Confessions d'un jardinier paresseux: «Je ne travaille pas fort à l'automne!»

Supprimer les feuilles des hostas, à l'automne, est... (Photo WWW.JARDINIERPARESSEUX.COM)

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Supprimer les feuilles des hostas, à l'automne, est une perte de temps, car elles se décomposent toutes seules au cours de l'hiver et du printemps.

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<p>Larry Hodgson</p>
Larry Hodgson

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Avec les nuits qui deviennent de plus en plus froides et les feuilles des arbres qui commencent à chuter, il n'y a pas de doute que la fin de la saison de jardinage approche. Dans le passé, j'ai offert dans cette chronique divers conseils généraux pour préparer votre terrain pour l'hiver. Cette année, j'ai pensé innover en vous expliquant ce que je fais moi-même pour préparer mon terrain pour l'automne.

Plantes à rentrer

J'essaie toujours de rentrer mes plantes d'intérieur et mes boutures d'annuelles tôt, à la fin d'août ou au début de septembre, mais cet automne, j'ai retardé un peu et j'ai été pris de court avec l'annonce d'une gelée précoce la nuit du 18 au 19 septembre. J'ai dû les entrer en catastrophe la veille du gel. Je n'ai pas eu le temps de faire un ménage approprié (habituellement, je lave bien les plantes avant de les rentrer pour enlever saletés, feuilles mortes et insectes) et, donc, au cours des journées suivantes, il a fallu ramasser et sortir plusieurs araignées, deux perce-oreilles et une très grosse limace. Pas si pire, dans les circonstances.

Après ce premier gel, j'ai rentré aussi mes bulbes tendres (cannas, bégonias tubéreux, glaïeuls, dahlias, etc.). Je cultive ces plantes en pot, ce qui facilite la rentrée. Je ne fais que couper le feuillage près de la base et rentrer les potées au sous-sol où elles ne recevront aucun soin de l'hiver, même pas d'eau. En rentrant les potées, j'ai inséré une étiquette rouge dans celles qui me semblaient trop denses. Cela me rappellera de les diviser ou de les rempoter dans de plus gros pots au printemps prochain. 

Les plates-bandes

En octobre, je plante des bulbes à floraison printanière (narcisses, tulipes, crocus, etc.) un peu partout, notamment autour des vivaces qui tardent à lever au printemps. Ainsi, j'aurais plein de fleurs tôt au printemps et quand les bulbes arrêtent de fleurir, le feuillage des vivaces viendra les cacher. La plupart des bulbes reviennent d'année en année, mais je replante certaines tulipes moins persistantes tous les quatre ans environ.

Je ne fais aucun ménage particulier de mes plates-bandes à l'automne. Je laisse tout en place, même les annuelles mortes. Si je les arrache à l'automne, cela va laisser le gel pénétrer profondément dans le sol, ce qui peut endommager les plantes vivaces voisines. De plus, cela laisse le sol ouvert à l'érosion. 

Je ne coupe pas le feuillage de mes vivaces non plus. Après tout, la meilleure «nourriture» pour toute une plante est son propre feuillage. Pourquoi alors l'enlever et devoir alors appliquer un engrais pour remplacer ce qu'on a jeté? De plus, même mort, le feuillage des vivaces a un rôle à jouer : protéger la couronne de la plante du froid. Je ne vois aucune bonne raison pour enlever cette protection naturelle. Le feuillage des vivaces disparaît tout seul pendant l'hiver ou au tout début du printemps, car il se décompose. Donc, il n'y a pas de feuillage à ramasser au printemps, seulement quelques tiges florales asséchées.

Parmi les autres raisons pour ne pas rabattre les vivaces à la fin de l'été, il faut penser que plusieurs continuent de fleurir longtemps à l'automne, jusqu'aux neiges dans certains cas, et d'autres, aux tiges et aux feuilles mortes mais encore debout, créent un bel effet quand elles sont entourées de neige l'hiver, notamment les graminées. Et les fleurs séchées que je n'ai pas enlevées attirent les oiseaux qui viennent manger les graines, me donnant une vaste mangeoire qui ne coûte rien. Aussi, les insectes bénéfiques, soit ceux qui contrôlent les insectes nuisibles dans mon jardin, hivernent souvent dans les tiges creuses et les feuilles mortes de mes vivaces : les supprimer amènerait alors toutes sortes d'infestations indésirables l'été suivant.

