent habituellement «sur le bois de l'année». Autrement dit, sur les nouvelles pousses qui se forment au printemps. La période de taille est donc énormément plus vaste : on pourrait les tailler à tout moment entre la fin de leur floraison et le printemps.

Le cas des hydrangées

Les hydrangées (Hydrangea spp.) sont des arbustes fort populaires par les temps qui courent, mais leur taille est compliquée par le fait que les trois espèces les plus couramment cultivées demandent des tailles différentes. Regardons-les donc une par une.

Hydrangée arborescente (H. arborescens): la très populaire hydrangée 'Annabelle', avec ses grosses boules blanches, est la variété la plus cultivée de cette espèce, mais on trouve aussi des cultivars à inflorescence en dôme et même, depuis quelques années, de nouveaux cultivars à fleurs roses. L'hydrangée arborescente fleurit pendant une longue période, du milieu à la fin de l'été.

Malgré la bonne survie au froid de l'arbuste (zone 3), les branches ont tendance à geler irrégulièrement pendant l'hiver dans nos régions. À cause de ces dommages hivernaux qui font que l'arbuste non taillé aura à la fois des branches hautes et des branches basses, il est suggéré de rabattre cette plante à 10 centimètres du sol tous les ans, ce qui donnera une croissance plus égale, car les branches seront environ de la même longueur. Comme cette hydrangée fleurit sur le bois de l'année, on peut la tailler entre la fin de sa floraison (septembre) et le printemps. Toutefois, comme l'inflorescence reste attrayante l'hiver, même si les fleurs sèchent et deviennent beiges, le moment le plus évident pour la tailler est tôt au printemps. Ainsi, vous profiterez de sa beauté pendant un maximum de temps.

Hydrangée paniculée (H. paniculata): il existe de nombreux cultivars de cet arbuste classique, mais on peut facilement les distinguer des autres hydrangées par le fait que les fleurs sont produites en panicule allongée plutôt qu'en boule ou en dôme et aussi, que les fleurs changent de couleur au cours de leur longue période de floraison, passant de blanc ou vert pâle à rose. L'hydrangée paniculée commence à fleurir plus tardivement que l'hydrangée arborescente, plutôt vers la fin de l'été, et est d'ailleurs encore en fleurs présentement, moment où, pour la plupart des cultivars, les fleurs inférieures de chaque panicule sont devenues roses, alors que celles de l'extrémité supérieure sont encore blanches, donnant un effet bicolore.

Cet arbuste n'est pas sujet à geler l'hiver, donc son besoin de taille est moindre: essentiellement, aucune taille n'est nécessaire. D'ailleurs, moins vous le taillez, plus il fleurira. Si vous tenez à supprimer les fleurs fanées, vous pouvez toutefois le faire soit à la fin de l'automne (on peut alors les rentrer dans la maison comme décoration, car elles sèchent très bien), soit au début du printemps. Je recommande la deuxième option, car l'effet hivernal de la neige se posant sur les grosses grappes de fleurs beiges est superbe. Les fleurs fanées tomberont d'elles-mêmes au printemps, ce qui explique pourquoi aucune taille n'est nécessaire.

Si cette plante devient trop grosse pour vos besoins, vous pouvez la rabattre presque au sol à l'automne ou au printemps et elle repoussera rapidement. Certains jardiniers aiment la rabattre tous les ans justement pour qu'elle reste très compacte, mais il faut admettre que l'hydrangée paniculée est bien plus impressionnante et fleurit beaucoup plus quand on la laisse prendre ses dimensions maximales, soit de deux à cinq mètres de hauteur, selon le cultivar.

Hydrangée à grandes feuilles (H. macrophylla): cette hydrangée a la curieuse caractéristique de produire des fleurs bleues si on la cultive dans un sol acide et des fleurs roses si on la cultive dans un sol alcalin. Dans notre région, où presque tous les sols sont acides, elle fleurira bleue. Il n'est donc pas nécessaire d'ajouter un produit acidifiant, comme le sulfate d'aluminium, au sol pour obtenir des fleurs bien bleues. Pire, comme le sulfate d'aluminium est toxique pour les plantes et à force de l'appliquer annuellement, les jardiniers qui l'appliquent finissent par tuer leur hydrangée!

Sachez tout de suite que cette hydrangée est très mal adaptée à notre climat. De zone 6, elle gèle sévèrement tous les ans et, sans protection aucune, ne survit pas. Heureusement qu'il y a souvent assez de neige pour offrir une certaine protection contre le froid extrême.

Cette hydrangée diffère des autres en ce qu'elle fleurit principalement sur le vieux bois... ce qui cause un problème majeur. En effet, dans nos régions, les branches gèlent près du sol, ce qui devrait théoriquement éliminer toute possibilité de floraison. Heureusement, s'il reste encore aussi peu qu'un centimètre de bois en vie à la base au printemps, la plante pourrait réussir à fleurir. Mais si tout le bois gèle jusqu'au sol et que l'hydrangée doit repartir de ses racines, il n'y aura pas de fleurs cette année. Il existe bien quelques cultivars qui sont réputés pour fleurir à la fois sur le bois de l'année et sur le vieux bois, dont le populaire cultivar 'Endless Summer', mais tristement, en général ces cultivars fleurissent mal dans notre région. L'hydrangée «bleue» la plus rustique et donc la plus susceptible de bien fleurir dans notre région serait le cultivar 'Penny Mac'. Il fleurit fidèlement sur le bois de l'année et le vieux bois. Malheureusement, ce cultivar demeure peu accessible en pépinière dans notre région.

