Tendances en aménagement paysager: linéaire, écolo et sans entretien

Pas question de «s'encabaner» sur un patio. Terrasse... (Photo fournie par Candide Villeneuve paysagiste)

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Pas question de «s'encabaner» sur un patio. Terrasse au sol et abri de jardin permettent de profiter de la cour.

Photo fournie par Candide Villeneuve paysagiste

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(Québec) En ce nouveau mois de neige et de froid, le cahier Maison vous propose cette semaine une petite brise de printemps. Si ce n'est déjà fait, il est temps de penser à vos plates-bandes 2013, du moins, si vous voulez travailler avec un expert.

En passant par l'Association des paysagistes professionnels du Québec, Le Soleil a communiqué avec trois entreprises de la région. Le Regard vert, qui compte un peu plus de 70 ans d'expérience, Candide Villeneuve paysagiste, dans le milieu depuis plus de 55 ans, et Balco, dans le marché depuis 25 ans.

Certains commentaires se croisent et se recoupent, comme la tendance aux aménagements plus contemporains, plus linéaires. Moins de courbes, plus d'épuration et un minimum d'entretien! Le tout dans un esprit durable.

Voici plus en détail leur analyse des orientations du moment.

Les balcons et les structures

Il n'y a pas une tonne de nouveaux revêtements, indique Édith Desgagnés, copropriétaire et chargée de projet pour Le Regard vert. Elle attend de découvrir ce qui sera lancé au prochain salon de l'habitation en février. Elle souligne l'intérêt grandissant pour les terrasses en bois composite, plus que pour celles en fibre de verre, qui devient très chaude au soleil. Le composite permet d'obtenir quelque chose qui ressemble à du teck, mais sans demander d'entretien. Un bémol, il coûte cher.

Selon Nadine Heppell, chargée de projet et conceptrice chez Candide Villeneuve, beaucoup de gens aiment encore l'aspect du bois. Et comme le patio rapetisse au profit de la cour, il représente moins d'ouvrage à traiter. La clientèle plus âgée se tourne vers la fibre de bois ou la fibre de verre, facile à entretenir et à nettoyer. Autrement, elle remarque que les teintes d'acajou et de cèdre continuent d'être très appréciées.

Louis Têtu, fondateur de Balco, constate qu'il aura toujours des clients qui se limitent à l'essentiel : la pelouse, les sentiers, l'entrée. Mais il y a les autres, une nouvelle génération qui veut vivre à l'extérieur dans un espace «maximisé». Ces gens-là veulent un salon et une cuisine dans la cour, un coin pour recevoir, un espace jeux pour les enfants. BBQ et mobilier de jardin doivent être rangés l'hiver, il faut donc penser à un cabanon, à un abri qui réponde aux réglementations de la Ville. Il parle de fibre de verre, très durable, imperméable, qui permet de créer un rangement sous le patio. «Souvent, les matériaux sont choisis en fonction du goût des gens. Mais le bois est lié à l'entretien.»

Cette petite cour de Neufchâtel a été rehaussée... (Photo fournie par Candide Villeneuve paysagiste) - image 2.0

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Cette petite cour de Neufchâtel a été rehaussée et intègre une piscine hors terre.

Photo fournie par Candide Villeneuve paysagiste

Les piscines, les spas et les jardins d'eau

Oubliez la piscine creusée en forme de rein, dépassée depuis belle lurette. La tendance est à la forme rectangulaire, linéaire, contemporaine, martèle Édith Desgagnés. Elle parle aussi de couloir de nage pour les sportifs. La piscine hors terre reste populaire chez les familles avec des enfants. Mais en général, les gens se tannent de l'entretien et du coût de chauffage. Comme les terrains rapetissent, les jardins d'eau se limitent maintenant souvent à de petits bassins d'eau carrés ou rectangulaires et sans cascade. Ou encore à une fontaine, suggère la spécialiste. Quant aux spas, ils sont très appréciés, surtout ceux utilisés quatre saisons. Dans ce cas, à installer près de la maison.

Le spa est souvent considéré plutôt que la piscine, note Nadine Heppell. Elle soulève par ailleurs que «les gens n'aiment pas le bruit de l'eau», un commentaire qu'elle entend régulièrement. Autrement, elle a observé dans les salons d'habitation que la tendance est d'intégrer les terrasses au trottoir de la piscine.

«Difficile de ne plus voir une cour sans spa», renchérit Louis Têtu. Et en cas de rupture du couple, on peut généralement le déménager, ajoute-t-il sans vouloir faire le rabat-joie. Dans les environnements de montagne, en plus du spa, il remarque que le sauna gagne en popularité. Quant aux piscines, leur ligne est plus droite et elles sont plus petites pour ne pas coûter une fortune à chauffer.