Le potager

Je ne fais aucun ménage du potager à l'automne, mais récolte, avant le gel, les légumes fragiles au gel (tomates, piments, concombres, haricots, etc.). Je récolte tard à l'automne, juste avant que le sol gèle définitivement, les légumes qui aiment le froid et dont le goût s'améliore après quelques gelées : choux, choux de Bruxelles, choux frisés (kale), poireaux et légumes racines. Parfois, je laisse quelques carottes, panais et poireaux en terre tout l'hiver pour une récolte hâtive au printemps suivant. Je garde le sol du potager couvert de paillis en tout temps, dont l'automne et l'hiver.

Arbres et arbustes

Je ne fais aucun entretien particulier des arbres, des arbustes et des conifères à l'automne - pas de taille, pas de tuteurage, pas de fertilisation, etc. -, et aucune protection hivernale ne leur est offerte. Je fais attention de cultiver uniquement des plantes bien adaptées à mon climat, donc les protéger serait une perte de temps. Si une nouveauté à la rusticité douteuse est endommagée par l'hiver, qu'elle crève! Au printemps, je la remplacerai par une variété plus solide. 

J'ai un pommetier qui laisse tomber des milliers de fruits au sol à cette saison. Je ramasse les fruits qui tombent dans les sentiers (sinon ça devient glissant) et les lancent dans les plates-bandes à côté. Après tout, en se décomposant, ils enrichiront le sol.

Pelouse

Il ne me reste qu'une toute petite pelouse, mais je continue de la tondre à l'automne, laissant les rognures sur place (ce qu'on appelle l'herbicyclage). Je fais une dernière tonte, plus courte que la normale (environ 5 cm) vers la mi-novembre. Je ne fertilise jamais ma pelouse, ni à l'automne ni au printemps. Les rognures et les feuilles d'automne déchiquetées semblent lui donner tous les minéraux nécessaires. Et je trouve que ma pelouse pousse déjà assez vite : pourquoi la fertiliser, ce qui ne fera que l'encourager à pousser encore plus rapidement et donc demander encore plus de tonte?

Feuilles mortes

Les feuilles des arbres qui tombent sur la pelouse sont ramassées et déchiquetées par la tondeuse, puis lancées dans les plates-

bandes et le potager, où elles servent de paillis. Mais il n'en tombe pas assez pour mes fins, donc je ramasse les sacs de feuilles de mes voisins et les vide sur la pelouse pour les déchiqueter à leur tour. 

Plantes malades

Je sais que plusieurs jardiniers coupent et brûlent les tiges et les feuilles des plantes malades trouvées sur leur terrain (phlox et monardes souffrant de blanc, roses trémières aux prises avec la rouille, feuilles d'arbres atteintes de taches diverses, etc.) en pensant ainsi contrôler ces maladies, mais mon expérience est qu'ils perdent leur temps. Les spores de ces maladies hivernent dans le sol et sont transmises aux plantes de nouveau par le vent au printemps, qu'on détruise le feuillage ou non :  si le temps est propice à l'apparition de ladite maladie (et cela varie d'année en année, chaque maladie se développant quand certaines conditions sont réunies), la plante sera malade, point à la ligne. De toute façon, si une plante se montre chroniquement malade, je l'arrache pour la remplacer par une plante qui ne l'est pas. 

Et c'est tout! Au total, j'en ai pour deux ou trois heures au total de labeur de septembre à la mi-

novembre. Si seulement faire le ménage de l'intérieur de la maison demandait si peu de temps!

Réponses à vos questions

Une fausse ortie

Q J'aimerais savoir si cette mauvaise herbe qui pousse sans arrêt dans mes plates-bandes est bien de l'ortie. Il n'y a pas d'épines cependant. Comment la reconnaître? Devrais-je absolument l'éradiquer et comment?

Charlotte Paquet

R Il ne s'agit pas de l'ortie (Urtica dioica), mais plutôt du piléa nain (Pilea pumila), une plante apparentée, mais dépourvu de poils irritants. Les feuilles des deux, avec leur marge dentée et les trois nervures parallèles, se ressemblent énormément, mais, comme vous le mentionnez, il n'y a pas de piquants sur la tige du piléa alors que celle de l'ortie en est couverte. Même les fleurs verdâtres portées à l'aisselle des feuilles se ressemblent. Je pense que le nom commun anglais résume bien la situation : stingless nettle (ortie sans dard). Pour contrôler facilement cette plante annuelle, couvrez le sol d'un paillis épais à la fin de l'automne ou tôt au printemps. Ainsi les graines, tombées au sol à l'automne, ne seront pas capables de germer.