Pour aider à obtenir une belle floraison, la consigne est de ne jamais tailler dans les parties encore vivantes de cette plante. Au printemps, ne supprimez que les parties mortes, voilà tout. À l'automne, couvrez la plante d'une épaisse couche de feuilles mortes - de 60 à 75 centimètres de feuilles n'est pas trop! - pour la protéger du froid. Dans nos régions, cette hydrangée peu rustique réussira mieux à la mi-ombre dans un endroit où la neige s'accumule. Évitez le plein soleil, même si, théoriquement, l'hydrangée à grandes feuilles y pousse bien: c'est que la neige a tendance à fondre trop rapidement au printemps dans les endroits ensoleillés et alors l'arbuste gèle sévèrement et n'arrive pas à fleurir.

Et voilà: trois hydrangées, trois tailles différentes. À vous maintenant de choisir la bonne!

Iris tigré (Iris domestica)... (PHOTO FRANCE BENOIT) - image 2.0

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Iris tigré (Iris domestica)

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Quand on voit qu'un pin perd ses cônes... (Photo Shutterstock, Gheorghe Roman) - image 2.1

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Quand on voit qu'un pin perd ses cônes non matures, c'est souvent que l'arbre en a produit plus qu'il ne peut en supporter. Alors, il rejette ceux en trop.

Photo Shutterstock, Gheorghe Roman

Réponses à vos questions

Vivace à identifier

Q Depuis quelques années, j'habille mon grand terrain de plates-bandes pour le plaisir des yeux et des oiseaux. Ceux-ci ou le vent me font de jolis cadeaux avec la venue de nouvelles plantes au cours des ans, entre autres cette très jolie plante aux feuilles d'iris avec des fleurs orange moustachées qui se referment la nuit et s'ouvrent aux rayons du soleil. J'ai eu beau chercher dans les livres ou sur Internet, je n'ai pas trouvé son nom ni son origine. Peut-être que vous la reconnaissez?

France Benoit

R Il s'agit de l'iris tigré, et il est originaire de la Chine et du Japon. Son nom botanique est maintenant Iris domestica, mais ce nom est récent, et on le vend plutôt sur le marché horticole sous son ancien nom, Belamcanda chinensis. C'est une vivace rustique (zone 4) et de culture facile qui produit des fleurs orange marqué de marron ou encore, pour certains cultivars, des fleurs jaunes. En plus d'une belle floraison, les capsules de graines s'ouvrent à l'automne pour révéler de jolies graines noires très luisantes. Pour plus d'information sur cette plante, je vous suggère de consulter un de mes livres, La bible de fleurs vivaces, tome 2, où j'explique davantage la culture de la plante et raconte son histoire fascinante.

***

Pluie de cônes

Q J'ai sur mon terrain un pin de 7,5 mètres de haut qui perd présentement ses cônes. Ils sont verts et non matures. J'aimerais savoir pourquoi cette pluie de cônes? À ma connaissance, c'est la première fois que cela se produit. Nous nous regardons vieillir depuis 28 ans déjà!

Myriam

R Quand on voit un tel phénomène, c'est souvent que l'arbre a produit plus de cônes qu'il ne puisse supporter compte tenu des conditions et, alors, avorte les cônes en trop. D'ailleurs, beaucoup de pins (et d'autres arbres) produisent une quantité spécialement massive de cônes ou de fruits tous les 5 à 10 ans, puis relativement peu les autres années, une stratégie qui a évolué pour réduire la prédation : s'il y a tout d'un coup une quantité très importante de graines, les prédateurs n'arriveront pas à les manger toutes. Une autre possibilité est que la pollinisation a pu être faible au printemps dernier (cela arrive quand la période de production de pollen coïncide avec une période prolongée de pluie), ce qui réduit le taux de fécondation. Encore, dans un tel cas, l'arbre peut avorter les cônes qui contiennent peu ou pas de graines viables pour ne laisser mûrir que les cônes plein de semences.

***

Cendres de foyer dans le compost?

Q J'ai accumulé une certaine quantité de cendres provenant de notre foyer. Pourrais-je les utiliser comme matières sèches dans le bac à compost?

Clément Castonguay, Québec

R À condition de ne pas avoir brûlé des produits toxiques dans le foyer, oui, vous pouvez mettre les cendres qui en proviennent dans le compost. Le contenu des cendres varie beaucoup selon le type de bois brûlé, mais est inévitablement très riche en potasse. Les cendres sont aussi très alcalines, à tel point qu'elles peuvent tuer les plantes et les micro-organismes si on les applique sans les diluer, et justement, il serait sage de les mélanger aux autres matériaux en les ajoutant au compost plutôt que d'en faire une couche séparée. On peut aussi les appliquer aux jardins pour réduire l'acidité du sol. Dans ce cas, la suggestion est de les appliquer sur la neige l'hiver. Quand la neige fond au printemps, cela réduit leur concentration et ainsi on évite de brûler les racines des végétaux.

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Des questions svp!

Vous pouvez nous joindre par courriel à courrier@jardinierparesseux.com

Par courrier: Le jardinier paresseux, Le Soleil, C.P. 1547, succ. Terminus, Québec (Québec) G1K 7J6

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Calendrier horticole

Phalaenopsis jaunes

Les Orchidophiles de Québec vous propose une conférence sur les phalaenopsis jaunes avec Michel Tremblay. Elle aura lieu mardi à 19h30 au Montmartre, au 1669, chemin Saint-Louis, Québec.

Coût: 5 $ non-membres. Info: 418 261-6886

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Pour toute activité horticole, écrivez-nous à magazine@lesoleil.com.

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