Sur cette photo, on voit une allée réalisée... (Photo fournie par Le Regard vert) - image 3.0

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Sur cette photo, on voit une allée réalisée en dalles avec de part et d'autre une plantation d'Hostas et de Polygonatum multiflorum, des plantes convenant davantage à un milieu ombragé.

Photo fournie par Le Regard vert

Les végétaux

Les graminées dominent, relève Édith Desgagnés. «Ils ne demandent pas beaucoup d'entretien si on fait un bon choix.» Elle met toutefois en garde contre les allergies. Et suggère d'intégrer des vivaces pour égayer le terrain, car les graminées ont des couleurs limitées. Si autrefois les gens plantaient beaucoup de variétés, de façon morcelée, le jardin de l'heure est plus «minimal», dit-elle, travaillé avec moins de végétaux. Les grandes lignes, les bandes feront d'ailleurs paraître le terrain plus grand. Et pour satisfaire la loi du moindre effort, est apparu le gazon synthétique. Sans en faire un terrain complet, il permet de créer une petite surface verte en ville, suggère-t-elle. Nadine Heppell utilise des plantes en pot, comme l'orpin, très facile et résistant à la sécheresse. Elle travaille aussi des massifs de végétaux. «On vise à simplifier le choix des plantations. La tendance est aux plus gros massifs.» Sa compagnie privilégie beaucoup les plantes et les arbres indigènes, des valeurs sûres qui risquent moins de tomber malades.

Louis Têtu aime le mouvement et le côté zen des graminées. Il remarque que les aménagements sont beaucoup plus linéaires, plus contemporains, moins champêtres (même s'il y a encore une certaine demande). La tendance est aussi aux contrastes de verdures, du vert lime au vert foncé. Il parle de plantes en hauteur, d'arbres fastigiés (tout en longueur) très utilisés d'autant plus que les terrains sont petits. Puis il affectionne l'agriculture urbaine, ces potagers en ville. Il précise enfin que même si les gens veulent un jardin qui pousse tout seul, «ce n'est pas vrai qu'un aménagement paysager demande zéro entretien». Il y aura toujours un minimum de désherbage à faire.

L'éclairage

Côté éclairage, Édith Desgagnés mise sur la discrétion. «On ne veut pas un effet centre commercial.» Selon elle, cet aspect de l'aménagement paysager commence à prendre un peu plus d'importance.

Nadine Heppell note une émergence de l'éclairage DEL. «Il y a des projets sur la planche à dessin.» Mais elle souligne encore une grosse différence de prix. Par ailleurs, elle remarque que beaucoup de gens utilisent des objets éclairés, comme des cache-pots. Elle voit de plus en plus des lampes suspendues, des lustres extérieurs dans les abris de jardin, les pavillons, les kiosques.

Louis Têtu accorde de l'importance à l'éclairage, même si ce n'est pas la première chose à laquelle on pense dans un aménagement. «C'est plus un petit cadeau à la fin.» Cette touche finale permet de prolonger les journées, mais aussi de créer de l'ambiance. «Les gens aiment contempler, et c'est ça un jardin.» Il souligne que le choix de luminaires s'est diversifié, même dans le solaire. Selon lui, les gens devraient opter pour des produits en métal et non en plastique pour qu'ils puissent mieux traverser les saisons. Et en passant, l'éclairage l'hiver a aussi tout son charme.

En ce nouveau mois de neige et de froid, le... (Photo fournie par Le Regard vert) - image 5.0

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Photo fournie par Le Regard vert

Les foyers extérieurs

Ces années-ci, les foyers extérieurs volent la vedette, dit Édith Desgagnés. Voici un modèle rond en métal dans un aménagement à Stoneham. Elle parle de foyers avec un couvercle, pour se conformer à la réglementation. Ceux en métal sont surtout ronds. Puis il y a les tables avec au centre un élément foyer à l'éthanol, au gaz, au gel, avec ses avantages et ses inconvénients. Convivial quand on reçoit des amis, mais sans l'ambiance du bois qui crépite. Par contre, pas de problème de fumée, ni besoin d'espace pour entreposer les bûches.

Louis Têtu parle aussi de foyers extérieurs au gaz propane, de foyers de table et même de torches, qui créent une ambiance très zen. Lorsque bien situé, le foyer peut être apprécié autant de l'intérieur que de l'extérieur.

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