Construction St-Antoine: rénovations philosophiques

Retaper une maison de la fin du XIXe siècle,... (fournie par Construction St-Antoine)

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Retaper une maison de la fin du XIXe siècle, c'est du bonbon pour Louis Roy. Que ce soit à Saint-Irénée, à Québec ou ailleurs, son plaisir est de redonner vie à des murs qui ont du vécu.

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(Québec) Louis Roy est un entrepreneur de Québec à l'histoire unique. Il a appris le métier dans Charlevoix, puis auprès des Allemands et des Juifs à Montréal. Il a un penchant pour le bâtiment durable et une opinion tranchée sur le patrimoine. Portrait de l'homme derrière Construction St-Antoine.

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Agrandissement avec véranda d'une maison de la rue Brulart, à Sillery

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«J'ai de grandes discussions philosophiques avec l'APCHQ», lance Louis Roy, membre Réno-Maître de l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec. L'entrepreneur de 57 ans, dont le dada est de «redonner vie à ce qu'on pense fini», souligne le laisser-aller du parc immobilier. Il décrie le nombre de démolitions et de reconstructions à moindre coût qui «dégradent le caractère d'une ville». Trouve qu'on est «envahi» par l'architecture contemporaine. Et applaudit le mouvement citoyen.

«J'admire les gens qui montent au front. C'est la seule chose qu'il nous reste. Ils passent pour des "pas dans ma cour", mais pas du tout. C'est facile de perdre une ville!» martèle l'entrepreneur, en pensant à Berlin, démolie sous les bombardements, puis reconstruite à neuf.

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L'entrepreneur Louis Roy, as de la rénovation

Le Soleil, Patrice Laroche

Avec Louis Roy, on sait à quoi s'en tenir. Après 37 ans de métier, il partage sa réflexion avec calme, mais beaucoup de passion. 

Originaire de Québec, il a fait ses armes en construction dans Charlevoix, avec de vieux ouvriers en fin de carrière qui avaient travaillé sur les maisons de villégiature. «C'était de la menuiserie pure. J'ai tout de suite eu la piqûre!» Il avait 20 ans.

Puis la vie l'a mené à Montréal, où il s'est inscrit à une école d'ébénisterie. Tout en poursuivant ses études, il offrait ses services, à son compte. «Il y avait un bureau d'architectes allemands qui m'aimait bien.» Il est devenu associé du volet construction. «Après la chute du mur de Berlin, ils voulaient développer des maisons en Allemagne de l'Est. On envoyait des conteneurs de deux par quatre et des ouvriers pour les assembler.» De Montréal, lui s'occupait de la logistique. Il a aussi travaillé sur le consulat d'Allemagne, «des projets surréalistes pour un jeune de 26-27 ans».

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Construction St-Antoine ne se limite pas à la réfection, en témoigne cet aménagement contemporain pour spa et sauna, à Saint-Ferréol-les-Neiges.

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Louis Roy a développé des liens avec une autre clientèle, des jeunes professionnels, principalement des Juifs, qui reprenaient les maisons de leurs parents dans le quartier Ville Mont-Royal. «Quand tu entres dans une communauté et que tu es apprécié, le bouche-à-oreille fait son oeuvre.» Il a ainsi développé une expertise dans l'agrandissement et la modification de maisons du début du siècle.

Durant son passage dans la métropole, de «grands Montréalais» lui ont confié des mandats dont il a tiré des leçons. «Ces gens-là voyageaient, voyaient des choses en Italie. Ils m'ont amené sur une autre planète. Ils m'en ont fait baver, mais ils m'ont aussi amené à me dépasser, à être rigoureux. Ç'a été un apprentissage psychologique.»

Retour à Québec

À la fin des années 90, Louis Roy revient chez lui, riche de son bagage et prêt à repartir à zéro. Le contexte était bon et la roue s'est remise à tourner. 

À Montréal, il comptait parmi ses clients le Dr Gaétan Barrette. «Ça ouvre des portes à Québec. Ici, 95 % de ma clientèle sont des médecins.»

L'entrepreneur dit avoir développé une affinité avec eux. Un même penchant pour la rigueur. «Ce qu'il y a derrière le mur est aussi important pour moi que ce que l'on voit. C'est pourquoi je m'entends si bien avec eux.» 

Vert, mais pas puriste

Son «côté vert» plaît aussi à cette clientèle. Mais il nuance : «J'ai déjà été puriste, mais je ne le suis plus».

Dès les années 80, Louis Roy est devenu membre de l'Institut de recherche GRACE (Groupe de recherche en architecture en construction et en énergie). Avant même que le gaspillage ne soit un enjeu de société, lui-même en était «obnubilé». Puis le mouvement LEED (Leadership in Energy and Environmental Design) est arrivé. Avec le temps, il a déchanté. Les projets confiés étaient de grosses résidences secondaires, «avec trois chars dans l'entrée et quatre télévisions au plasma». «Il n'y avait pas de cohérence.»

L'entrepreneur dit continuer de cheminer. Ce qui prime pour lui, c'est la durabilité. «Il y a beaucoup de produits écologiques qui ne sont pas à point. Notre approche est verte, mais les matériaux qu'on utilise ne le sont pas toujours.» 

Une relève bien formée

Qu'il s'agisse d'une construction neuve ou d'une maison ancienne, sa spécialité, Louis Roy aime le travail bien fait. Pour lui, «réparer une galerie peut être aussi intéressant qu'un projet de 2 millions $». Dans sa quête, il se fait aider par l'architecte Louise Amiot (Amiot Bergeron architecture + design + urbain), avec qui il adore collaborer. 