Peut-on multiplier un arbre greffé par ses drageons?

Q J'ai un robinier Twisty Baby qui depuis cet été a drageonné un peu. Je me demande si je peux transplanter un drageon et si oui, quand et comment procéder? Je trouve cet arbre très beau et très odorant lorsqu'il est en fleurs.

France Benoit

R Le robinier Twisty Baby™ (Robinia pseudacacia 'Lace Lady') est une mutation du robinier normal et s'en distingue par ses branches curieusement tordues et aussi sa taille réduite. Même ses feuilles sont un peu enroulées. Il est beau même l'hiver grâce à ses branches si originales. Mais Twisty Baby est normalement vendu greffé sur le tronc très droit d'un robinier normal. Ainsi, les drageons produits par le système racinaire de votre arbre ne donneront pas la forme naine et tordue que vous désirez, mais un robinier normal, au tronc droit et aux branches évasées. La seule façon de multiplier votre Twisty Baby serait de prélever un drageon, au printemps ou à l'automne, de le cultiver pendant quelques années pour obtenir un tronc droit de la hauteur désirée (sans doute environ 2 m), puis de lui couper la tête et d'y greffer à la place une ou deux branches de la forme tordue. C'est un processus un peu difficile, mais pas impossible.

Graines de pavot à semer

Q Je viens d'acheter des graines de pavot dans la section des épices au Jardin Mobile et j'aimerais savoir si je peux les semer dans mes parcelles au Jardin communautaire biologique de l'Université Laval. Ces graines vont-elles me donner des fleurs de pavot? Si oui, quand dois-je les semer pour avoir des fleurs en 2015?

Mario Paradis

R Le pavot qui produit les graines de pavot est le pavot somnifère (Papaver somniferum), aussi appelé pavot à opium, car ce pavot sert aussi à produire la drogue en question. Ce pavot est une annuelle et fleurira l'été prochain à partir de semis faits en pleine terre, soit à l'automne juste avant que le sol gèle ou tôt au printemps, quand le sol est encore frais. Il ne faut pas essayer de le semer en pot à l'intérieur : ce pavot ne tolère pas le repiquage. Vous obtiendrez une belle plante aux grosses feuilles bleu gris et à fleurs énormes. Habituellement les formes utilisées pour la production de graines comestibles ont des fleurs simples violettes avec de grosses taches très foncées à la base, mais dans les catalogues de semences, on peut trouver des pavots somnifères de couleur rouge, rose, blanche, noire ou bicolores et à fleurs frangées ou doubles. Souvent les variétés à fleurs doubles se vendent sous le faux nom botanique Papaver paeoniflorum. On peut également utiliser les capsules de graines dans les arrangements de fleurs séchées... et, bien sûr, les graines produites dans différentes recettes de pain, de vinaigrette, de biscuits et autres.

Des questions SVP!

Vous pouvez nous joindre par courriel à courrier@jardinierparesseux.com

Calendrier horticole

Plantes médicinales

La Société d'horticulture de Sainte-Foy vous invite à une conférence sur la culture et l'utilisation des plantes médicinales avec Hélène Mathieu. Elle se tiendra mardi à 19h30 au Centre sportif 

de Sainte-Foy (aréna, deuxième étage), au 930, avenue Roland-Beaudin.

Coût: 6 $/non-membres. 

Info: 418 653-4785 ou 418 651-3837

Toute en fleurs avec bonheur

La Société d'horticulture et d'écologie de Charlesbourg vous invite à une conférence qui se tiendra mardi à 19h30 au Centre culturel et communautaire de Charlesbourg, au 7575, boulevard Henri-Bourassa, salle 20. Johane Boucher vous présentera Toute en fleurs avec bonheur.

Coût: 6 $/non-membres.

Info: s.h.e.charlesbourg@hotmail.com

Les lilas

La Société d'horticulture Chaudière-Etchemin vous invite à une conférence sur les lilas donnée par Suzanne Hardy. Elle aura lieu mardi à 19h30 au Centre civique, au 959, rue de l'Hôtel-de-Ville, dans Saint-Jean-Chrysostome. 

Coût: 6 $/non-membres.

Info: 418 839-4680

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