La première fleur de Noël

L'hellébore, ici Helleborus 'HGC Spring Party', une future... (Photo Walters Gardens)

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L'hellébore, ici Helleborus 'HGC Spring Party', une future compétitrice du poinsettia?

Photo Walters Gardens

Larry Hodgson, collaboration spéciale
Le Soleil

(Québec) En Amérique du Nord, la plante de Noël par excellence est sans aucun doute le poinsettia (Euphorbia pulcherrima), mais sa popularité est relativement récente (on le connaissait peu avant les années 50 ou 60). En Europe, cependant, il existe une plante ayant un historique de plante de Noël beaucoup plus long, presque 2000 ans : la rose de Noël (Helleborus niger).

Il s'agit d'une plante basse, à grandes feuilles vert foncé persistantes et découpées et aux fleurs blanches en forme de coupe. Elle pousse tout naturellement dans les sous-bois du centre de l'Europe (Suisse, Autriche, Slovénie, etc.), mais a depuis été plantée un peu partout sur le continent. Sa floraison a généralement lieu en janvier plutôt qu'à Noël... mais il faut comprendre que Noël dure jusqu'à l'Épiphanie dans les traditions de l'Europe de l'Est et que, dans le rite orthodoxe, l'Épiphanie a lieu vers la fin de janvier.

L'oeil moderne regarde cette fleur avec ses cinq pétales très larges et ses nombreuses étamines, sans parler de l'absence totale de branches couvertes d'épines, et ne voit pas beaucoup de liens avec notre idée d'une rose (Rosa spp.). Mais il faut savoir que, il y a 2000 ans, les noms n'étaient pas aussi définitifs qu'aujourd'hui. À cette époque, le mot rose voulait dire fleur, tout simplement.

Évidemment, dans le jardin québécois, la «rose de Noël» ne fleurit pas à Noël, ni à l'Épiphanie, ni même à Pâques. À cause de notre climat plus rude et de la neige qui recouvre le sol, un hellébore, comme on appelle cette plante chez nous, commence plutôt à fleurir en avril ou même en mai.

Il reste quand même que c'est la première vivace à fleurir, étant souvent couverte de boutons alors qu'elle est encore entourée de neige. C'est aussi la vivace dont la fleur dure le plus longtemps.

Chaque fleur persiste jusqu'à trois mois, soit jusqu'en juillet sous notre climat. Toutefois, les fleurs blanc pur du printemps changent tranquillement de couleur pour devenir vert lime à la fin de la saison. Aussi, grâce à l'hybridation, on peut maintenant trouver non seulement des hellébores blancs, mais aussi des roses, des jaunes, des rouges, des pourpres et des bicolores, avec des fleurs simples, semi-doubles ou doubles.

Des roses de Noël... à Noël!

L'hellébore a été longtemps considéré comme étant strictement une plante de jardin, à cultiver donc en pleine terre, mais des pépiniéristes astucieux ont expérimenté avec la culture en serre de cette plante et l'offrent désormais à Noël en pleine floraison. En effet, grâce à une technique appelée forçage, on fait subir un hiver hâtif à la plante, qui se met alors à fleurir avant la saison normale.

Les instructions accompagnant chaque plant expliquent qu'il s'agit de le conserver bien arrosé, de le mettre dans un emplacement éclairé et pas trop chaud puis de le planter définitivement dans le jardin au printemps.

Personnellement, j'étais plus que sceptique. Une plante vivace, qui requiert normalement un hiver froid, pourrait passer un hiver dans une maison québécoise surchauffée et être quand même en vie au printemps? Alors qu'en Europe, on peut la planter en février, car le climat le permet, à Québec, ce n'est pas avant le mois de mai, ce qui veut dire trois mois de plus de températures anormales!

C'est pourquoi, il y a deux ans, je me suis procuré un de ces hellébores en pleine floraison à Noël et je l'ai mis avec mes autres plantes d'intérieur, lui donnant exactement le même traitement. À ma grande surprise, ça fonctionne!

La plante est restée en fleurs jusqu'au milieu de mars et le feuillage était encore en parfait état au mois de mai quand je l'ai plantée en pleine terre. Et au printemps suivant, après l'habituel long hiver québécois, j'ai eu une belle floraison qui a duré de la mi-avril jusqu'en juillet.

La culture en pleine terre

Soit dit en passant, une fois la plante en pleine terre, cultivez-la dans un sous-bois ou un autre endroit ombragé l'été mais ensoleillé au printemps et dans un sol riche, bien drainé et pas trop acide. Il lui faut une bonne couche de feuilles mortes à l'automne, sinon les feuilles gèlent (cela ne tue pas la plante, mais elle est plus jolie quand les vieilles feuilles passent l'hiver).

Le seul entretien requis, pour les jardiniers plus acharnés que moi, consiste à supprimer les feuilles et les fleurs fanées. Personnellement, je ne fais aucun entretien : pas d'arrosage, pas de fertilisation, pas de ménage, rien - et il pousse à merveille. Peu de plantes sont aussi faciles à cultiver.

Les jardineries américaines sont désormais remplies de roses de Noël à la période des Fêtes et on m'a dit que l'Ontario a été prise d'assaut l'an dernier. Sans doute que quelques potées fleuries arriveront au Québec en 2011, mais sa distribution demeure encore faible. Il vous faudra être vite avec votre carte de crédit si vous voulez profiter de votre première rose de Noël... en ce Noël 2011.

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