À l'interne, Construction St-Antoine compte une dizaine d'employés. Louis Roy se félicite d'avoir préparé son transfert d'entreprise, «le nerf de la guerre dans les PME». Il se rappelle l'exode de la main-d'oeuvre à son retour à Québec, quand le marché était moribond. «Ce qui fait qu'on manque cruellement de contremaîtres matures sur les chantiers résidentiels aujourd'hui.»

Prévoyant, lui a embauché des jeunes il y a 10 ou 15 ans. «C'est le temps que ça prend pour une bonne formation.» Et comme la rénovation n'est pas saisonnière et qu'elle demande beaucoup de main-d'oeuvre, ça lui a permis de garder son monde. Sa relève est assurée pour le jour où il décidera de quitter. «C'est ce qui me rend le plus fier.» 

Info : st-antoine.qc.ca

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La belle de Saint-Irénée

Cette maison de Saint-Irénée, dans Charlevoix, a longtemps... (fournie par Construction St-Antoine) - image 5.0

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Cette maison de Saint-Irénée, dans Charlevoix, a longtemps été habitée par le peintre Rémi Clark.

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Voici le genre de projet qui garde Louis Roy quasiment tout le temps sur un chantier. Il parle avec passion de cette restauration d'une maison de la fin du XIXe siècle à Saint-Irénée, dans Charlevoix, où le peintre Rémi Clark a longtemps habité. «Il y a plein de générations qui sont passées là et qui ont bricolé la maison. On voyait les stigmates de chaque mode quand on est rentré», lance l'entrepreneur.

Les efforts de Construction St-Antoine ont été récompensés par... (fournie par Construction St-Antoine) - image 6.0

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Les efforts de Construction St-Antoine ont été récompensés par un prix Nobilis 2015, pour souligner l'«heureux mariage entre le patrimonial et le moderne».

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Le mandat de réfection lui a été confié par un couple de médecins. La structure a été complètement défaite, puis reconstruite à partir d'un design de l'architecte Louise Amiot. Pour l'anecdote, Louis Roy raconte que les vieilles planches de bois ont été lavées une par une avec une mixture du département de la restauration de Parcs Canada. Il ajoute que le projet comportait son lot de contraintes techniques et a nécessité beaucoup de travail d'ingénierie. «Il a fallu toutes sortes de corps de métier hyper spécialisés.» Des efforts récompensés par un prix Nobilis 2015, pour souligner l'«heureux mariage entre le patrimonial et le moderne, les fenêtres ancestrales fabriquées sur mesure avec verre thermos témoignant d'un souci du détail exemplaire».

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Grange revisitée à Sainte-Croix

Louis Roy affirme que cette ferme de Sainte-Croix... (fournie par Construction St-Antoine) - image 8.0

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Louis Roy affirme que cette ferme de Sainte-Croix «était bonne à tirer par terre.»

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La réfection totale a demandé 10 mois de travaux.

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«Un projet extraordinaire!» s'exclame l'entrepreneur Louis Roy, à propos de cette résidence secondaire à Sainte-Croix.

Aux États-Unis, dit-il, c'est la grosse mode de transformer une ferme décrépite en maison. «Celle-ci était bonne à tirer par terre. Les planches de bois ont été décontaminées une par une. Ça sentait la vache!» raconte l'entrepreneur avec couleur.

Il explique avoir conservé la coquille existante, qu'il a légèrement modifiée et enrobée d'une nouvelle structure, le tout à partir de matériaux recyclés. «On a fait une maison par-dessus une maison. Mais de l'intérieur, rien ne se voit.»

Cette habitation a toutes les commodités : poêle à combustion lente, relié au système de chauffage à air chaud, chauffage radiant dans les planchers. «C'est le confort total avec des sources d'énergie assez écologiques», précise Louis Roy.

La réfection, qui a demandé 10 mois de travaux, a été réalisée pour un couple de clients de Québec. Parmi les gens de sa génération dans la mi-cinquantaine, l'entrepreneur remarque un mouvement : investir beaucoup dans une résidence secondaire, qui devient un projet de retraite. «On se promène en campagne comme on n'a jamais fait!»

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Tambour urbain

Louis Roy n'hésite pas à dire que ce... (fournie par Construction St-Antoine) - image 10.0

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Louis Roy n'hésite pas à dire que ce tambour du quartier Montcalm était très mal fait.

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Le tambour après les travaux effectués par Construction... (fournie par Construction St-Antoine) - image 10.1

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Le tambour après les travaux effectués par Construction St-Antoine.

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Comment récupérer les vieux tambours du quartier Montcalm?

Un élan de rénovation a été amorcé il y a un moment. Mais l'entrepreneur Louis Roy ne mâche pas ses mots pour dire qu'il y a parmi ces projets des «horreurs en CanExel», qui en plus ne sont pas durables. «Les tambours refaits il y a à peine 15 ou 20 ans sont plus maganés que les maisons qui en ont 100 ou 120 ans, tellement ç'a été mal fait. Le nôtre, je le trouve très beau!» lance-t-il sans ambages.

Ce tambour signé Construction St-Antoine est habillé d'un revêtement en cèdre Goodfellow. Le projet a permis aux propriétaires d'agrandir la cuisine, qui était petite à l'époque, et d'aménager un coin repas.




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